11 nov. 2014

Le Familistère de Guise, une Utopie d'autrefois


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Jean-Baptiste André Godin (1817-1888), créateur de la manufacture des fameux poêles et génial industriel, fut aussi un expérimentateur social de tout premier plan. Pour faire la ,preuve pratique des bienfaits de la société harmonieuse imaginée par le philosophe Charles Fourier, il bâtit, à partir de 1859 le Familistère ou "Palais social", un site unique au monde, une utopie réalisée.
[...] La cité édifiée à côté de la fonderie, encore en activité, devait offrir "les équivalents de la richesse" aux familles des employés de l'usine. Le palais comprend d'étonnants pavillons d'habitation collective et de nombreux équipements de service : des magasins, une buanderie et une piscine, un jardin et des promenades, une crèche, des écoles, un merveilleux théâtre. L'espace libre, l'air pur, la lumière et l'eau en abondance sont les éléments d'un urbanisme et d'une architecture à la mesure de l'homme.

(Extrait d'un guide de visite : Une utopie réalisée)

Cette utopie pourrait-elle être d'aujourd'hui, de ces premières décennies du XXIème siècle qui a succédé à celui de Guise ? Les conditions ne sont guère différentes : un même peuple qui souffre, une même aristocratie de l'argent qui profite et qui tire les ficelles... 
La grande différence réside dans le fait qu'autrefois, le malheureux croyait que le Bonheur, qu'une vie meilleure, il ne les trouverait que dans un autre Monde que lui faisait miroiter l'Eglise en échange de sa docilité, alors qu'aujourd'hui, il les voit étalés à satiété sur l'écran de sa télévision, à portée de main... mais tout aussi inaccessibles.
Le XXIème siècle, malgré tous les progrès qui ont amélioré l'existence de beaucoup d'entre nous, pourrait-il engendrer un second Jean-Baptiste André Godin, si un homme seul put, à Guise, dans la seconde moitié du XIXème siècle, créer autant de bonheur pour autant de ses compatriotes ?
Lui a agi, quand nous, nous ne pouvons que rêver... utopistes !


 Plan général du Familistère de Guise.
Le coeur du Familistère.
Jen-Baptiste André Godin.


Nourri des idées de Saint-Simon, d'Etienne Cabet ou de Robert Owen, Godin en en 1842 la révélation de la doctrine de Charles Fourier. Il sera socialiste phalanstérien.
                                                                                                                                   (in Guide de visite)


Le point de départ de l'aventure est la présence d'une usine. Elle est ici représentée dans sa plus grande extension. (Photo du Net, ainsi que les trois suivantes)


La fonderie

Le Palais social, photo ancienne du Net.

Le pavillon central du Palais social aujourd'hui.

 La cour couverte du pavillon central


à la découverte d'un appartement du 3ème étage.

Un appartement des années 1950.


Au-delà de la place centrale sur laquelle se dresse une statue de Godin, le théâtre, au centre, 
et, de chaque côté, une école. (Photo ancienne du Net) 

A gauche, une école ; à droite, le théâtre.

L'intérieur du théâtre.

Spectacle dans le théâtre. (Photo du Net)

La piscine. Elle bénéficie d'un "plancher" mobile
qui monte ou qui descend pour s'adapter à la taille des baigneurs !

Le restaurant, installé dans les Economats
accueille aujourd'hui les visiteurs du Familistère.

L'Association coopérative du capital et du travail est dissoute en 1968 ; l'usine devient une société anonyme, Godin S.A., qui vend les logements du Palais social. Les édifices du Palais social sont classés au titre de la loi sur les monuments historiques en 1991 et, en 2000 est lancé un programme Utopia de restauration et de valorisation du Familistère, ce qui permet, en 2006, l'ouverture du musée du site. 
                                                                         (in Guide de visite)

La petite ville de Guise est toujours dominée par le donjon de son ancien château médiéval.
 La tradition veut que le donjon ait été construit entre 951 et 1056, et la présence du château est attestée à la fin du Xe siècle. (Source : le Net)

Le château autrefois. (photo du Net)

5 nov. 2014

Montreuil-Bellay… Montauban et les Républicains espagnols


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A Bernadette et José [Joseph] Gonzalez, mes hôtes attentionnés à Montauban, jolie ville de brique que je découvrais pour la première fois.


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1939 voit la fin de la Guerre d'Espagne. En septembre la France mobilise pour la Seconde Guerre mondiale et il faut construire rapidement des usines de guerre.
Le projet de la G.T.M. (Société des Grands Travaux de Marseille) est alors de bâtir une poudrerie sur les terres de la commune de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), loin du front traditionnel que sont l’Alsace et la Moselle. La G.T.M. est maîtresse d’œuvre et commande une dizaine de sous-entreprises différentes.

Le 24 janvier 1940, arrivent en gare de Montreuil-Bellay 250 Républicains espagnols, 8ème section de la 184ème CTE (Compagnie de Travailleurs Etrangers), à qui l’on demande de participer au chantier.  Ces hommes ont fui l’Espagne franquiste quelques semaines auparavant.

