26 avr. 2015

25 avril 2015 Cérémonie mémorielle sur le site de l'ancien camp

Me signaler toute erreur éventuelle ou tout oubli fortuit.

Comme chaque année le dernier samedi du mois d'avril, et ce depuis 1990 - à la suite de la demande de François Mitterrand - a eu lieu hier, le 25 avril 2015, une cérémonie officielle et nationale sur le site de l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay pour rappeler les souffrances subies en France par les Tsiganes/nomades pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette page est illustrée par certaines de mes photographies, sauf mention contraire.
Cliquer dessus pour les agrandir.

Vue générale de la cérémonie pendant le discours de Marc Bonnin, 
maire de Montreuil-Bellay.

Des gerbes de fleurs furent déposées par différentes personnes ou associations au pied de la stèle inaugurée le 16 janvier 1988.


1 - L'AMCT (Les Amis de la Mémoire du Camp Tsigane de Montreuil-Bellay).
2 - L'Association de la Mémoire de la Haute-Barde.
3 - La Préfecture du Maine-et-Loire.
4 - La Loge Maçonnique Esméralda des Gens du Voyage (GODF).
5 - La Mairie de Montreuil-Bellay.

Puis ce furent des discours, les orateurs parlant au micro debout sur l'ancienne prison/cave du camp.

Tony Bauer, fils de Poulouche qui fut l'une des victimes du camp.

Monsieur Jean-Yves Lallart,
sous-préfet de Saumur.

 Marc Bonnin maire de Montreuil-Bellay.

Discours également d'un membre de la délégation de la Loge maçonnique Esméralda.

 La délégation de la Loge Esméralda pendant que je reprenais l'historique des internements... parce qu'il ne fallait pas oublier que ce camp ne fut pas uniquement "réservé" aux Tsiganes, "nomades" définis par le sinistre décret/loi du 16 juillet 1912...
(Photo Erwan Le Vourc'h)

sous un angle différent. (Photo Jean Richard)

... et devant la stèle.


Quelques autres photos de cette journée mémorielle :

 André Fernandez fut, enfant, interné à Montreuil-Bellay.
(Photo Erwan Le Vourc'h)

 Officiels et drapeaux sur fond de colza printanier.
(Photo Eric Berbudeau)

L'allumage de la flamme...

... qu'un jeune pompier courut "symboliquement" porter jusqu'à Paris 
rejoindre 5 autres flammes le lendemain à Paris pour la journée de la Déportation.

La gerbe de Montreuil-Bellay portée par sa Police.
(Photo Eric Berbudeau)

Une partie du public...

Les 10 ans de l'AMCT. 
 L'après-midi, L'AMCT invitait dans l'amphithéâtre du Lycée Edgard Pisani pour un repas de fouées, une projection et son assemble générale.  
De gauche à droite : Lidye Bernier (trésorière) avec Alice, sa petite-fille ; Jean Richard (vice-président) Willy Jousselin (webmaster) et Sandrine Renaire (présidente).

En fin d'après-midi, j'ai fait découvrir le second site de l'ancien camp à Karim Fikri, secrétaire de L'AMCT et à Laure Daussy qui travaille sur cette histoire. A l'arrière-plan, cellules de la prison (bombardée été 1944) du camp construite par et pour les Républicains Espagnols en 1940.

Signature de votre serviteur, instituteur-historien-inventeur de ce site
pour qui la journée fut... très chaude !
(Photo Eric Berbudeau)



Chardon tsigane sur le site.

 ( Photo et légende d'Erwan Le Vourc'h)

23 avr. 2015

Jeunes Picards à Montreuil-Bellay


L'on m'avait demandé de faire visiter ma jolie petite ville à des adolescents Picards en séjour à la Rousselière, dans le quartier de la Salle ; je les y ai retrouvés le jeudi 23 avril 2015 en début d'après-midi.

Voici déjà, pour les présenter, cette photo prise sur une terrasse au-dessus de la rivière.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

A l'arrière-plan, de gauche à droite : le monastère bénédictin (début XVIIIe siècle ; le chevet de l'ancienne église romane (XIIe s.) ; deux tours circulaires du château (XIIIe s.). 
Certains visiteurs en pleine lumière, les autres dans l'ombre du coteau.


Il est aussi possible de consulter ces pages qui rappelleront beaucoup d'endroits découverts par nos hôtes. Cliquer sur les liens ci-dessous. Bonne visite...

http://jacques-sigot.blogspot.fr/2009/01/montreuil-bellay-derniere-ville-close.htmlhttp://jacques-sigot.blogspot.fr/2009/01/montreuil-bellay-derniere-ville-close.html

... Il est également possible de "retrouver" l'instituteur picard que je fus il y a très longtemps, par ce second lien...
http://jacques-sigot.blogspot.fr/2014/06/linstituteur-50-ans-apres.html


*
* *
Pour mener à son terme cette page sur ce séjour du jeudi 23 avril 2015, j'aimerais recevoir quelques renseignements sur nos hôtes et leur établissement afin de compléter cette page.
Je ne sais vraiment que peu de choses sur vous : élèves, je pense, d'une Maison Familiale, vous êtes Picards ; vous étiez 50 avec vos 4 formateurs - c'est le terme exact, je pense - j'étais le 51e... C'est un peu maigre pour nos "lecteurs". Dites-m'en un peu plus...
Ce fut une très agréable rencontre... entre Picards !!! si je le fus moi-même en tout début de carrière, en 1960, jeune instituteur pendant sept années de classe unique dans le hameau d'une petite commune picarde du nord-ouest du département de l'Oise, dans une région que l'on appelait "Petite Sibérie".


