2 sept. 2015

Palmyre martyre

Allahu akbar, Rajoul srirh => Allah est grand, l'homme est petit, ce qui me reste de "mon" arabe que j'ai appris avec les Marocains et maladroitement parlé autrefois à Meknès...

Les projets des dieux, quels qu'ils soient, sont insondables ; l’œuvre de l'homme, quel qu'il fût et quel qu'il soit, est photographiable...

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Temple du dieu Baal (images du net en ce 2 septembre 2015) :

Hier :


Aujourd'hui :


Baal, ou Bêl, Bèl, est considéré comme la plus importante divinité de Palmyre. Dans la mythologie, il commande le Cosmos et, en cela, il se rapproche du dieu grec Zeus et du Jupiter romain. 

Son sanctuaire est [était] situé à l'extrémité est de la Grande Colonnade, bâti à l'emplacement d'un ancien temple hellénistique.
C'est [c'était] la construction la plus importante de la ville

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Photos prises lors de notre voyage en Syrie en octobre 2007 :


Nous l'appelions "Temple de Bèl".
Rappelons ce qu'en disait notre guide Hachette : Dédié au dieu national palmyrien, c'est l'un des édifices les mieux conservés de Palmyre. Il fut consacré en l'an 32...


Promenade dans Palmyre...



Ce qui leur est inacceptable : la représentation d'un dieu. 

L'image la plus "forte" qui me reste de cette longue visite du site antique de Palmyre, c'est l'impressionnante "Grande Colonnade" ci-dessous...

... très nette, donc, dans mes souvenirs, 
avec celle d'Apamée (ci-dessous) : 
L'une des plus avenues du monde antique, longue de près de 2 kilomètres. (Guides Bleus, Syrie)


Le théâtre de Palmyre
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 A l'extrémité de la Grande Colonnade, "le château arabe".
Comme une menace, il domine le site...

 Très impressionnants également,
les tombeaux surmontés d'une tour...


... Tombeaux dans lesquels nous descendons.

Tombes dans le musée
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Le soleil est lentement descendu vers le maghreb (le couchant en arabe)
... pour disparaître derrière une colonnade.
A gauche et à droite, tours au-dessus des tombeaux.
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C'est maintenant la nuit.

23 août 2015

Belges en visite en Anjou et à Montreuil-Bellay


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Visite personnelle et subjective de la ville, compte rendu protégé par un copyright.

Dur, dur, pour nos amis Belges de "courir" les rues de ma petite ville après la découverte sportive et variée du Puy-du-Fou, mais il fallait assumer le programme qui prévoyait l'arrivée dans le sud-Saumurois à 17 h sur le parking des Nobis, à Montreuil-Bellay.
Le programme est classique :

1 - Tout d'abord la ville basse, où Montreuil est née :

- Les Nobis avec sa vieille église romane ruinée, mais riche des chapiteaux historiés de son abside :


 Chapiteau dit "des deux langues",
les paroles que l'on dit socialement,
et les autres, que l'on garde en soi 
et que l'Eglise essaie de "récupérer" dans la confession.

Près d'un second chapiteau plus naïf "des deux langues",
celui "du musulman au combat".
"En 732, Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers."
Tout serait faux de ce qu'affirme cette date apprise autrefois 
sur les bancs de l'école élémentaire :

- Plutôt en 733 ?,  les calendriers ayant changé.
- Plutôt des Berbères de la Mauritanie Tingitane (le Maroc)
leur chef, Tarik, ayant donné en passant son nom au rocher de Gibraltar
(le djebel Tarik => Gibraltar) ?
- La ville de Poitiers n'existait pas encore => dans les environs de la ville actuelle ?
- Y a-t-il eu bataille ?, les Maurs seraient partis avant :
=> rigueur du climat pour des Méditerranéens, des épidémies ?
=> leurs chefs pressés de rentrer, des troubles s'annonçant
avec le passage dynastique des Omeyyades de Damas
aux Abbassides de Bagdad.
=> Enfin, humour, ils ne les a pas chassés,
puisqu'ils sont toujours là...

- Le cloître inachevé du monastère bénédictin, avec son taxus baccata (if commun) aux branches bizarrement bouturées.

C'est aussi la traditionnelle "photo de famille" sur fond de somptueuse trinité architecturale : le chevet XIe de l'église Saint-Pierre, les deux grosses tours cylindriques XIIIème du château des Melun-Tancarville, et la façade XVIIIème du monastère bénédictin des Nobis. (tous trois visibles sur le cliché ci-dessous)

 Une partie du groupe en visite dans la ville basse.

