14 mai 2012

Montreuil-Bellay en 1938 et en 1926


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Montreuil-Bellay dans des publications anciennes...

- Dans un guide officiel édité en 1938 par leSyndicat d'Initiative de l'Anjou.


- Dans une coupure de journal avec un précieux article d’André Hallays décrivant ma petite ville, et principalement son ensemble castral. J’ignore le titre du journal et quand a été publié cet article. Pourtant, au verso de celui-ci, une publicité me permet de supposer son origine – presse parisienne – et une date approximative de sa parution : été 1926. En effet, j’y découvre les lignes suivantes : Train spécial à prix réduit pour Fontainebleau, Thomery et Moret. Pour favoriser les excursions dans la région de Fontainebleau, la compagnie des chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée met en marche, tous les dimanches, jusqu’au 19 septembre 1926, un train spécial à prix réduit
Voici cet article en son entier avec le dessin qui l'accompagne.


Notre France

Montreuil-Bellay

De mon excursion à Montreuil-Bellay, j’ai rapporté le souvenir d’un beau château, d’un site charmant, de vieilles peintures très précieuses et de quelques historiettes propres à intéresser les balzaciens. D’ailleurs, c’est le charme de toutes les promenades en France que ce pêle-mêle d’impressions variées, ce divertissement alterné des yeux et de l’imagination : l’histoire, évoquée par l’élégante tourelle qui surgit au faite du coteau chargé de verdure et de fleurs, le paysage entrevu dans le cadre que lui dessine la croisée d’un vieux logis, le murmure du passé mêlé au chantonnement des rivières sinueuses et au frémissement des peupliers, les longues routes égayées de belles ruines, de vallées ombreuses et d’anecdotes imprévues.

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Une ceinture de vieux remparts enveloppe Montreuil-Bellay. Des grosses tours à bossages encadrent la porte du bourg, qui apparaît blanc, propre et fleuri derrière ses lourdes murailles. Quelques jolies maisons de la Renaissance se détachent parmi les constructions modernes. Les jardinets débordent de roses. Des lauriers touffus décorent la cour de petites auberges. Sur le coteau escarpé, au pied duquel coule le Thouet, se dresse le château ; ses murs et ses tours font partie des défenses de la ville.
Du vieux château féodal, il reste peu de chose. La barbacane à double porte, les tours massives de l’entrée, le sombre logis des hommes d’armes, voilà les seuls débris de la citadelle du moyen âge. Le château neuf date de la seconde moitié du XVe siècle. Ces tours élégantes, ce joli promenoir qui suit les terrasses, ces petites tourelles effilées, c’est l’aube de la renaissance. La recherche de la beauté, la passion de la vie ont transformé la vieille forteresse.
Elle a la grâce un peu maniérée de cette époque indécise et charmante, la vieille collégiale du château, devenue maintenant la paroisse du bourg. Décors de feuillages et de choux frisés, niches ajourées, nervures prismatiques, fenêtres trilobées, on y trouve toute l’ornementation du flamboyant, un peu simplifiée par le vandalisme des hommes et les injures du temps. La nef est superbe, d’un jet vif et puissant.