Quand j'étais instit. en Picardie, au début des années 1960...

Mais retournons à Montreuil-Bellay où je me suis installé en 1971/1973.

Balade (ballade) montreuillaise

 
                                           La photo incontournable, l'ensemble castral

   Au niveau de la rivière du Thouet, là où est née Montreuil-Bellay

Le port Sainte-Catherine d'où partaient les bateaux sur le Thouet autrefois navigable.
Ce jeudi, il n'y avait pas de canards.



L'Auberge des Isles, au pied du château.
Était-ce autrefois là que l'on devait verser le montant du péage 
pour emprunter les vieux ponts gothiques sur le Thouet ?

Avant qu'il ne fût victime des guerres de Religion, le propriétaire de l'établissement ci-dessus
avait caché son or sous un carrelage, trésor retrouvé en 1976.
Ecu d'or dit "au soleil" daté de 1475.

L'Ile aux Moines.
Pour s'y promener, les moines bénédictins ont rattaché cette petite île
à la berge par un pont de pierre juste devant leur monastère. 

Vues de l'Ile aux Moines, les ruines des anciens ponts gothiques
effondrés pour la dernière fois en 1577.


 Chapiteaux de l'ancienne église paroissiale (de style roman)
1 - Chapiteau dit des deux langues : l'une pour ce que nous disons, l'autre pour ce que nous pensons et cachons, l'Eglise essayant de connaître la seconde par la confession.
2 - Personnage musulman. Nos instituteurs nous disaient : "Charles Martel arrêta les Arabes à Poitiers en 732."

Tout semble être faux dans cette affirmation des livres d'Histoire :
- Cela se serait passé en 733 (le calendrier ayant changé).
- Poitiers n'existait alors pas ; cela se serait déroulé à un endroit indéterminé dans la région.
- Ce n'étaient pas des Arabes, mais des Berbères, premiers habitants du Maroc et que l'on appelait Maures (de l'ancien nom du pays : la Mauritanie), ou Mores. Leur chef, Tarik, a donné son nom à la petite montagne (djebel, en arabe) près de laquelle ils ont accosté en Espagne en 711 ; d'où le "djebel Tarik", traduit en Gibraltar. Sans doute serait-il plus juste de parler de "musulmans" (sans majuscule au mot, "chrétiens" n'en prenant pas).

Il n'y aurait pas eu de bataille, l'envahisseur aurait quitté la région de lui-même :
- parce que le climat devenait trop rude pour ces hommes du désert ; 
- querelle dynastique entre Damas et Bagdad ; le chef des envahisseurs voulait-il participer à la prise du pouvoir à Bagdad ?
Toujours est-il que le catholicisme triomphant de l'Islam a rendu cet épisode plus "flamboyant" qu'il ne le fut réellement  !

Remarque : Charles, maire du Palais royal - qui frappa sur eux à coups de "marteau ", d'où son nom de Charles Martel - ne les a pas vraiment arrêtés... puisqu'ils sont toujours là.
Un peu d'humour pour égayer l'aridité de la pédagogie...

 Taxus baccata, ou if commun, dans le cloître inachevé de l'ancien monastère bénédictin.
Arbre vraisemblablement bicentenaire.


D'où partent les branches ? 
Les moines célibataires, et continents, ont-ils voulu créer ainsi des "liaisons" botaniques ????

Les baies de cet arbre seraient dangereuses pour les animaux. Anecdote, pendant la Première Guerre mondiale, des chevaux allemands à l'abri de tels arbres sont morts empoisonnés.



Ville haute, après que Foulques Nerra eut fait bâtir son donjon sur le tertre au début du XIème siècle.
L'intérieur de la collégiale du château (XVe s.)
devenue église paroissiale en 1810. 

 La triste destinée de saint Sébastien, patron de la collégiale.

Près du château, la grange à dîmes dans laquelle le seigneur 
"engrangeait" sur trois niveaux (animaux, grains, fourrages)  
tout ce qu'il exigeait de ses sujets.

 Très agréable pause/boisson offerte par les "cadres" aux Petits Tonneaux,
vieille demeure qui, un jour, s'est tournée pour avoir "pignon sur rue",
quand la voisine a gardé sa façade étroite sur la place 
comme cela se faisait quand le seigneur divisait l'une de ses terres
en parcelles étroites pour en vendre le plus possible aux boutiquiers.
(Bel exemple de l'alignement des façades des maisons sur un quai du port de Honfleur).

