22 mars 2011

Biographies du blogger

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Montage Guy Ducornet

Sur la Terre, nous ne sommes que des étrangers, 
que des voyageurs.
(Apollos de Césarée, Epître aux Hébreux, 11 : 13
Bible, Nouveau Testament)


La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. 
(André Malraux) 

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Voir aussi une variante de cette biographie dans un second blog.


Dans le Loiret...
- Naissance à Boiscommun, le 20 janvier à 20 heures, ce qui me permet de bénéficier en toute extrémité du signe « Verseau »... qui me plaît bien.


La plus ancienne photo que j'aie de moi.
Je suis à droite, avec mon frère Pierre.
L'on m'a dit qu'elle a été prise peu après le décès de notre mère.

La maison de Boiscommun et son épicerie dans les années 1940.
Je suis perché sur le camion avec mon frère Pierre.

                          La maison natale à Boiscommun dans les années 1990.
                                                    
Branche paternelle, Villereau (Loiret),
1 et 2 : grand-père Albert Sigot, et grande-mère Germaine, née Aujard.
3 - père : Pierre,
Oncles et tantes (fratrie incomplète).

Branche maternelle, Aschères-le-Marché (Loiret)
Grand-mère Louisa et grand-père Octave Vappereau.
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- Deux sœurs puis deux frères m’ont précédé ; deux demi-sœurs sont nées après moi.

Première photo où nous sommes tous les sept, dans les années 1950. Dans l'ordre des naissances : Paulette, Micheline, André, Pierre, Jacques, [...] Françoise, Jacqueline.

 Première photo où nous nous retrouvons tous les sept, adultes, en 1990, après les vicissitudes de la vie. De gauche à droite : André, Micheline, Jacques, Jacqueline, Paulette, Françoise et Pierre.


- 1942, la mort de notre mère à 29 ans ; j'en ai deux et demi. Je ne garde aucun souvenir d'elle vivante... seules quelques rares photographies me permettent de l'imaginer...
Une image floue : je monte un escalier pour aller voir "maman au ciel"...
Famille éclatée.
Christiane, ma tante et marraine me dira que, toujours malade et pleurnichard, je fatiguais ma mère qui était très fatiguée à la fin, quand mon frère Pierre, très câlin, était son chouchou. Ce vide de tendresse aux premiers temps explique sans doute les difficultés de ma vie sentimentale d'adolescent et d'adulte.


                                          Ma mère, née Louise Vappereau.

 - Deux images de la guerre, également floues :
    Alors que nous sommes à la sortie du bourg de Boiscommun, nous regardons au loin des lueurs d'incendie. Montargis bombardé ?
     L'arrivée des Américains dans Boiscommun libéré ; un soldat me monte sur un tank en me levant du sol à bout de bras... j'ai un peu plus de 4 ans et demi.

- Jeunes années que je situe fin 1944 : à Neuville-aux-Bois (Loiret) chez ma grand-mère paternelle, le plus souvent avec mon frère Pierre et mon cousin Jean-Marie. Notre grand-frère André part travailler très jeune, et nous vivons très peu avec lui.

 
 Avec mon frère Pierre, à gauche, mon aîné de 18 mois. 1946 ?

Ci-dessous, avec mes deux frères, André et Pierre.


 1945 ?


 1947 ?


Dans la cour des Lévesque, Neuville-aux-Bois, en avril 1956 
lors d'une permission, m'écrit André.
Sur ces trois clichés des trois garçons, et je n'en connais pas d'autres, 
nous sommes chaque fois placés pareillement, André au centre, Pierre à droite, et moi à gauche...

Je vis avec Pierre toute mon enfance, surtout à Neuville-aux-Bois, donc, entre Beauce et Forêt d'Orléans, et je ne comprends pas pourquoi nous sommes séparés au début des années 1950. Je suis envoyé, à 12 ans, suivre mes études dans le cours complémentaire de Châteauneuf-sur-Loire alors que lui était au collège de Pithiviers depuis deux années.

