21 août 2009

Le château de Montreuil-Bellay

Ce dossier est consultable en parallèle avec
Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou. (Voir dans le "Plan du blog").

Photos Jacques Sigot, sauf mention spéciale. Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Le château, de jour, vu du ciel.

De nuit, de la rive gauche du Thouet qui coule à son pied.

Visite du château de Montreuil-Bellay, même s'il serait plus juste, comme nous le verrons, d'écrire des châteaux de Montreuil-Bellay.
Auparavant, il faut rappeler que son premier bâtisseur, Foulques Nerra, ne l'a pas fait construire sur un site gallo-romain comme il est parfois dit. Aucune trace d'un tel habitat n'a jamais été mis à jour, et l'on sait que les Romains ont préféré s'installer le long d'une ligne plus à l'est, passant pas Bron et Antoigné, plutôt que sur le bord d'un tertre irrégulier qui domine la rivière du Thouet.
Foulques n'a pas non plus érigé son donjon seigneurial à l'extrémité de ce tertre d'où il aurait pu faire surveiller la plaine du Poitou, mais à proximité d'un gué et d'une petite église sise au carrefour de deux importants axes de circulation afin de les protéger. Une ligne de ponts gothiques parallèle à ce gué a remplacé ce gué au XVème siècle ; elle aboutissait au pied de la forteresse (0 sur le plan). L'ouvrage s'est effondré plusieurs fois, définitivement en 1577. Voir Le Thouet à Montreuil-Bellay dans le plan du blog, chapitre 1.
Il ne reste rien de cette première fortification des premières décennies du XIème siècle qu'un long siège opposant Geoffroy le Bel, dit Plantagenêt, comte d'Anjou, à Giraud Berlay, l'impétueux seigneur de Montreuil, a entièrement détruit en représailles en 1151. A moins que la forme curviligne de l'enceinte actuelle ne conserve le tracé des douves d'alors...

Plan ci-dessous emprunté aux actes du Congrès archéologique en Anjou de 1964 (page 414). J'ai ajouté quelques tracés et les légendes.



Légendes illustrées du plan ci-dessus


1 - L'enceinte fortifiée - courtines et tours - subsiste du château bâti au début du XIIIème siècle par Guillaume IV, vicomte de Melun et comte de Tancarville, seigneur de Montreuil-Bellay, après que l'Anjou a été rattaché à la France par Philippe Auguste en 1205. Les Capétiens construisent des courtines rectilignes et des tours cylindriques quand les courtines de leurs prédécesseurs étaient curvilignes et les tours à plan carré ou barlong.


1a - 1b -1c : Certaines parties des châteaux conservent des constructions du XIIIème siècle.
1a : La Capitainerie, porte d'entrée de la forteresse médiévale. 1b : Façade sud-est avec, sur la gauche, deux énormes tours quasiment aveugles très rapprochées. 1c : Façade nord du Château-Neuf dans laquelle ont été ultérieurement ouvertes de nombreuses fenêtres.

Les douves sont sèches et descendent en pente régulière jusqu'au niveau de la rivière.

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2 - Courtine dominant le Thouet, endroit où elle est la plus haute. Elle est bâtie en petit appareil typique du XIIIème siècle. Les tourelles étaient à l'origine vraisemblablement couvertes de hourds en bois comme nous pouvons le voir ci-après dans le dessin de Gaignières (1699).

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3 - Vestiges de l'ancien donjon de la forteresse capétienne du XIIIème siècle. Ce donjon est encore visible sur un dessin de Gaignières de 1699.

L'un de mes correspondants, passionné par les fortifications médiévales, m'a envoyé un dessin de ce donjon que l'on voit donc en partie dans le dessin de Gaignières, et qui fut rasé en 1808.