Pittoresque demeure de la Place du Marché à Montreuil.
La tour avec son escalier à vis est "entrée" dans la maison
qui, autrefois, devait être à sa gauche - couleurs des pierres différentes.
La maison primitive s'est-elle effondrée ; puis rebâtie à droite ?
La porte de gauche conduisant à l'étage, est toujours du côté de la maison,
la porte plus basse, à droite, conduisant à la cave.




La plus vieille maison de Montreuil (extrême fin du XIVe siècle)


La curieuse préparation de l'onguent "dia merdis",
"à la merde du jour"
à la porte d'un bar qui fut autrefois une apothicairerie.
Humour à la Rabelais qui a vécu à Chinon, tout près de Montreuil.

Pour terminer en beauté,
la magnifique maison natale du poète Charles Dovalle
mort en duel à 22 ans (1807-1829)
Cette demeure fait chambres d'hôtes :
http://www.agoda.com/fr-fr/maison-dovalle-hotel/hotel/montreuil-bellay-fr.html
.
  
Avant la séparation, dernière photo/souvenir du groupe avec leur guide 
dans le parc de la Maison Familiale de la Rousselière.

15 mars 2015

Etre instituteur dans le camp de Montreuil-Bellay

Où l'on voit qu'avoir été nommé instituteur, pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le camp de concentration de nomades de Montreuil-Bellay fut une véritable sanction disciplinaire.
 .
Page rédigée à partir d'un dossier (1) qui m'a été adressé par Raymond Delavigne, auteur d'un ouvrage sur la commune où il est né : Villevêque à travers les âges, publié en 2010.

 Le Loir à Villevêque

Le château de Villevêque
Deux clichés du Net.

Nous sommes en février 1942 à Villevêque, petite commune du Maine-et-Loire sur le Loir, à une quinzaine de kilomètres au nord-est d'Angers.

L'affaire du directeur d'école Lagadec 

Le comité local d'entraide aux prisonniers de guerre est présidé par Alexis Fouin, le maire ; le curé, Raymond Coudray, tout juste rentré de captivité en tant qu'ancien combattant de 1914-1918, en est le vice-président  tandis que Pierre Lagadec, directeur de l'école publique, en est le secrétaire et le trésorier. La rumeur publique accuse ce dernier de malversation lors de la confection et la distribution des colis, d’où sa mutation d'office, avec sa femme, également institutrice.
Après la guerre ils sont pourtant invités pour un banquet par les prisonniers réunis qui veulent ainsi marquer leur solidarité avec ce couple d'instituteurs qui n'a pas failli. En réalité, ils ont été injustement dénoncés parce qu'ils ne partageaient pas les sentiments cléricaux pro-vichystes de l'époque.

Des recherches aux Archives départementales ont permis à Raymond Delavigne de retrouver le dossier de cette affaire (1), dossier constitué d'une liasse de 15 pièces, et devenu accessible à la consultation en 2005.

- Voici tout d'abord la lettre de dénonciation manuscrite signée du pseudonyme ''L. Lumière''. On  ne trouve pas trace dans le dossier d'une quelconque interrogation sur l'identité réelle de ce dénonciateur.
.
Villevêque le 14 février 1942

         Monsieur le Préfet de Maine-et-Loire, Angers

Dimanche dernier 8 février, avait lieu à la mairie de Villevêque la réunion générale du Comité d'Entraide aux prisonniers de la commune à laquelle étaient invités les autorités civiles et religieuses, les anciens combattants et les familles des prisonniers. Cette réunion, qui aurait dû être placée sous le signe de l'union de tous, ne fut rien moins qu'une manifestation politique et partisane d'avant-guerre, mettant aux prises le Curé, vice-président, et l'instituteur secrétaire, que le Maire président sans autorité se montra impuissant à concilier.
Pendant plus d'une heure de longues et parfois violentes discussions donnèrent à l'assistance la triste impression que la politicaillerie de clocher d'autrefois existait toujours. L'attitude insolente de la femme du secrétaire en fut la meilleure preuve. Le maire président et l'instituteur secrétaire ayant donné leurs démissions, Monsieur le Curé, officier prisonnier rapatrié d'Allemagne, réussit non sans peine à reformer un nouveau comité.
Les assistants, et particulièrement les femmes de prisonniers, sortirent de la salle déçus et écœurés. Depuis, les commentaires vont leur train.
Que s'est-il donc passé depuis six mois au sein du comité ? C'est la question que chacun se pose. Ce malaise doit être dissipé.
Nous venons vous prier Monsieur le Préfet de bien vouloir ordonner une enquête qui s'impose pour rechercher les responsabilités. Etant donné la qualité des personnes en cause, nous n'ignorons pas qu'elle sera délicate, mais elle est nécessaire pour faire taire les racontars et rétablir dans la commune l'ordre et le calme que la municipalité s'est révélée dimanche incapable de maintenir.
Au nom des familles de prisonniers de Villevêque, veuillez agréer, Monsieur le Préfet, nos salutations distinguées.
                                                                       L. Lumière

Cette lettre anonyme est annotée par le préfet délégué : Urgent et signalé. Communiqué à Monsieur le Commissaire Spécial.