Puis c'est la découverte des fortifications urbaines le long de l'ancien cimetière désaffecté vers 1840, après que Bonaparte eut interdit en 1802 toute sépulture à l'intérieur des villes ;
- halte sur l'île aux Moines, avec vue sur les belles ruines des anciens ponts gothiques, effondrés une dernière fois en 1577 ;
- la trace d'un gué primitif  dans le prolongement de la rue Chèvre et de la rue du Tertre ;
- la vieille Auberge des Isles où fut, en 1976, découvert un fabuleux trésor de louis d'or...

 L'une des 86 pièces "inventées" lors de la dépose du carrelage de l'Auberge.
Ecu d'or au soleil (daté du 2 nov. 1475, sous Louis XI).

... puis c'est la Tour du Boëlle et un regard sur l'ensemble des trois châteaux seigneuriaux avec leur collégiale devenue église paroissiale en 1810.


2 - C'est maintenant la montée - en car - jusqu'à la ville haute qui s'est installée sur le tertre après que Foulque Nerra, l'intrépide comte d'Anjou, eut au XIème siècle construit son donjon barlong .

- Plusieurs vieilles et imposantes demeures - avec tour enfermant un escalier à vis - rappellent que Montreuil-Belay fut une ville politiquement importante sous l'Ancien Régime quand, chef-lieu d'Election, elle commandait à 75 paroisses, dont Cholet. Mais, après la création des départements, à la fin du XVIIIème siècle, elle ne devint qu'un anonyme chef lieu de canton à la périphérie de l'Histoire.

 Belle demeure de la ville close avec, en façade,
 son escalier à vis dans une tour en hors d’œuvre.
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Une autre belle demeure montreuillaise dite "Maison Dovalle".
Le gentil poète Charles Dovalle y naquit en 1807,
tué en duel à 22 ans pour un mauvais mot d'esprit. 
Victor Hugo évoqua cette mort très "romantique". 
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- La monumentale Porte Saint-Jean, dite à bossages, ouverte au XVème siècle dans l'impeccable haute muraille rectiligne de la Perruche, donnait au sud l'accès à la ville close.

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- L'Hôtel-Dieu Saint-Jean du XVème siècle, près de la Porte. Cet ancien hôpital fut magnifiquement restauré... mais il reste fermé en cette fin d'après-midi de samedi.

 Partie chapelle et transept nord de l'ancien Hôtel-Dieu 
construit par les d'Harcourt au XVe siècle.
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- L'ancien monastère des Augustins du XVIIe, lui aussi magnifiquement restauré par un privé, alors que sa vétusté le condamnait à la démolition.

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- Ci-dessous, l'imposant Hôtel Sestier de Champrobert, ancienne gendarmerie de la ville. Aussitôt après avoir franchi le porche d'entrée qui donne sur la Place des Augustins, l'on peut encore voir deux petites portes avec judas de ce qui fut un temps prison municipale.

 
Façade sur cour et jardin de l'ancien hôtel particulier Sestier de Champrobert 
et ses accortes chambres d'hôtes.
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- L'inévitable et inénarrable histoire de l’onguent dia-merdis dont la recette s'expose en images à la porte de l'ancienne apothicairerie (pharmacie).
Nous ne sommes pas très éloignés de la Devinière du "divin" et malicieux François Rabelais.

Préparation de l'onguent dia-merdis,
"Pommade à la merde du jour"...

... et pendant ce temps-là, à gauche et un livre à la main, l'homme de sciences surveille 
pour voir si tout est bien "fait" comme il faut...
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Il est temps de gagner le restaurant, chez Jean-François, et pour moi d'abandonner mes hôtes, dès lors heureusement et confortablement assis après la dernière visite de la journée.

 Soirée/repas au Splendid, vieil hôtel particulier avec sa tour/escalier à vis.
A l'arrière-plan, le château et le chevet de la collégiale.

Demain est un autre jour, avec départ matinal pour la Belgique, les bonnes choses ayant toujours une fin.

Quelques liens - parmi d'autres... pour "revoir" Montreuil-Bellay :
http://jacques-sigot.blogspot.fr/2015/08/balade-montreuillaise-en-caleche.html
http://jacques-sigot.blogspot.fr/2009/01/montreuil-bellay-derniere-ville-close.html
http://jacques-sigot.blogspot.fr/2012/09/curiosites-montreuillaises-reponses.html
 http://jacques-sigot.blogspot.fr/2011/02/les-pauvres-lhopital.html

16 août 2015

Montreuil-Bellay Patrimoine géologique

Ces samedi 15 et dimanche 16 août 2016, Victor Bizien et quelques collectionneurs privés exposaient leurs trésors dans des salles de l'ancien monastère bénédictin de la ville basse.