A Neuville-aux-Bois, le souvenir des prisonniers allemands qui curent les fossés du bourg avec des boîtes de conserves, qui creusent le ballast de la ligne de chemin de fer, tout près de chez notre grand-mère où ils entreposent leurs outils le soir...

 La maison de grand-mère, et la ligne de chemin de fer Orléans/Malesherbes.

- Ecole primaire, essentiellement à Neuville-aux-Bois ; Messieurs Laloup et Mérine, mes instituteurs.
- Cours complémentaire à Châteauneuf-sur-Loire, de 1952 à 1956.

L’été, je travaille en Beauce, à Crottes-en-Pithiverais, comme chef de presse à la batteuse. Rencontre avec le monde des chemineaux, bougres plutôt âgés qui "cheminent" d’un petit travail à un autre pour gagner quelque argent qui leur permet d'aller un peu plus loin. La nuit quand, trop fatigué, je ne me sens pas la force de rentrer à bicyclette à Neuville, je couche sur la paille des granges avec les chemineaux ; certains me racontent leur errance incertaine.
Je travaille à la presse, au cul de la batt'rie, comme on disait alors, et je dois enfourner les fourchettes, chacune séparant deux ballots de paille. Dès qu'une fourchette est enfoncée, j'enfile le fil de fer qui m'a été envoyé dans la rainure inférieure de la fourchette ; de l'autre côté de la presse, mon collègue - mon frère Pierre, mon aîné de 18 mois, la première année -  qui me renvoie "mon" fil par la rainure supérieure. Je peux alors nouer les deux extrémités du fil afin que le ballot soit attaché. De son côté, mon collègue assume la même tâche répétitive avec le fil du bas. Mais lui n'enfonce pas les fourchettes, travail supplémentaire du "chef de presse".
Les deux porteux d'ballots officient au bout de la presse.
Le plus pénible, c'est le bruit, et surtout la poussière quand nous battons à l'intérieur d'une grange ; seul le tracteur "tourne" à l'extérieur.
Les journées sont très longues, du lever du soleil à son coucher, surtout en été, puisque la batteuse, c'est du 15 juillet au 30 septembre.
Je gagne autant qu'un adulte, même plus que certains, étant chef de presse...
Il est une seconde saison de battage en hiver, mais je suis alors "à l'école".

Une fourchette, récupérée en 2009 chez Roger Taffoureau, 
fils de l'entrepreneur chez qui j'ai travaillé.
Restaurée par mon ami Jean Guilbaud, 
grand molinologue devant l'Eternel.

Voir par ce lien une scène de batteuse... pour touristes. A 1 mn 25 s, la presse en action.
 http://www.dailymotion.com/video/xuuyp3_batteuse-presse_people#.URUDoGfL384


 Notre père a lui aussi travaillé à la batteuse en Beauce, 
dans les années 1920.

Il faut faire très attention pour que la mâchoire de la presse n'écrase pas la fourchette si par malheur celle-ci est partie en travers, sinon toute la batteuse s'arrête pour qu'elle soit ressortie et redressée...
En règle générale, l'homme sur la meule - ou sur le tas dans la grange - jette les gerbes pour qu'il y en ait trois en même temps sur le tapis roulant qui les porte jusqu'à la gueule de la batteuse après qu'un homme a coupé la ficelle qui tenait chacune. Des fermiers, pour gagner du temps... et donc de l'argent, demandent parfois à l'homme d'en envoyer une quatrième, ce qui donne un excès de paille ; nous  devons alors "courir" pour effectuer notre travail. Mais parfois, la presse s'engorge et "bourre". Nouvel arrêt général au désespoir du fermier qui nous paie à l'heure...
Les chemineaux... et je pense avec tendresse au poème Les mangeux d'terre, écrit en patois de mon enfance par mon compatriote beauceron Gaston Couté, mort à 31 ans en 1911, il y a juste 100 ans... Les mangeux d'terre, ce sont les paysans qui rognent chaque année les chemins communautaires pour agrandir d'autant leurs champs.
Déjà le sédentaire et le nomade...