Mais plusieurs pièces antérieures à cette lettre de dénonciation montrent que M. Lagadec faisait déjà l'objet d'une surveillance, comme le confirme cette note manuscrite à l'entête du Secrétaire Général de la Préfecture :

Villevêque.
M. Lagadec, instituteur à Villevêque.
- hostile à la révolution nationale, dans ses conversations privées, ses allusions ;
- met le désordre dans le Comité des prisonniers, dont il est secrétaire trésorier.
A déplacer lors d'un prochain mouvement.
(Archives Départementales 49 ; W 90 ; Préfecture, cabinet du préfet. Personnel enseignant. Sanctions. Dossiers individuels. 1940-45. Communicabilité 2005. Epoux Lagadec)

- Le Commissaire Spécial ne semble pas avoir attendu l'ordre du préfet car une note dactylographiée, datée du 12 janvier 1942 indique :

Le Commissaire Spécial, Angers
Il a été porté à ma connaissance que M. Lagadec, instituteur public à Villevêque serait dans ses conversations privées, hostile à l’œuvre de rénovation nationale.
Secrétaire trésorier du Comité des prisonniers de guerre de cette commune, il apporterait au sein de cette association une certaine perturbation.
Je vous prie de vouloir bien faire procéder, à ce sujet, à une enquête discrète et m'en transmettre dans le moindre délai possible les résultats.
Le Préfet délégué

- Le 18 février 1942 l'Inspecteur de police spéciale Lamielle adresse son rapport à Monsieur le Commissaire Spécial, Angers

N 63. Objet : renseignements Lagadec instituteur à Villevêque
Référence à la lettre de Monsieur le Préfet de Maine-et-Loire en date du 12-1-42 concernant M. Lagadec, instituteur à Villevêque, j'ai l'honneur de vous rendre compte ce qui suit :
Secrétaire trésorier du Comité des prisonniers de guerre de la commune, Lagadec s'est accaparé de toute la gestion de cette œuvre et il n'y admet l'immixtion de personne ; d'où friction inévitable entre M. le Maire d'une part, qui veut ménager ses administrés, et M. le Curé, d'autre part, qui, lui, tient à ce que cette œuvre fonctionne loyalement et rondement.

Cette situation préjudiciable aux prisonniers de guerre ne saurait être tolérée plus longtemps et M. le Maire envisage de réunir incessamment le Conseil municipal pour réorganiser ce comité et provoquer, si possible, la démission de Lagadec.

Quant à son hostilité envers l’œuvre de rénovation nationale, aucune preuve n'a été relevée contre lui.
Renseignements complémentaires :
Lagadec, Pierre, François, né le 5 septembre 1901 à Plomodiern (Finistère) de Noël Marie et de Doaré Noelle. Marié. Promotion 1917-1920 Quimper. A Angers en 1927.
Attitude politique
a) serait d'idées très avancées
b) en 1936, lors des événements espagnols, aurait fait un voyage en Espagne républicaine.
Cependant aucune preuve ne corrobore ces indications.

Ce dernier paragraphe est souligné de deux traits au crayon rouge dans la marge.

- De son côté, l'Inspecteur d'Académie de Maine-et-Loire écrit à Monsieur le Préfet délégué :

En réponse à votre lettre du 3 mars 1942, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que la mutation de M. Lagadec, instituteur à Villevêque, vous sera proposée, conformément à vos instructions, lors du mouvement du personnel, à la fin de l'année scolaire. Cette mutation entraîne celle de Madame Lagadec qui est également institutrice, et la nécessité de disposer d'un poste double.

- Le 26 mars 1942, le Préfet délégué envoie une lettre dactylographiée à Monsieur l'Inspecteur  d'Académie. Extraits dans lesquels apparaissent les vraies raisons de la mutation autoritaire :

L'attitude de M. Lagadec semble être largement influencée par les idées subversives, que l'intéressé professait sous l'ancien régime et qu'il n'aurait pas complètement abandonnées.
Pour ces diverses raisons, j'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien, lors d'un prochain mouvement, prononcer la mutation de l'intéressé. Cette mesure s'impose en effet toutes les fois que l'on se trouve en présence d'un fonctionnaire dont le loyalisme est suspect, sans toutefois donner lieu, par des actes précis, à une sanction plus grave.

Une note marginale manuscrite à l'encre rouge indique :

Lagadec. Le ménage Lagadec (mari nommé à Maulévrier, femme nommée à Meigné-le-Vicomte). Est détaché au camp de Montreuil-Bellay [2]. Voir arrêté du 30 mars 1942.

- Cette mutation provoque les réactions des élus et du curé, aussi le directeur de cabinet du préfet envoie-t-il une note pour le Préfet :

Maître Rabouin a téléphoné pour appeler l'attention de Monsieur le Préfet sur l'émotion qu'a provoquée la récente mutation de M. Laguadec, instituteur à Villevêque.
Cet instituteur jouissait de la plus grande sympathie dans la commune et le Maire le verrait partir avec le plus grand regret ; M. Rabouin demande s'il ne serait pas possible de se renseigner auprès de M. Drouin [confusion pour M. Fouin)] maire de Villevêque. 