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Au cours du passé, il y a 157 millions d'années, la ville de Montreuil-Bellay était située près d'une terre émergée appelée domaine armoricain, mais restait submergée par une mer peu profonde, commente un dépliant offert aux visiteurs.
[...] Les courants anciens facilitent la migration des faunes d'ammonites méridionales et nordiques. Montreuil-Bellay est un point de rencontre entre ces deux ensembles, d'où son intérêt paléobiogéographique.

Des panneaux pédagogiques 

 


Des étals






Mes coups de coeur




Deux pièces de ma modeste collection personnelle, ramassées sur le site de l'ancien camp de concentration de La Motte-Bourbon.


Entre Layon, Marie, Baudelaire et Kosma

Un beau soleil sur l'Anjou en ce samedi 15 août de l'an 2015... l'appel du "large"...

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La matinée nous conduit près de Saint-Paul-du-Bois, à la Davière, là où la rivière du Layon prendrait sa source. Prendrait, car d'autres sites en revendiquent l'insigne honneur...



Jouxtant la belle propriété de la Davière, 
la blanche chapelle de Haute Foy (avec un y).

Elle a été bâtie là, sur l'une des plus hautes collines de l'Anjou avec ses 214 mètres au-dessus de la mer, comme l'on dit dans les écoles.
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Là, selon la légende, nous explique l'un des vitraux du sanctuaire, un pâtre découvrit au Moyen Age la statue de Notre-Dame de Haute-Foi.
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Nous sommes au cœur du très chrétien Anjou où, quatre ans plus tard, la Grande Révolution de 1789 fit ses martyrs vendéens.

C'est aujourd'hui le 15 août, la fête de Marie, "Mère de Dieu", quand les petits écoliers de la Laïque apprenaient en classe que c'est plutôt l'anniversaire de Bonaparte, l'ogre Napoléon qui décima bien davantage ses contemporains sur ses champs de bataille. Chacun choisit ses références...

Pour l'heure, c'est la longue théorie des voitures qui conduisent les fidèles rendre hommage à Marie au haut de la colline christianisée.

Il ne fallait pas oublier le siège portatif,
ne pas trop souffrir quand même...
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Pas de problème pour les jeunes âmes agiles qui s'en vont à la messe. 
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 L'office est célébré sur un podium, en plein air.
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La foi, ce sont aussi des gestes.
 Le philosophe Alain a expliqué la grande valeur de ceux du croyant. 
Quand ce dernier joint ses mains pour prier, 
il ne tend pas le poing pour frapper.
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L'assistance est nombreuse, compacte et silencieuse.
 Aujourd'hui, le prêtre regarde ses ouailles,
quand autrefois, implorant son Dieu, il leur tournait le dos. 
Certains disent pourtant que s'aimer
n'est pas se regarder, mais regarder dans la même direction... 

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La soirée est montreuillaise, cette fois sur les terres de la rivière du Thouet.
Philippe Pager nous invite à un concert lyrique au kiosque à musique du mail Aux Belles, puisque c'est ainsi que nos concitoyens ont baptisé ce beau mail qu'a fait dessiner, au XIXe siècle, le maire René-Alcide Aubelle [1870-1871 et 1878-1891] au-delà de la muraille de la ville close.
L'Association d'animation touristique est l'organisatrice et une bonne partie de l'équipe est présente pour le bon déroulement de la soirée. "Deux cents spectateurs présents ! Un bonne réussite pour ce qui semblait être un défi : redonner un peu de vie à ce lieu...", m'écrira Philippe.

 Le kiosque du Mail Aubelle.
A l'arrière-plan à gauche, l'ancienne église des Grands-Augustins ;
au centre, l'ancienne école des garçons.

Anne-Aurore Cochet, soprano, et Vivien Lacomme, ténor, accompagnés au piano par Nicolas-Marie Santoja, chantent des airs d'opéra et des mélodies françaises.
Marc Bonnin, notre maire à tous, "veille" sur ses administrés.
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La nuit tombe vite sur le kiosque...
Nicolas-Marie Santonja annonce le prochain morceau.
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Nous découvrons mieux la splendeur du plafond
sous la lumière des projecteurs.
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Joseph Kosma, Jacques Prévert, Henri Duparc, Claude Debussy, Robert Schumann, Gabriel Fauré
sont au programme de la soirée.

A cœur joie.

 Pour terminer, reprendre ces deux vers de L'Invitation au voyage 
de Charles Baudelaire,
Invitation mise en musique par Henri Duparc et
que nous entendîmes, conquis,
 dans la fraîcheur naissante d'un beau soir d'été : 
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Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

 Un 15 août à Montreuil-Bellay, entre Anjou et Poitou...