Y avait dans l'temps, un biau grand ch'min,
Chemineau, chemineau, chemine ! 
A c't'heur' n'est pas pus grand qu'ma main...
Par où donc que j'cheminerai d'main ?
                        Gaston Couté


Sur une rive du canal de Briare à la fin des années 1950
avec Lucette, la fille que la troisième épouse de notre père avait eue avant de le connaître.
C'est avec Lucette que j'ai le plus vécu enfant et adolescent.

- Ecole normale d’instituteurs d’Orléans, de 1956 à 1959.

 La promotion 1956-1960 de l'école normale d'Orléans.
Reçu le 12ème, je suis le 3ème à partir de la gauche au rang supérieur.

Expulsion le 12 mars 1959, pour cause amoureuse,  le blé en herbe...
Le 12, "mon" nombre, que je retrouverai dans le Pendu, 12ème arcane majeure du Tarot traditionnel.

Je me retrouve exilé dans l'école normale, dite "disciplinaire" de Beauvais, dans l'Oise.
L'été, au lieu de la batteuse, je suis plusieurs années moniteur à Mimizan-Plage, dans une colonie de vacances du Ministre de l'Agriculture. D'agréables mois d'août en communauté dans les Landes remplacent la poussière et le bruit des granges beauceronnes.

 Mimizan-Plage, enfants et moniteurs devant la porte du réfectoire.

 Les colons faisaient exprès d'envoyer le ballon dans les pins
pour me voir grimper les y quérir...


Le sport :
A 15 ans, je remporte par surprise - croyant être près de la ligne d'arrivée, je m'extrais seul seul du peloton de tête, mais il y a encore un tour à parcourir... et personne ne me rattrape !!! La première course à laquelle je participe : le challenge du nombre, quand tous les collégiens de Châteauneuf-sur-Loire étaient engagés d'office.
L'OCO (L'Olympic Club Orléanais, club d'athlétisme) me demande aussitôt de prendre une licence. En 1956, je cours avec Mimoun et Jazy aux championnats de France de cross country à Gien... Grandes joies, mais aussi grandes souffrances tant le cross demande de courage pour aller au bout quand on a souvent le désir d'arrêter ; mais ce serait l'exclusion du club, alors on continue...
La piste est moins "difficile".

Dans l’Oise...
- Ecole normale d’instituteurs - dite disciplinaire - de Beauvais, la bonne hôtesse, de 1959 à 1961. Emile Foëx, son directeur, qui m'aide à franchir le "no man's land".

 Une photo très très rare, juillet 1959, base aérienne de Saint-Raphaël :
le Jacques en militaire ! Je participe à un stage d'un mois à Antibes
 en récompense de ma place de premier à la préparation militaire.
Manœuvre pour obtenir des sursis... voir ci-dessous...

- Echecs volontaires successifs au baccalauréat - je ne suis présent qu'à la première épreuve, celle de philo - pour cause de guerre en Algérie, les échecs me permettant de redoubler, de bénéficier de sursis dont j'abuse... sauf un certain février qui donne des points supplémentaires pour la session de juin. Le normalien qui est reçu devient vite titulaire et doit aussitôt partir pour l'Algérie... alors, la seule solution, pour ne pas "partir" est donc d'échouer.

Sport : 1960, ma dernière grande course, en sénior (je suis à l'extrême droite de la photo). "Seulement" quatrième, mais il faut dire que mes nombreux voyages à bicyclette, Beauvais/Orléans et retour, sont un handicap pour l'athlétisme, ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent.

- Pion pendant une année au cours complémentaire de Méru (Oise), la plus sombre à ce jour de mon existence... entre le travail à l'internat quand les autres sont en congé dominical, et l'attente angoissée, chaque année, de la feuille qui doit m'envoyer en Algérie.
- Rentrée 1960 : je remplace l'instituteur des grands à l'école annexe de l'école normale de Beauvais. Emile Foëx, le directeur de l'EN, vient parfois s'asseoir au fond de ma classe pour me voir travailler ; pour se distraire, m'a-t-il confié...