- Par une lettre, datée du 27 mars 1942, M. Fouin écrit au  Préfet Régional :

C'est avec étonnement que je viens d'apprendre le déplacement possible à Montreuil-Bellay de notre instituteur M. Lagadec. Je n'ai pas à discuter une telle décision dont j'ignore le motif exact. Je tiens cependant à vous faire connaître, M. Le Préfet, que jusqu'à maintenant, j'ai toujours entretenu avec M. Lagadec, tant en ce qui concerne l'école où ses qualités professionnelles étaient très appréciées, qu'au sein du Comité des prisonniers où il s'est dépensé pendant un an, les meilleures relations. C'est pourquoi je ne m'explique pas une mesure aussi grave....

- Lettre du curé écrite le lendemain, le 28 mars 1942 :

Monsieur Lagadec, instituteur à Villevêque, m'apprend ce jour qu'il est déplacé pour le motif suivant : dispute avec M. le Maire et M. le Curé au cours d'une réunion du Comité d'aide aux prisonniers.
Sollicité de donner mon avis, je reconnais bien volontiers qu'il n'y ait, ce jour-là, (qui était le 8 février), aucune dispute entre Monsieur Lagadec et moi. Façon de voir différente ne veut pas dire dispute.

- M. Lagadec exerce bien dans le camp de concentration des Tsiganes de Montreuil-Bellay, comme l'indique une note du dossier à entête de la préfecture daté du 8 avril 1942 : Laissons Lagadec à Montreuil, mais prévoir un poste meilleur pour le mouvement d'octobre. 

Jeunes internés devant l'école 
du camp de concentration de nomades de Montreuil-Bellay.

Toutefois, il s'agit d'un poste provisoire jusqu'à la rentrée d'octobre, car l'annotation suivante figure en tête du dossier :

Les époux Lagadec sont nommés à l'école de garçons de Saint-Hilaire-Saint-Florent. Voir arrêté du 20 avril 1942.

Ce qui semble clore l'affaire. Cependant, une note manuscrite écrite au crayon sur un bout de papier [¼ de feuille, c'est l'époque des restrictions] dont l'auteur doit être le Secrétaire Général de la préfecture, indique que l'affaire cache autre chose :

Remis par Me Gardot qui n'excuse pas l'intéressé mais s'étonne que le curé ait pu demander le déplacement de l'instituteur et s'en défend ensuite dans la lettre ci-jointe.

Pour Me Gardot, la mutation doit se faire, mais il serait fâcheux à son avis de donner à cette mesure un caractère de sanction trop prononcé. L'envoi de M. Lagadec au camp de nomades de Montreuil-Bellay serait une mesure excessive.

Dans la réalité, le dossier ne reflète pas toutes les démarches ayant provoqué la mutation de M. Lagadec. La vraie raison est un conflit local entre les tenants de la laïcité républicaine et les cléricaux plutôt en faveur, à cette époque, du régime collaborationniste de Vichy.
Ce type de conflit connaît un nouvel épisode au sein du Conseil municipal lorsqu'il s'agit, à la Libération, de retirer le crucifix du local de la mairie que le régime de Vichy avait affiché.


(1) A D 49 W 90 Préfecture, cabinet du préfet. Personnel enseignant. Sanctions. Dossiers individuels. 1940-45. Communicabilité 2005. Epoux Lagadec.  
[2] Il s'agit du camp de concentration des Tsiganes.

2 mars 2015

La plume des Sigot

Vous êtes sur le blog de Jacques, l'instit pensionné/historien amateur/guide touristique/grand voyageur de par le monde...
Découvrez l'ouvrage de sa fille, traductrice/interprète de conférence, romancière helvète...






Sonia Clancy, jeune interprète de conférence diplômée a tout pour réussir. Elle est motivée, sérieuse, douée pour les langues. Mais c'était sans compter sur un détail, ou plutôt une personne qui allait croiser son chemin.
Très vite, la cabine, son lieu de travail, se transforme en cage de verre et, entre ses parois oppressantes; Sonia risque à tout moment de perdre sa voix.







et ceux de son épouse, professeure/romancière...







Montreuil-Bellay, dimanche 14 septembre 1806.

Les Dovalle ont été assassinés ! En quelque minutes, ce cri a frémi dans la ville. [...] Toute la ville, alléchée par le malheur, plaint et condamne. Et toutes les lèvres, durcies par la colère, le mépris ou la haine, chuchottent le même nom, celui de l'empoisonneuse : Anne Robineau.

[...] Avec ces pauvres sans nom et sans biens qui sont au cœur de cette étude, le livre de Geneviève Sigot devient quasi intemporel. Car les questions qu'il pose et qui nous interpellent...
- Qui sont-ils ?
- Quelle est leur place dans la société ?
- Que faire d'eux ?
... sont toujours actuelles.
*
* *
Ecrire en famille... chacun dans son monde...