Revenons à la cour du château. Voici les vieilles cuisines dont le seul aspect évoque l’idée de formidables ripailles. Elles ont trois cheminées : deux qui se font face, accolées aux murailles, et une troisième au centre de la salle. Le foyer de cette dernière est placé sous une haute pyramide de briques ; on y ferait rôtir des brochettes de moutons.
A côté des cuisines, appuyé au mur d’enceinte, s’élève un châtelet en forme d’équerre, avec quatre petites tours rondes à demi engagées dans la construction. Les fenêtres ont leur double meneau. Les lignes des toitures sont d’une délicate simplicité. Rien ne saurait rendre l’élégance de ce petit logis qui servit, dit-on, d’habitation aux chanoines de la collégiale.
L’édifice principal est le fragment d’un château inachevé. De la muraille qui, provisoirement, fermait la construction vers l’est, on a fait une sorte de façade et, sur ce pignon, l’on a ouvert des fenêtres surmontées d'arcatures fleuries. Regrettons un peu ces fenêtres importunes, mais sans trop y insister : les vieux châteaux sont mieux conservés lorsqu’ils continuent d’être habités, mais encore faut-il qu’ils soient habitables pour les hommes d’aujourd’hui ; d’ailleurs, Montreuil-Bellay semble entretenu avec goût et intelligence…
Dans la chapelle domestique du château, nous avons la vision la plus parfaite et la plus claire de cet âge charmant de l’art français que fut la fin du XVe siècle…
« A gauche de la chapelle est un petit bosquet avec un jardin fruitier. Ce terrain est en forme de pointe de chemise et peut contenir un demi-arpent. Ce jardin a une galerie qui règne sur la rivière avec des tours en cul-de-lampe et crénelées qui font un assez bel effet au-dehors par leur propreté et leur élévation. Cette galerie a aussi été découverte il y a environ quarante ans. »
Cette description date du XVIIIe siècle (*). Rien n’a été depuis modifié en cet endroit.

On accède à ce promenoir par une jolie tour d’escalier aux fines balustrades. Par l’embrasure de chacun des créneaux de la galerie, le regard plonge dans la vallée du Thouet. Jusqu’à la rivière, un flot de ronces et de verdures ruisselle sur des décombres de terrasses et des ruines de murailles. Le Thouet se divise par des îlots plantés de saules et de peupliers, et ses eaux paresseuses dorment sous les nénuphars d’or. Ça et là émergent les débris d’un pont très ancien. Au milieu d’un jardin aux frondaisons désordonnées, se cachent les pans de mur et l’abside à demi écroulée de l’église romane d’un prieuré de bénédictins. Sur l’autre rive, le coteau s’élève par une inclinaison plus molle vers les champs et la forêt.

(*) Description rédigée vers 1760 par les ordres du duc de la Trémoille lorsqu'il fit l'acquisition de la baronnie de Montreuil-Bellay.


- En dehors de la lithographie et de la photographie ancienne, clichés de Jacques Sigot.


Photo ancienne correspondant au dessin (DR)

Le même site, hiver 2005...

et le 25 mai 2012.

Montreuil-Bellay 1926 
en images d'aujourd'hui...

L'ensemble castral au XIXème siècle
Lithographie de Thomas Drake (1818-1895) 

Photographié le 25 mai 2012.

En maintenant sur les pas d'André Hallays...

Une ceinture de vieux remparts enveloppe Montreuil-Bellay.

Des grosses tours à bossages encadrent la porte du bourg.
Voir : Dossier sur les bossages


Quelques jolies maisons de la Renaissance...


Sur le coteau escarpé... se dresse le château ;
ses murs et ses tours font partie des défenses de la ville.
Voir : Le château de Montreuil-Bellay

 La barbacane à double porte...

Les tours massives de l'entrée...

Le château neuf date de la seconde moitié du XVe siècle.

... la vieille collégiale du château, 
devenue maintenant la paroisse du bourg.

La nef est superbe, d'un jet vif et puissant.

Ce joli promenoir, qui suit les terrasses... 

On accède à ce promenoir 
par une jolie tour d'escalier aux fines balustrades.

Voici les vieilles cuisines... 
Le foyer... est placé sous une haute pyramide de briques... 

... un châtelet en forme d'équerre, 
avec quatre petite tours rondes 
à demi engagées dans la construction. 

Le Thouet se divise parmi des îlots plantés de saules et de peupliers.
Voir : Le Thouet à Montreuil-Bellay

Çà et là émergent les débris d'un pont très ancien.


... et l'abside à demi écroulée de l'église romane 
d'un prieuré de bénédictins. 
Sur l’autre rive, le coteau s’élève par une inclinaison 
plus molle vers les champs et la forêt.

Merci de votre visite...

Dans l'abside de l'ancienne église paroissiale
ce chapiteau des 2 langues, tout un programme...
la sagesse médiévale :
Ce que l'on pense et ce que l'on dit...
Alors, méfions-nous de ce l'on nous dit...
Vous voilà prévenus !

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