 Ajout le samedi 9 mai 2015. Richard Manigot (le 3ème au dernier rang en partant de la gauche) vient de m'envoyer cette photo de classe, ma Première Classe !!!


Mon cher directeur m'envoie encadrer des classes de neige - deux fois un mois, en jannier et en mars de cette année 1960) à Samoëns et à Morzine. Un grand soleil. Je termine l'année scolaire à remplacer des instituteurs en congé dans les écoles de Beauvais. A Notre-Dame-du-Thil, je n'ai pas souvent de cours, et je "fais" du secrétariat. Je "m'amuse" à remonter 9 mois avant la date de naissance de tous les élèves pour découvrir quand ils ont été conçus. Le début du printemps, le mois d'août et Noël présentent de grands pics de rapports procréateurs... bizarre... vous avez dit bizarre ? Non, même pas...
- Instituteur « suppléant éventuel » à Briot, de 1961 à 1962 ; je remplace l'instituteur titulaire en congé/maladie ; Gismonde et Dominique, mes gentils voisins et collègues.
- Puis c'est Ménantissart, hameau perdu du fond de l’Oise picarde, de 1962 à 1966. Une classe unique, de 20 à 30 élèves de 2 à 15 ans. Nanti, vie agreste.
L'été, je suis moniteur de colonie de vacances à Mimizan-Plage, colonie du Ministère de l'Agriculture.
Jocelyne rime avec médecine...

Août 1963, moniteur dans la colonie de Mimizan-Plage.
Dessiné par un collègue.

Je passe le brevet supérieur, en deux parties, qui me permet d'être titularisé. C'est Emile Foëx, mon "ange gardien", qui corrige mes épreuves de français...

"Ma" première école dans un hameau de moins d'une centaine d'habitants. Murs en torchis, pignon ouest couvert de bois. La classe est derrière les deux fenêtres à volets pleins du rez-de-chaussée. 

 Mes premiers élèves (1963 ou 64 ?) 
Christine (premier rang, la troisième à partir de gauche)
est une petite Parisienne, confiée à sa grand-mère qui habite le hameau
parce que trop jeune pour être scolarisée dans la grande ville.

Le soir après la classe, ou le jeudi, je vais souvent aider à la ferme d'André et de Nadine Van Ooteghem, ferme qui est juste de l'autre côté de la rue/route. Parfois, quand ils partent en week-end, c'est moi qui assume la traite, avec la grand-mère ; rassurez-vous, c'est une trayeuse électrique. Il arrive qu'André m'appelle pour tirer avec lui sur la corde quand une vache peine à mettre son veau au monde. Toute une technique que j'apprends vite. Le miracle de découvrir le nouveau-né essayer maladroitement de se dresser sur ses quatre pattes et, dès qu'il y est parvenu, de le voir gambader comme un grand garçon. 
Je bine les betteraves, ou je laboure une parcelle au tracteur... jusque tard dans la nuit parce qu'il m'est inconcevable d'arrêter si je n'ai pas terminé. Un soir, tard, André vient me chercher, inquiet de ne pas m'avoir vu rentrer pour dîner.. J'ai toujours aimé la terre, la nostalgie de celle de Beauce de mon enfance.
En échange, il y a toujours une assiette à la table familiale pour le maît' d'école qui n'est pas fier, ou un litre de lait pour la "trempée" du soir dans ma chambre solitaire du premier étage de l'école.

Je gerbe les bottes de paille 
à Nadine, "ma patronne", et à Marceau Fontaine, sur la charrette.

L'école ferme après mon départ, achetée et restaurée en maison d'habitation par un couple d'Anglais.

 La vieille école de Ménantissart, hameau de la commune de Saint-Thibault,
est devenue une élégante résidence secondaire pour Britanniques.