9 févr. 2015

Charlie Hebdo



Charlie Hebdo

Lu dans le Net : Je l'ai dit et le répète : ça fait "chialer" (anagramme de Charlie) qu'ils soient partis ainsi...  (Aline Mohair) 

 

   Indatable... sinon un jour de pluie... et dans Libération le lundi 19 janvier 2015.

AVANT  

* Cliquer sur les documents pour les agrandir.

 http://3.bp.blogspot.com/-fWFO6oyF8r0/VMZAzwpdVbI/AAAAAAAAHE4/vWBWFmUFSYo/s1600/1911172_914389011919155_6077163427078551450_o.jpg

   Extrait du Net. (Reçu de l'ami Jean-Pierre)

*
* *

 Dessin de Charb publié dans Libération le vendredi 9 janvier 2015...

 http://3.bp.blogspot.com/-wfWJemUDaVg/VK-ytUZtc7I/AAAAAAAAG28/g9s-cQO775w/s1600/Charlie%2BHebdo%2BCaricature.jpg

   ... et son dernier texte :

Peins un Mahomet glorieux, tu meurs.
Dessine un Mahomet rigolo, tu meurs.
Gribouille un Mahomet ignoble, tu meurs.
Réalise un film de merde sur Mahomet, tu meurs.
Tu résistes à la terreur religieuse, tu meurs.
Tu lèches le cul aux intégristes, tu meurs.
Prends un obscurantiste pour un abruti, tu meurs.
Essaie de débattre avec un obscurantiste, tu meurs. Il n’y a rien à négocier avec les fascistes.
La liberté de nous marrer sans aucune retenue, la loi nous la donnait déjà, la violence systématique des extrémistes nous la donne aussi
Merci, bande de cons.
                              Charb

(Portrait - en fin de page - et texte communiqués le samedi 10 janvier 2015 au soir par un ami, un Jacques,)

Le génie de Charlie Hebdo ; qui pourrait aller plus loin dans l'humour (noir) ?

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PENDANT

Bon jour Charlie

J'ai quelque part toute une collection de Charlie Hebdo, et je me souviens d'avoir acheté en son temps des albums reliés d'années complètes pour n'en rien manquer. J'avais ainsi les premiers numéros... Mais j'ai voulu partager ma jubilation, et je les ai prêtés. Vous savez bien que nos livres "reposent" souvent dans les bibliothèques des amis qui "ont oublié" de nous les rendre, aussi suis-je aujourd'hui malheureux parce que j'aurais aimé les feuilleter afin de retrouver les émotions d'alors :

Les dessins de Reiser, parti le premier, si vite... son pittoresque Gros Dégueulasse si différent de lui... (Les revoir tous deux ci-dessous, dans Les portraits.)

 

Wolinski, Cabu et Cavanna.

Tous deux sont des documents du Net.

- La prose de Cavanna, au français savoureux et chatoyant comme seuls, souvent, savent l'écrire des "étrangers" ; et, en disant cela, je pense aux ouvrages de Tahar Ben Jelloun qui me restituaient intacts tous les parfums de mes sept années de vie marocaine ;

- la gentillesse souriante de Cabu ;

- l'aristocratie délicieusement faussement naïve de Wolinski ; 

- toute l'équipe, parce que Charlie Hebdo était avant tout une équipe... et ma vieille tristesse quand certains l'ont quittée pour une autre navigation ; la nostalgie, quand tout le corps souffre d'un manque, si différente de la mélancolie, cette maladie de ce que l'on appelle maladroitement "l'âme".

                                    Jacques (à l'état-civil) / Tchopa (en nomadie) / Yacoub (en Islam), qui a vécu et travaillé pendant sept années en terre musulmane, à Meknès (au Maroc), et qui a voyagé, entre autres errances, en Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Jordanie, Israël, Palestine, Syrie, Turquie, Iran, Ouzbékistan, au Liban, au Yémen...

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En hommage, quelques dessins découverts sur le Net au soir et au lendemain de la boucherie non hallal du mercredi 7 janvier 2015. Ce funeste mercredi 7 janvier 2015 après Aïssa [Jésus pour les musulmans], nouvelle Héjire* pour la presse française.

 

Plantu, Dans Le Monde, mardi 13 janvier 2015. 

 
 
* Héjire : Fuite de Mohammed – le prophète de l’Islam – qui quitta la Mecque pour se réfugier à Médine, le 16 juillet 622 après J.-C.. Ce jour est devenu la première date de la chronologie musulmane.


Sur le Net... 

Un peu d'histoire à propos de cette formule tant vulgarisée [devenue commune] ces tout derniers jours : "Je suis Charlie". Elle me rappelait des constructions semblables, dont celle de Kennedy à Berlin. Et aussitôt, d'interroger Google.
En effet, en 1963, J.-F. Kennedy, le président des Etats-Unis d'Amérique, en visite à Berlin-Ouest alors que la ville est coupée en deux par un mur érigé deux ans plus tôt, prononce dans son discours le célèbre : Ich bin ein Berliner => Je suis (un) Berlinois. Il précise d'ailleurs qu'il reprend la formule antique : civis Romanus sum => Je suis (un) citoyen romain, formule qui, il y a quelque deux mille ans, exprimait alors la fierté suprême.