Témoignages que j’ai recueillis auprès de deux d’entre eux :

- Lesmes Garcia.
Dès mon arrivée sur le territoire français, on m’a interné dans le camp d’Argelès-sur-Mer. C’était fin 1938, avant la plupart de mes compatriotes, parce qu’étant dans l’aviation, j’avais pu fuir l’Espagne plus facilement. Février 1939, on m’a transféré à Gurs où les Basques et les aviateurs étaient alors regroupés avec les Brigades internationales.
Un jour, on a demandé des volontaires pour travailler, ceux qui n’étaient pas intéressés devant rester dans le camp. Un commando fut formé et nous avons été embarqués dans un train. Nous sommes enfin arrivés à Montreuil-Bellay après quelques haltes plus ou moins longues. […]
Un matin de juin [1940] […] le capitaine nous a dit : « Il n’y a plus d’espoir, chacun pour soi, Dieu pour tout le monde. » Les Allemands étaient annoncés dans la région. On nous a distribué des bons de ravitaillement pour Parthenay et nous avons tous fui le chantier.


- Manuel G. Sesma.
Je suis arrivé en France le 19 février 1939 et interné le même jour après une longue marche à pied au camp de Saint-Cyprien. C’était une vaste étendue de la côte méditerranéenne encerclée de fils de fer barbelé et gardée par des soldats sénégalais armés de fusils et de mitrailleuses. A ce moment-là, il n’y avait aucun baraquement. Tout et tous au grand air.
De Saint-Cyprien,  j’ai été transféré au camp de Gurs le 8 juillet 1939. Là, il y avait au moins des baraquements, sur un terrain marécageux où abondaient les rats et la boue.
Et au bout de six mois, j’y ai été enrôlé, de force, dans la 8ème section de la 184ème compagnie de travailleurs espagnols comprenant 250 individus. Notre destination était le Maine-et-Loire, et nous sommes arrivés à la gare de Montreuil-Bellay le 6 janvier 1940.

 En avril 1987, je suis allé retrouver Manuel Sesma chez lui, à Fitero
pour recueillir son témoignage.

En juin 2014, Maryse-Alice Gargaud, de l'association FRAIDA AN MARO DJI, me contacte pour me demander de participer aux Rencontres de Borredon début novembre à Montauban, et me met en rapport avec José [Joseph] Gonzalez, Président du CIIMER (Centre d’Interprétation et d’Investigation de la Mémoire de l’Espagne Républicaine) dont le siège est à la gare de Borredon (commune de Montalzat – 82) où, dans la semaine du 5 au 12 mars 1939, arrivèrent plus de 16.000 soldats républicains en provenance des camps de la Méditerranée et que l'association a achetée et aménagée en lieu de mémoire.


Les animations commencent le samedi 1er novembre à Montauban dans le temple protestant, Gran Rue Sapiac. Juan Francisco Ortiz, élève d'Ida Presti et d'Alexandre Lagoya donne un récital de guitare classique avec entre autres, au programme, des oeuvres d'Albeniz et de Maurice Jarre (Mourir à Madrid) et des préludes sur des poèmes de Frederico Garcia Lorca.

Juan Francisco Ortiz dans le Temple des Carmes.

Le lendemain matin, le dimanche 2, se déroule dans la gare de Borredon, où est présenté une exposition sur les Républicains espagnols pendant la Seconde Guerre mondiale, en France, avec évocation du camp nazi de Mauthausen, en Autriche. Des panneaux rappellent le calvaire des Tsiganes dans des camps en France.

La gare de Borredon autrefois. (Tableau appartenant à José Gonzalez)

La gare aujourd'hui avec, devant, un wagon de voyageurs des années 1950.

Plaque mémorielle sur la façade de la gare.

Pendant les conférences dans la gare.


Après une chaleureuse agape dans la cour de la gare, il est temps de parcourir en voiture les six kilomètres que les Républicains ont couverts à pied en 1939 pour atteindre le camp de concentration de Septfonds.

L'exode des Républicains espagnols.
 (Statuettes exposées dans la gare de Borredon)

 Baraque 34 du camp devant l'église de Septfonds.

Plan du camp de Septfonds.

Nous gagnons tous ensuite le cimetière de Sepfonds où reposent des victimes du camp.



 Une tombe parmi les autres, celle de Luis Carraux Ruiz.

Le lendemain, lundi 3, c'est l'hommage à Manuel Azana.


Manuel Azaña
dernier président de la IIe République espagnole
en exercice avant la victoire franquiste
Entré en France le 4 février 1939, il décède le 3 novembre 1940 au siège montalbanais de la Légation du Mexique, sis à l’Hôtel du Midi, où il avait reçu asile en vue d’entraver les manœuvres des polices pétainiste et franquiste visant à son enlèvement ; le 5 novembre, son cercueil est amené au cimetière de Montauban recouvert d’un drapeau mexicain, en manière de réplique contre l’interdiction du drapeau républicain, signifiée par les autorités vichystes.



Manuel Azana, portrait officiel  Deux documents extraits du Net.

Montauban ; l'hötel du Midi est l'immeuble à gauche de la cathédrale.