Juillet 2008. Nadine, ici avec les propriétaires,
 m'accompagne dans ce qui fut la salle de classe.
Au fond à gauche, l'escalier qui conduisait à la seule chambre du premier étage.

 










Claudette en 1962, en Picardie à Ménantissart, et en Anjou à Montreuil-Bellay, avec son instituteur d'autrefois qu'elle est venue retrouver quelque cinq décennies plus tard.



 Au Maroc...
- Meknès, de 1966 à 1973 : coopération culturelle, pour cause de non affinité avec l’uniforme.
Invention du Bonheur.



 Recto du contrat d'engagement,
des obligations à respecter.
Clique sur le document pour le lire plus aisément.

 Meknès, la médina.

Je deviens "Marocain" le 26 octobre 1966.
Jacques devient Yacoub.















 


Dans la médina de Meknès, automne 1967.




- Septembre 1967, après un voyage déterminant à Saint-Jacques-de-Compostelle, via La Plancade en Aveyron, chez Michèle et Pierre Alary, c'est le mariage surprise au Consulat de France à Meknès, et pour ma dame, en la cathédrale de Rabat.

    Geneviève et Jacques, rue de Toulon, à Meknès, le 18 sept. 1967

La jeune épousée, la même semaine sur le même balcon.

- Rencontre avec l'Histoire, l’Islam, le cinéma, le théâtre et le tarot.

 Dans l'une de mes classes du collège Riad à Meknès, en 1968.

Dans le Maine-et-Loire...
- Montreuil-Bellay, de 1971, l’achat d’une ruine au-dessus du Thouet ; sa restauration.
- 1973, l’installation en Anjou. Jusqu’à ce jour ; jusqu’à toujours ?
- Instituteur au Coudray-Macouard de 1973 à 1995, beau village non perdu à l’est de l’Anjou.

 Le Coudray-Macouard, année scolaire 1976-1977

Grandes filles du CM2 de ma dernière année d'instituteur
1994/1995

Dessiné par Mikaël Verneau (11 ans), l'un de mes élèves de l'école du Coudray-Macouard.

- 23 décembre 1977, naissance de Jenny, mon dernier poème, le plus beau.
Charlie Chaplin décède le lendemain.

                                                                  Jenny à 4 mois.

- 1979, rencontre avec l’histoire de Montreuil-Bellay.
- 1982, édition de mon premier ouvrage, sur les Guerres de Vendée à Montreuil-Bellay. Des livres, toujours des livres, drogue dure.
- Des voyages, encore des voyages, drogue douce.
- Juin 1983, publication de mon ouvrage sur le camp de concentration de Montreuil-Bellay : Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, aux éditions Wallâda. Trois autres éditions suivent en 1995, 2010 et 2011.
Jacques devient Tchopa, nom donné par Redcha, la maman de Jean-Louis Bauer, dit Poulouche ; tous deux furent internés à Montreuil-Bellay.

Jenny et Jacques, en 1987. (Photo de Pierre Sigot)

- 16 janvier 1988 : Inauguration d'une stèle sur le site du camp de concentration de Montreuil-Bellay en hommage aux Tsiganes/nomades qui y ont souffert pendant la Seconde Guerre mondiale. Télégramme de remerciements de Simone Veil.

- Années 1990 : Important travail sur le drame d'Oradour à la suite de la rencontre de Robert Hébras, l'un des rares survivants du massacre. Vivre presque de "l'intérieur" avec Robert et son épouse Christiane cette autre page de la Seconde Guerre mondiale qui tient une telle place dans mes recherches.

- Novembre et décembre 2008 : Jenny épouse un Olivier en Suisse. Zürich, gare centrale du Monde.

 Jenny et Jacques, le 6 décembre 2008, 
à la Fraumünster de Zürich ; avant...

 Jenny et Olivier ; après...