Aujourd'hui, combien de "Je suis Charlie" ! mais combien savent qui était, qui est Charlie Hebdo ?
La France de Vichy compta énormément de maréchalistes ; celle de la Libération, autant (souvent les mêmes) de Gaullistes. Pendant les guerres de Vendée de 1793, comment reconnaître un rebelle d'un bon républicain était la question délicate. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens, répondait-on... Une certaine sagesse... pour croyants, du moins !

 

 


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Cliquer sur le lien ci-dessous : "Nous sommes Charlie"

- Charlie projeté Place de la République...* *

L'Homme, pauvre animal aussi bête que méchant, mis au monde à l'aveugle, par hasard et provisoirement n'importe où sur la terre - là où il fait (encore ?) bon vivre, ou là où l'on crève de faim (et) (ou) sous la matraque d'un tyran auto-proclamé... par hasard - par des géniteurs qui, par conformisme, reproduisent leur vanité... petit être qui grandit difficilement, qui vit comme il peut plus que comme il le voudrait, dans la sueur et les douleurs, et qui, au lieu de chercher le compagnonnage qui l'aiderait à se construire, à se vivre, ne pense plutôt qu'à tuer, détruire, supprimer son semblable, son frère de misère.

Je pense alors au sombre tableau ci-dessous du peintre espagnol Goya, 

Duel au bâton (1820-1823), de Francisco Goya, 1746-1828 : Deux hommes vont mourir, pris dans des sables mouvants qui les aspirent. Mais tous deux, au lieu d'essayer de survivre en s'entraidant, ne pensent qu'à une seule chose, tuer l'Autre à coups de bâton. 

Je découvris un jour dans Le Monde ce dessin de Plantu [cliquer dessus pour l'agrandir] ; j'ai écrit à son auteur pour lui dire mon admiration, tout en évoquant le tableau de Goya qui m'avait tant impressionné quand je l'avais vu à Madrid, au Musée du Prado. 

Quelle heureuse surprise de recevoir quelques jours plus tard dans ma boîte aux lettres la planche 

originale dédicacée du dessin !

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- Reçus de Jean-Claude, ami du Maroc, en commentaire de cette page, ce dessin de Lucille Clerc, relayé sur son compte Twitter par Banksy @thereaIbanksy© Lucille Clerc... et, au dessous, Les Morts de rire :


- en fin, cette chanson, Je suis Charlie, entendue sur le Net.

http://tempsreel.nouvelobs.com/charlie-hebdo/20150109.OBS9597/la-chanson-jesuischarlie-vue-6-5-millions-de-fois-sur-le-web.html

Le drame est que chaque croyant exige que sa religion soit la meilleure, voire la seule ; ce qui peut sembler être humainement légitime puisqu'il y va de son [mon] propre salut quand cette religion, après un court et laborieux passage sur notre Terre, lui [me] promet l'éternité dans un autre Monde obligatoirement [bessif, en arabe marocain] idéal, voyons... C'est que je le vaux bien... J'allais écrire "veau", comme disait notre bon Général Charles [Charlie ???] de tout bon Français... qui voterait pour lui...

Alors, il est malheureusement et tristement facile de comprendre que ce croyant programmé veuille supprimer toute religion rivale qui promettrait autre chose - voire plus ou mieux - à d'autres que lui.

Il faudrait que chaque religion restât un dialogue strictement personnel entre l'individu et son "Dieu", que chaque religion fût du domaine de la pensée, et non pas de celui des actes, des gestes. Le drame, donc, est qu'on a fait le plus souvent de chaque religion une réalité sociale, publique, d'où tous ces affrontements compréhensibles, répété-je, mais aussi très dommageables.

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  APRES 


                      

 

Ce dimanche 11 janvier 2015 : comme toute la France, ma petite ville angevine de Montreuil-Bellay est "Charlie".

Midi. La foule dans la cour de la Mairie.

 

Pendant le discours du maire, Marc Bonnin très ému,  

et avant la minute de silence et les applaudissements.

 

Quelques PORTRAITS extraits de Libération, sauf pour Ela.

  * Elsa Cayat  (54 ans) (Extrait du Net)

 Psychiatre et psychanalyste, elle tenait la rubrique "divan" dans "Charlie Hebdo".

Du Elsa Cayat, in Charlie Hebdo n° 1178, page 11 : [...] Ici, la société et le sujet se rejoignent ; dans la recherche d'autorité dont on dépend, mais dont on connaît l'abus de pouvoir. Cette autorité, c'est autant celle du système social, politique, économique, que de l'autre, dont l'abus est au grand jour, mais dont on ne peut se passer. C'est le même mécanisme qui assaille l'individu, lui qui hésite, qui a peur d'être libre, de suivre son désir, de construire sa vie ; lui qui aime avoir la bénédiction d'une autorité et, ce faisant, ressent l'humiliation que produit le besoin de demander la permission.          