L'attente de la gerbe devant le cimetière de Montauban.
De face, José Gonzalez et son épouse Bernadette.

La tombe de Manuel Azana (1880-1940).

Enfin, l'après-midi, je donne une conférence sur les Tsiganes dans un amphithéâtre de l'ancien Collège :
- Qui sont les nomades que l'on interna ?
- Le camp de concentration de Montreuil-Bellay, à l'origine une poudrerie en partie construite de janvier à juin 1940 par des Républicains espagnols embrigadés.

Pour retrouver ces deux conférences, cliquer sur les liens ci-dessous :
http://camp-montreuil-bellay.eklablog.com/ces-tsiganes-que-l-on-interna-p104741
http://jacques-sigot.blogspot.fr/2008/08/montreuil-bellay-un-camp-de.html

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 à Jean-Luc, gentil compagnon et précieux guide pour la découverte de Montauban.

Parmi d'autres, deux images de cette jolie ville...

La Place Nationale avec son exceptionnelle double rangée d'arcades.

La mort du dernier centaure 
d'Antoine Bourdelle, comme Ingres, enfant de Montauban.




7 oct. 2014

Balade dans le nord des Deux-Sèvres

     Des amis me demandent de leur faire découvrir quelques sites remarquables proches de ma petite ville de Montreuil-Bellay (0) ; aussi partons-nous pour le nord des Deux-Sèvres ; en ce début d'octobre, détente culturelle entre deux journées aux vendanges.

Cliquer sur les documents pour en agrandir certains.
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       Le premier arrêt est pour voir de la route le très beau château de Bois-de-Sanzay (1) récemment restauré.

Photo du Net.

       C'est ensuite la visite de Thouars (2) qui est un peu la grande sœur jumelle de Montreuil, toutes deux bâties sur un tertre au-dessus de la rivière du Thouet.
Dans l'église Saint-Laon qui jouxte la Mairie, une mise au tombeau.

  
Dans le centre ville, l’église Saint-Médard.
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             Sculptures du portail principal de l'église Saint-Médard.
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Passer devant le château ; emprunter une passerelle avec vue sur la vallée encaissée et les jardins des rives du Thouet.
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Tourner dans le quartier Saint-Jacques qui domine la rive gauche de la rivière... avant de descendre au Pont des Vendéens. Ce nom lui a été donné en souvenir de mai 1793 quand l'armée royale et Catholique a investi la ville qui lui avait ouvert ses portes sans vraiment combattre. Le général républicain Pierre Quétineau savait que les Vendéens quittaient les villes aussitôt après qu'ils les avaient "prises", aussi avait-il épargné à Thouars les souffrances d'une bataille inutile. La République lui fit payer cette sagesse en le fusillant le 17 mars 1794...


Côté rive gauche, découvrir les ruines de la barbacane qui protégeait l'entrée de Thouars au sud.

Du pont, vaste vue sur le château, la chapelle gothique et la rivière avec son déversoir sur lequel ont échoué des troncs d’arbre abandonnés là par des crues.
 

Prendre maintenant la route à trois voies qui file tout droit vers Niort... et l'Espagne. Dès que commence la descente dans une première vallée, emprunter une petite route sur la gauche qui conduit au vieux pont médiéval de Luzay (3) sur le Thouaret, affluent du Thouet. Le pont fait un coude en son milieu.
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Dès que l’on a rejoint la grande route, une petite sur la gauche conduit à Saint-Généroux (4).

 Le vieux pont médiéval accolé à un pont moderne. A l'arrière-plan, l'église.

 Demander la clé de l’église carolingienne au café/hôtel proche.

L'intérieur de l'église avec son mur ajouré qui sépare la nef du chœur.

Au sud de l'église, les ruines d'un ancien baptistère ?


 Saint-Jouin-de-Marnes (5). Eglise de pèlerinage avec déambulatoire. 

La façade très riche...

 ... avec une représentation de la luxure.
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L'intérieur.

 Le chevet tourné vers la vallée de la Dive.

Dans la rue qui passe devant l'église,
les siècles qui se sont succédé ont laissé des traces moins somptueuses...

Puis c'est la rencontre de la merveilleuse petite église solitaire de Noizé (6).  "Son" village a disparu au cours de guerres de religion.

La vieille église de Noizé et son cimetière.

L'intérieur de l'église...

Au pied du mur entre la nef et le chœur,
une insolite Fuite en Egypte 
avec trois pyramides au centre.

Passer devant le château de Oiron (7)

 Photo du Net.

Le château a été vendu à Madame de Montespan en 1700 pour son fils le duc d’Antin.

C'est maintenant le retour vers Montreuil-Bellay avec passage obligé au Pont de la Reine-Blanche (8) de Curçay-sur-Dive.
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 Le vieux pont roman enjambe la Dive de ses deux arches.

 Deux "touristes" bretonnes ravies de la découverte.

Dames couvertes.
Dommage qu'il eût plu,
autrement, cela eût encore plus plu...

A Montreuil-Bellay, nous attend au château de la Salle (9) la traditionnelle bernache des soirs de vendanges...
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