* Année 2009
- Le 17 mai : Croqué  "attelé à une verdine" par Willem, lors d'une rencontre à un salon de la bande dessinée à Cholet.



* Année 2010
- en février : sortie du film Liberté, de Tony Gatlif qui a pris dans mon ouvrage sur le camp de Montreuil son personnage principal, Taloche, interprété à l'écran par James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin.
- en juillet : classement du camp dans l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
- en août : le président de la République fait la chasse aux Roms.
- en août : les médias nationaux s’intéressent à mon travail. Toute la page 3 du Monde : http://camp-montreuil-bellay.eklablog.com/un-article-dans-le-monde-pleine-page-3-a2936164

* Année 2011
- Le 1er mars 2011 me voit chevalier des Palmes académiques, ce qui me dédommage des attaques très basses des deux derniers maires de Montreuil.

- Mai 2011 : 4ème édition de mon ouvrage sur l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay pendant la Seconde Guerre mondiale.



- 26 novembre : Naissance d'Adrien Sigot Müller à Zürich.


                                                Adrien et Jacques à Zürich en mars 2012
                                                      

* Année 2012
- Avril 2012, sortie du documentaire Montreuil-Bellay, un camp tsigane oublié, réalisé par Alexandre Fronty (Zoulou Compagnie), programmé plusieurs fois par la chaîne LCP Assemblée Nationale.
Un grand impact : nombreux courriers, mails ou appels téléphoniques.

- 10 juillet 2012 : Conférence à la Médiathèque de Nantes sur les ponts à transbordeur.
Parallèlement à cette conférence, rédaction d'une brochure sur l'historique des ponts à transbordeur en France et dans le monde, et évocation du projet de l'Association des Transbordés qui ambitionne la construction d'un nouveau pont à transbordeur moderne pour permettre de sauvegarder la vocation maritime de Nantes.


- Octobre 2012, sort à Zürich le premier livre de notre fille Jenny, roman sur le métier d'interprète de conférence qu'elle exerce en Suisse où elle vit : Entre deux voix.  http://www.entre-deux-voix.com/


 - 26 novembre 2012, passage à France Culture où je dois parler de mon "métier" d'historien local. Emission : Fabrique de l'histoire. Mon itinéraire : une émission à France Culture.


 Photo ajoutée le dimanche 20 janvier 2013, jour de mon 73ème anniversaire.


Et le P'tit Suisse, Adrien...



Le dimanche 31 mars 2013.

Le 30 novembre 2013 à Angers.
Adrien a deux ans + 4 jours.

Puis, le 4 décembre 2014, est arrivée Sonia, Geneviève, Anna, la petite sœur helvète...


Le 12 mars 2015,
Adrien et Sonia dans leur monde privilégié...

Aujourd'hui...
Des voyages, le plus de voyages que je pourrai...
Des livres, toujours des livres... boulimie qui m'aide à vivre... laisser une trace ?

Dans la Vallée de la Mort (USA, Californie), juin 2013.


*
* *

Acte de foi... laïque
Au retour de la Collégiale du Château pour un dernier adieu à l'ami André Jolivet qui nous a brusquement quittés en ce mars 2013. Le rituel catholique qui prêche la résurrection des corps... Le grand mystère de la mort dont je parle par ailleurs [Naître, vivre et mourir]. Il est pour moi aussi vain, aussi stupide d'affirmer l'existence comme la non existence d'un quelconque dieu [Dieu]. Je ne suis ni croyant ni athée, me pensant agnostique. Heureux ceux qui croient, sages ceux qui ne croient pas et qui néanmoins assument leur passage sur cette terre.
Mon étrange agnosticisme si, au hasard de mes innombrables et riches voyages, je vais sur les lieux dits du Christ, ceux de sa naissance - dans l'église de la Nativité à Bethléem...

Ci-contre, ce que l'on dit être la grotte où serait né le Christ, à Bethléem.















               


Ci-contre : Dans le Saint-Sépulcre, à Jérusalem.

