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4 avr. 2012

Le printemps 2012 du camp de Tsiganes de Montreuil-Bellay


Attention :
- Le 27 avril à 21 h 05 : La chaîne LCP AN programme un documentaire de 52 mn d'Alexandre Fronty :
Montreuil-Bellay, Un camp tsigane oublié
.

Cliquer sur le lien pour plus d'informations (pages 1 et 2) :
http://www.lcp.fr/IMG/pdf/LCP_-_Bulletin_des_programmes_-_semaine_17-2.pdf


................................................*
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Avril 2012, un mois particulièrement généreux pour la Mémoire de l'ancien camp de concentration pour Tsiganes de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).

- Le 2 avril, Jean Richard (Jean-Jean), vice-président de L'AMCT, m'a accompagné pour aller chercher à Nantes une maquette du camp réalisée il y a une vingtaine d'années pour une exposition des Anneaux de la Mémoire. Cette maquette, qui avait disparu depuis, a été récemment localisée par la DRAC de Nantes.
Sans que j'en eusse jamais été informé, son auteur avait travaillé à partir de mes travaux puisque j'y découvris mes photos et, surtout, des erreurs que j'ai corrigées grâce à de nouvelles recherches.
Il m'arrive souvent de retrouver fortuitement des plans ou des documents empruntés - pour ne pas dire plus - à mes publications ; quand ce ne sont pas certains "emprunteurs" qui ne me connaissent plus... après que je les ai aidés.

Cliquer sur les visuels pour les agrandir


- Dès le 9 avril : La revue Actualité de l'Histoire, des éditions parisiennes HC, publie dans son numéro d'avril un important dossier sur l'internement des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale et sur le camp de Montreuil-Bellay.

- Des camps pour les Tsiganes ?
- Montreuil-Bellay, un camp de concentration ?
- Qui sont les Tsiganes ? Nomades, Manouches, Gitans, Roms, Bohé-
miens...

Ce dossier m'a été demandé à la suite de ces paroles "malheureuses" de François Hollande à Canal + le 12 février dernier, interrogé par Anne- Sophie Lapîx, reprises subjectivement par des journalistes... :
Il faut des règles européennes pour éviter que nous reconnaissions cette circulation [des Roms] encore et encore. Ensuite, qu'il y ait des camps qui puissent être ceux de notre propre décision, c'est-à-dire éviter que ces populations s'installent n'importe où. On organise une solution. [...] C'est de la responsabilité de l'Etat.

Page 70 de la revue Actualité de l'Histoire, avril 2012

Page 4

- Si vous ne trouvez pas cette revue dans votre Maison de la presse, elle peut vous la commander en lui fournissant le code barre :

ou en le commandant directement à Actualité de l'Histoire 12, rue Labrouste - 75015 Paris.
6, 20 € + 2.90 € (frais de port).


- Le vendredi 13 avril : A 11 h, accueil d'élèves du Lycée Roc Fleury de Ruffec (Charente) pour une visite commentée du site du camp. Les lycéens ont auparavant participé à une animation sur la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, animation organisée par le Centre de la Résistance de Thouars.


Les lycéens de Ruffec sur le toit de l'ancienne prison du camp.
Au premier plan, la stèle commémorative.

Cliquer sur les photos pour les agrandir...

- Le 27 avril à 21 h 05 : La chaîne LCP AN programme un documentaire de 52 mn : Montreuil-Bellay, Un camp tsigane oublié.

http://www.lcp.fr/IMG/pdf/LCP_-_Bulletin_des_programmes_-_semaine_17-2.pdf

Synopsis : S'inspirant des travaux de Jacques Sigot qui l'a aidé à retrouver des acteurs et des témoins de cette histoire, Alexandre Fronty (Zoulou Compagnie, zc@zouloucompagnie.com) réalise un documentaire sur le camp de Montreuil-Bellay et sur l'internement des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce film, qui raconte un drame oublié dont les rescapés tsiganes et leurs enfants parlent avec réticence et douleur, sera programmé fin avril 2012 par la chaîne télévisuelle LCP AN.


Inédit dans ce film : la reconstitution virtuelle très réaliste du camp.

J'ai légendé la partie centrale du camp, extraite de la reconstitution virtuelle du film d'Alexandre Fronty. (Copyright Zoulou Compagnie et Jacques Sigot).

- Le 28 avril : Comme chaque année le dernier samedi du mois d'avril depuis 1990, a lieu à 10 h 30 sur le site de l'ancien camp - inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis juillet 2010, et proposé récemment au classement, cette fois, comme Monument historique - une cérémonie nationale en hommage aux Tsiganes victimes de la Seconde Guerre mondiale.
Cette année, L'AMCT (Association des Amis de la Mémoire du Camp Tsigane de Montreuil-Bellay) organise, ce même jour après la cérémonie, son assemblée générale ouverte à tous, avec projection du film d'Alexandre Fronty (amphithéâtre du Lycée Agricole Edgard Pisani).
La maquette du camp sera pour la première fois exposée.