  

 

 

 

* Cabu (Jean Cabut) (76 ans)


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* Charb (Stéphane Charbonnier) (47 ans)


  * Honoré (73 ans)

Le mail d'un ami, reu le mercredi 14 janvier : 

Nous rentrons de 8 jours à Munich... On était à CDG Airport quand on a entendu la nouvelle du massacre. Après, pas d'ordi, les TV allemandes que je ne comprends pas, les angoisses... Je croyais égoïstement notre très proche ami Philippe Honoré épargné parce que son nom n'était pas sur les Unes de la presse internationale avec Cabu-Charb-Wolin-Tignous, et je pensais : "Au moins, ces s.  n'auront pas eu sa peau."... Et puis me revoilà à Paname devant mes e-mails... le tien… et un message de sa fille… Prépare-toi au flot des conneries qui vont être dites dorénavant !!!

 

Merci pour ton bel hommage. Oui... Philippe était le "littéraire", le rêveur, et un fabuleux dessinateur !!!

 * Jean-Marc Reiser (1941-1983) et son Gros Dégueulasse

 

* Tignous (Bernard Verlhac) (57 ans)

* Wolinski (80 ans)

 

Dessin de Michel Foucault publié dans Le Courrier de l'Ouest du 9 janvier 2015.  

Selon la religion musulmane, Allah promet 70 - ou 72 - houris - pluriel de houria, vierge, femme pure -  au martyr pour le dédommager de sa vie qu'il a sacrifiée.

*

Vous voulez de la prose de Wolinski ? Censure pour les moins de 10 ans - question de sensibilité - et pour les plus de 80 - question de cœur... qui pourrait lâcher. C'est du gaulois, pas du djihadiste, ni discours d'homme politique, c'est du Wolinski, et l'on comprend mieux pourquoi des millions de Français orphelins ont défilé en "pleurant" les disparuis, parce qu'on leur avait retiré leur biberon nourricier...

Ce petit texte est extrait d'un article page 14 de Libération de ce jeudi 8 janvier 2015 : "Au genre de régime auquel il imaginait devoir être soumis post mortem, son choix se portait à l'incinération, s'adressant [...] à sa femme [Maryse, sa seconde épouse] : Mes cendres, tu les balanceras aux chiottes, comme ça, chaque fois que tu t'assoiras sur ma tombe, je verrai ton cul."

J'avais prévenu. On ne guérit pas de la mort de Charlie Hebdo

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ET LA VIE CONTINUE.... SANS EUX... POUR EUX

Charlie Hebdo n'est pas mort, est-il annoncé partout dans la presse, il sort de l'hôpital ce mercredi. Les gars d'Charlie avaient tort, il y a quand même un dieu... pour les mécréants !

                            Charlie Hebdo du mercredi 13 janvier 2015. 

Ci-dessous, diverses images du Net :

 

Non, l'esprit Charlie n'est pas mort. Voir le P'tit Nicholas croqué ci-dessous après la sortie peu discrète de quelques-unes de ses vedettes...

  Rammdoullah [Merci Allah, en arabe ; écrit ici comme le mot se prononce au Maroc].

Dessin de Chantal Montellier (Libération 10 janvier 2015)

Deux dessins reçus d'un ami au soir du 14 janvier :

 

 

On en aurait presque oublié Aïssa - rappelons que c'est Jésus dans le Coran. L'Inquisition est loin, et notre homme n'a jamais interdit qu'on lui tirât le portrait, et même plus que le portrait.

 

 


 
Mais revenons vite à l'actualité,  à la sortie ce jour du nouveau Charlie Hebdo.

Et c'est pour retrouver Aïssa qui voudrait bien qu'on s'occupât un peu plus de lui, comme dans le dessin ci-dessous que j'ai particulièrement remarqué. J'ai écrit "remarqué" et non pas "apprécié", ne me faites pas dire ce que j'ai dit.


 

 

et ici, la vie continue, entre arthrose, sinistrose et toutes sortes d'autres choses, dont le bonheur d'être encore.

Jusqu'au jour où, elle aussi, elle s'arrêtera... dans l'ordre des choses.

La langue arabe a un mot merveilleux pour dire tout ce qui se passe : Mektoub => c'était écrit.

Si c'était écrit, alors, retirons l'échelle...

 

Reçu de mon ami Charles, plus d'une semaine après...

 

 ... avec cette légende : Le doute est à la pensée ce que le jeu est à la mécanique : son âme. Sans le doute qui l'alimente, la pensée meurt et devient dogme... avec tous les dangers que cela comporte.

 

 *

* *

 

Le lundi 9 février 2015

 

Date : 09/02/2015 16:20:52
Sujet : RE : MERCI



Bonjour,

Merci pour votre message et votre soutien.

Cordialement,

        Charlie Hebdo



en réponse à mon mail...
 
De : jacquesjenny.sigot@free.fr
Envoyé : mercredi 14 janvier 2015 22:41
À : redaction
Objet : MERCI

En remerciement, et en hommage...
Un très "vieux" lecteur.
       Jacques (Yacoub, Tchopa)