- et de sa mort - l'église du Saint-Sépulcre...
- ainsi que sur ceux où sa mère vécut - sa maison à Nazareth - et où elle mourut - dans la maison de Jean, à Ephèse, en Turquie.
 La maison de Marie, à Nazareth.

Mais je visite pareillement des lieux symboliques, mythiques : des musulmans [et serais volontiers allé à la Mecque si le site n'était pas interdit au non-musulmans], des bouddhistes, des zoroastriens...
Etrange destinée si ma fille est née, en avance et quasiment au solstice de l'hiver, au-dessus d'un temple dédié à Mithra - temple découvert récemment lors de la démolition de la clinique Saint-Louis à Angers où elle vécut ses premiers jours.

Demain...

J’aime sans doute trop la Vie qui n’a jamais su me donner ce que je lui demandais : sa raison d’être. Nous savons seulement qu’il y aura tout naturellement la mort au bout du chemin, enveloppante, rassurante, libératrice. 
L’erreur est-il de chercher un sens à cette vie ? L'épopée de Gilgamesh, le plus vieil écrit de la main de l’homme, m’a pourtant prévenu il y a longtemps : La vie que tu cherches, tu ne la trouveras pas... 
(http://jacques-sigot.blogspot.fr/2010/06/naitre-vivre-mourir.html), mais je n’aurai pas su être sage et je cherche ce sens qui m'échappe. L’éternel questionnement de l’agnostique qu’ignore le croyant.
C'est Sartre, je crois, qui donne une réponse à cette quête : Quand je me suis aperçu que je n'étais que le fils de mon père et de ma mère, j'ai été déçu, je me croyais davantage. 
Alors, orphelin de ma vie et ne trouvant pas cette réponse en moi, je me suis nourri et je me nourris, tel un vampire, de la vie des autres. Par exemple de celles de Gaston Couté et d’Alphonse Toussenel, mes compatriotes beauceron et angevin ; ou collective... de celle des membres du réseau Buckmaster saumurois et de celle des internés du camp de Montreuil-Bellay, de tous ces êtres oubliés, ignorés que j’ai voulu faire revivre, vivre.
Et de celle des autres, de tous les autres qu'offrent tous mes travaux d'écriture... tous mes voyages... les voyages d'où l'on revient... jusqu'au dernier d'où l'on ne revient pas...

S'il faut, en attendant, bien remplir les jours, les remplir bien.

Codicille...

Comment l'homme, un homme au "cogito brisé", un homme fragile, obéré par le poids de l'échec ou de sa finitude, peut-il poursuivre sa quête du sens, de soi, des autres et du monde, ne pas renoncer à être juste, et maintenir son effort ou son désir d'exister ? 
Robert Maggiori, L'art d'Eco, in Libération du jeudi 14 mars 2013, page VII.

Mes passions

… dans l’ordre chronologique (?), même si la plupart continuent…

- Jusqu’à 22 ans, le sport que j’ai pratiqué en compétitions : l’athlétisme. Et j’ai même couru avec Jazy, Mimoun lors de championnats de France de cross à Gien (Loiret). Un souvenir parmi d’autres : le directeur de l’école normale de Beauvais – où j’ai « atterri » après avoir été mis à la porte de celle d’Orléans – est venu me voir à Paris, au stade Charlety, courir le 800 m des championnats d’Académie où je représentais seul son établissement.
Aujourd’hui encore, le besoin de l’effort physique, mais maintenant surtout à bicyclette.

- Le cinéma. Comme cinéphile, et j’ai dirigé de grands cinés-clubs : celui de Meknès, au Maroc, pendant quatre années ; celui de Saumur dans les années 1970 ; puis comme cinéaste amateur, en 16 mm : films sur le Maroc, sur Montreuil-Bellay, sur un sculpteur sur pierre, etc.
- L’ésotérisme et la mystique. Etude pendant cinq années du tarot, à partir d’innombrables ouvrages pour essayer d’en comprendre le message, son pouvoir. Je tire à l’occasion les cartes, surtout à l’issue de conférences, mais « scientifiquement », chaque carte ne disant que ce qu’elle enseigne.
Toutes ces études sur le symbolisme, le mysticisme, l’ésotérisme, les religions ont pour seul but de comprendre qui nous sommes : notre origine, notre psychologie, et non pas une fuite dans un autre monde, monde extra ordinaire que je nie.