- Le 29 avril à 15 h, à Sainte-Maure-de-Touraine : Animation autour de la projection de Liberté, de Tony Gatlif qui a emprunté à mon ouvrage le personnage principal de son film, Taloche, interprété par James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin.


6 sept. 2011

Une curiosité montreuillaise

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Au n° 70 de la rue de la Mairie, était au XVe siècle une apothicairerie, ancien nom des actuelles pharmacies. Les curieuses sculptures en bois qui encadrent la porte d’entrée illustrent la préparation de la pommade à la merde du jour, de l'onguent dia merdis, en latin benoîtement plus « correct ».

En voici la recette, du moins la mienne : Vous prenez l'un de ces diablotins qui courent l’imaginaire médiéval, bien disposé, à point ; ni trop constipé, ou ce serait pour lui oeuvre douloureuse que de s’exonérer, ni sujet à la diarrhée, ou gare aux éclaboussures. Vous lui demandez de s’exécuter en un mortier bien propre et vous l'encouragez à faire. Ce qu'il fait, voyez ses deux mains qui aident…

Que l'un de ses compères en diablerie malaxe vigoureusement au pilon les matières ainsi délivrées afin de les bien mélanger pour obtenir une pâte onctueuse à souhait.

Pendant ce temps, l'homme de science à barbe de prophète portant son grand livre dans la main va vérifier si tout est comme il convient, si c'est bien merde du jour et non pas celle de la veille... ou du lendemain.



















Cuillerez maintenant, et délicatement, une once du précieux onguent et couvrez en la douleur de votre patient. Et tant mieux s'il guérit, quand seule la foi pourra le sauver. Ne jamais oublier qu’il ne vous est alors permis de ne soigner que le dehors de votre semblable quand Dieu garde pour lui l'exclusivité du dedans. Et tant pis pour notre malade s'il souffre de l'appendicite pour laquelle notre onguent n’a nulle efficacité, le Très-Haut, dans son immense Bonté, ayant donné l'appendice iléo-cæcal à sa noble créature.

Sourions, Maître François est peut-être passé par là, car enfin, Montreuil-Bellay n'est pas très loin de la Devinière, le pays de Rabelais.

31 août 2011

Montreuil-Bellay Le camp de concentration de la route de Loudun


Brochure : Le camp de concentration de la route de Loudun.
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, n° 6, septembre 2011.
ISBN: 978-2-905941-06-0 une publication sur l'ancien camp de la route de Loudun, sous forme d'une brochure 21/29,7 cm très illustrée.
Cliquer sur les documents pour les agrandir.





Sommaire :
- p. 2 : Remerciements.
- p. 3 : Un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale Montreuil-Bellay 1940-1945
- pp. 4 à 18 : Un camp pour les Tsiganes... et tous les autres ; historique du camp.
- p. 8 : Le camp provisoire de la Motte-Bourbon (encadré).
- pp. 10 et 11 : Le camp vu par la presse de Vichy.
- pp. 12 à 14 : Le camp vu par les Religieuses.
- pp. 15 à 17 : Le camp vu par un ancien interné.

Aristide avait une douzaine d'années quand il a été interné à Montreuil avec sa famille. Le 16 janvier 1945, lui et les siens étaient transférés dans le camp de Jargeau (Loiret) où il est ici photographié en communiant (1ère rangée, 1er en partant de la droite).


Ci-dessous, la page 17 de la brochure avec trois des six dessins de mémoire d'Aristide.


- p. 18 : Aux civils allemands de connaître les barbelés angevins, de janvier à novembre 1945.
- p. 19 : Le camp vendu aux enchères en octobre 1946.
- pp. 20 à 22 : Un camp sauvé de l'oubli.
- p. 23 : Vestiges visibles ou disparus.
- pp. 24 et 25 : Des images à oublier.
- pp. 26 et 27 : Chaque année, le dernier samedi d'avril.
- pp. 28 et 29 : Le camp de Montreuil-Bellay dans la presse.
Le JDD du samedi 7 août 2010 ; Le Monde du mardi 10 août 2010.
- Le camp de Montreuil au cinéma.

Ci-dessous, la page 25 de la brochure...


- p. 32 : Le camp de Montreuil-Bellay aux Editions Wallâda.



- 8 €, aux éditions de la Houdinière, 273, rue de la Salle 49260 Montreuil-Bellay.
- 10 €, par envoi postal, franco de port. (adresse ci-dessus)

Ci-dessous, la page 32 de la brochure.