Lors d'une récente visite au château, en avril 2010, je me suis aperçu que les vestiges de la base du donjon qui avaient été dégagés ont disparu du regard pour raison de sécurité.
Ce que l'on voit aujourd'hui :



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4 - La cuisine du château. Au Moyen Age, la cuisine était un bâtiment indépendant pour écarter les risques d'incendie. Celle du château de Montreuil-Bellay, adossée à la courtine, est assez remarquable pour que Emmanuel Violet-le-Duc, qui la date de la fin du XIVème siècle, la prenne comme exemple dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française d'où est extraite le dessin ci-après (en coupe parallèle à la façade de la photo ci-dessous).




Elle est à foyer central. Sa haute toiture est à trois pans. L'une des entrées était protégée par un auvent que l'on peut voir dans le dessin. L'on remarque aussi dans ce dernier l'une des deux cheminées à manteau construites ultérieurement sur les murs latéraux, et dans la photographie les deux hauts conduits en briques.

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5 - La barbacane. Les barbacanes étaient des ouvrages avancés construits pour protéger les entrées principales des forteresses. Elles ont souvent disparu lorsque les châteaux, après la fin de la Guerre de Cent Ans, sont devenus d'agrément. Celle de Montreuil est habituellement datée du XVème siècle quand je la pensais plus ancienne vu la nature du matériau utilisé. Elle est dite "à gorge ouverte", c'est-à-dire qu'elle n'est pas fermée. Ainsi, les assaillants qui l'auraient prises se seraient retrouvés directement sous le feu des assaillis de la Capitainerie. Un boulevard à hauteur permettait aux hommes de circuler et de tirer à travers les meurtrières modifiées par la suite pour l'usage des couleuvrines.
Deux ponts-levis isolaient la barbacane, l'un de la Place des Ormeaux, l'autre de la Capitainerie que l'on voit à l'arrière-plan.

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6- Le Château-Vieux ou Châtelet est la première construction entreprise par la famille des d'Harcourt qui vient d'hériter du fief en 1415. Le Château-Vieux s'appuie contre la Capitainerie (1a) et sa façade sur la cour haute s'ouvre de nombreuses fenêtres.

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7 - Le Petit-Château ou Logis des chanoines est daté des 1450. Il se compose de quatre habitations particulières indépendantes avec rez-de-chaussée et étage, chacune possédant son escalier dans une tourelle à demi en hors d'oeuvre.

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8 - Le Château-Neuf, dont la construction a commencé vers 1485 sur ordre de Guillaume d'Harcourt est en partie inclus dans la forteresse du XIIIème siècle (1c). C'est le château proprement dit. Il possède, dit-on, le plus large escalier à vis de France, éclairé par les six fenêtres à meneaux cruciformes de la tour au premier plan. Les travaux d'aménagement, arrêtés vers 1505, sont repris par l'érchitecte saumurois Joly-Leterme qui habille le pignon est laissé en attente et y ouvre l'entrée principale.

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9 - La collégiale du Château. Construite par les d'Harcourt à partir de 1572 en remplacement de l'ancienne chapelle castrale, elle est consacrée en 1484. Elle devient église paroissiale en 1810. Longue de 44 m, large de 12 et haute de 18, elle n'a qu'une seule nef de cinq travées.

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10 - Porte du Moulin, 11 - Porte du Boëlle, 12 - Tour du Boëlle et nouvelle porte ouverte dans la muraille en 1669 pour détourner la circulation de la basse-cour que se réservent dès lors les seigneurs.

Pour plus de détails, se reporter au dossier Montreuil-Bellay ville close de l'Anjou (adresse dans le "Plan du blog"), clichés 7, 5 et 4.


La tour du Boëlle est construite dans le lit du Thouet. Le Boëlle, parfois écrit Boele, Boile, ou Baile, désignait à l'origine une palissade de pieux qui formait des lices autour d'une fortification. Puis le mot a progressivement défini l'espace qu'il enfermait et le Boëlle devint synonyme de basse-cour, la cour au-dessous du château où se trouvaient les communs et où se réfugiaient les villageois en cas de danger.

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13 - Les celliers du château, construits au XVème siècle dans le prolongement de la basse-cour, furent modifiés au XIXème.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Bravo pour ces photos..blle promenade dans ce château si bien préservé.

Merci

Georges