- L’Histoire, et par celle-ci, je recherche encore l’homme dans ses actes et ses pensées ; l’individu plus que l’événement.
Cette passion est née au Maroc où j’ai vécu et travaillé de 1966 à 1973, de 26 à 33 ans. J’ai essayé, toujours essayé, de comprendre cette civilisation si différente de la nôtre, civilisation dans laquelle je vivais. J’ai donc travaillé en profondeur l’Islam et le monde berbère, le sens de la tribu, du groupe agnatique, et la place de l’individu dans ce groupe
Et tout naturellement, quand je suis rentré en France, j’ai étudié ma nouvelle ville et ses habitants. Pour commencer dans le passé proche : la guerre de Vendée de 1793 à Montreuil-Bellay, et j’ai écrit un premier ouvrage sans prendre parti, ni pour les Blancs, les Royalistes, ni pour les Bleus, les Républicains, découvrant la misère, la peur des uns comme des autres, privilégiant les Montreuillais, délaissant les chefs chantés par les uns, méprisés par les autres. Montreuil-Bellay, ville bleue prise une nuit par les Blancs, ville ballottée par l’Histoire, écartelée, sacrifiée comme tout homme par les guerres.
Puis ce fut l’étude d’une Histoire plus proche, celle d’un camp de concentration à la porte de ma ville de 1940 à 1945, temps occulté qui a vu passer successivement toutes sortes de victimes ; et j’étais bien obligé de chercher quelle eût été ma place derrière les barbelés électrifiés…
Enfin, ce fut le travail sur la ville elle-même, et sur ses habitants. Les Montreuillais m’ont ouvert leur maison, leurs archives personnelles, leurs souvenirs.
Et ainsi s’ébauche une Histoire que j’appellerais, que j’espérerais « intégrale ». Un millier de spectateurs, sur une population de quelque 4.000 habitants, ont vu le film et l’exposition qui a eu lieu en 1981. L’histoire de chacun pour chacun, à la recherche de son passé, de soi, pour se connaître, savoir que l’on existe avec d’autres.
- L'écriture, pour dire.

- Les voyages, cette autre passion, et j’ai visité toutes les terres que je voulais connaître, du Pérou à la Chine ; quasiment toute l’Europe et la plupart des pays musulmans… Des pays difficiles, mais fascinants : la Birmanie, le Yémen, la Libye. Trois fois la Russie, surtout pour Leningrad et Saint-Pétersbourg…
Le dernier rêve programmé, peut-être en avril 2014 :  Java et le temple de Borobodur…???

 Mannequin, parce que choisi par les organisateurs dans mon groupe de touristes
lors d'un voyage en Turquie en novembre 1997.
Ne faut-il avoir tout fait au cours d'une vie ?...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Quelle rencontre !!!

Je me souviens de toi sacré lascar, cycliste impresssionnant.....
Nous sommes dans le temps de la mémoire !
Les miennes en
https://sites.google.com/site/histoiresdunrepublipedago/

Anonyme a dit…

l'anomyme se nomme
Jean Pierre Dubreuil

vois aussi :

http://ecolenormale.jimdo.com/

Anonyme a dit…

Je revois ce cycliste barbu qui, en 4ème année ,à Beauvais , rentrait d'Orléans tous les débuts de semaine
Nous l'admirions, pour sa pilosité et ses exploits amoureux, nous, pauvres bizuths.
Peur-être bénéficiait-il de la bienveillance du Better ou de celle de Mémène ?
Amical bonjour d'un qui a été ton contemporain à l'EN mais en plus jeune.