Pour de plus amples informations sur cette 4ème édition :
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/08/montreuil-bellay-un-camp-de.html

5 août 2011

Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou

Brochure Montreuil-Bellay n° 1
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, septembre 2011, 8 euros.
ISBN : 978-2-905941-05-3
-Photographies de l'auteur, sauf mention spéciale.
(Cliquer sur les documents pour les agrandir)


En 1993, sortait aux éditions CMD, aujourd'hui disparues, une brochure de 40 pages (format 145/210 mm) depuis longtemps épuisée.
Je viens d'entreprendre une seconde édition très enrichie qui reprendra le résultat de toutes mes recherches depuis 1973, date de mon installation définitive à Montreuil-Bellay. Elle se présentera en un premier temps au format 210/297 mm qui offre une lectu
re plus confortable des plans, dessins et photographies qui illustrent le texte.





Plan de la brochure qui présente trois parties de l'ouvrage définitif, brochure que l'on peut seulement se procurer auprès de l'auteur.

* Montreuil-Bellay, naissance d'une ville
- Montreuil-Bellay au XVème siècle.
- Montreuil-Bellay en 1772.
- Montreuil-Bellay en 1905.

* Le Thouet
- La source ; dans le Saumurois.
- Les moulins.
- Les ponts.
- La navigation.

* Suivez le guide
- Les remparts de la ville close.
- Curiosité montreuillaise : l'onguent dia merdis.

Cette publication est le fruit du travail personnel d'un instituteur, travail le plus souvent original, et qui acceptera toutes les critiques argumentées, pourvu qu’elles soient d’honnête femme ou homme, remarques et critiques susceptibles de faire progresser la connaissance de ce gros bourg chef-lieu de canton, autrefois à la tête de la seconde Election de l’Anjou qui allait au-delà de Cholet.

- Ainsi, quand certains historiens le disent, sans preuves, construit sur un ancien site romain, je propose une toute autre origine suite à la « lecture » des vieux cheminements qui le traversent et des cartes qui le citent.

- Je suis pareillement tenté de m'écarter de l’explication traditionnelle du nom, Montreuil-Bellay, que ces mêmes historiens font dériver de monasteriolum, sous prétexte qu’y fut établi un monastère dès le XIème siècle. C'est sans doute vrai, mais ayant interrogé la topographie de la plupart des 32 villes françaises portant ce nom, j'aimerais le faire dériver de mons rivuli (éminence près d’une rivière), ces villes ayant été quasiment toutes bâties sur un tertre au-dessus d’un cours d’eau ou de la mer.

Pour Bellay, nous le pensons plus volontiers altération orthographique de Berlay, nom des premiers seigneurs du fief (du XIème au XIIIème siècles), qu’allusion à Joachim du Bellay, poète angevin dont la famille vivait en aval de Bouchemaine. La famille possédait bien une propriété dans la région, mais pas à Montreuil ; elle se trouvait au nord de la Loire, en amont de Saumur.

- Cette nouvelle édition me permet de corriger une erreur de la première : Montreuil-Bellay n'est pas la dernière ville close des 32 qui le furent autrefois en Anjou ; un lecteur me l'a fait gentiment remarquer en m'écrivant que Pouancé, presque à la limite avec la Loire-Atlantique, a également conservé une grande partie de son enceinte médiévale ainsi que d'anciennes portes fortifiées. Dont acte.

Page pour le blog qui ne figure pas dans la brochure mais qui sera publiée dans l'édition intégrale.

Avant l'An Mil


Montreuil-Bellay des origines à l’An Mil,
(d'après un plan dessiné par Patrick Fonteneau en 1993)

Si nous faisions abstraction de toutes les traces laissées par l’homme, nous ne verrions qu’une rivière qui, après avoir traversé le nord-ouest de la plaine poitevine, se fraie un passage entre deux escarpements ; de nombreuses petites îles encombrent son lit alors élargi.
C’est là qu’un premier habitat s’est installé en un temps indéterminé.
A l’origine, deux grands axes de circulation. Celtiques ? Romains ?
Le premier vient du nord. Il a franchi la Loire à Saumur, puis la Dive près de Saint-Just. Il pénètre dans le territoire de l’actuelle commune de Montreuil entre le Thouet qu’il longe et le château de Coux, passe sous le coteau de Saint-Eloi qui portera Saint-Hilaire-d’Aent [le Vieux], pour certains auteurs berceau de la future ville voisine, et qui, après sa destruction lors des Guerres de religion, traversera la rivière sous le nom de Saint-Hilaire-le-Doyen. Le cheminement continue ensuite en contre-bas du château de la Durandière, puis de Razibus.
C’est aussitôt après qu’il rencontre le second axe de circulation venu d’Angers [Andecavum] et qui vient de descendre du plateau par la rue Chèvre avant de traverser le Thouet par un gué, comme le rappelle le cadastre Napoléon. Il faut imaginer le lit de la rivière différent de ce qu’il est aujourd’hui, avec des eaux moins hautes puisque les chaussées qui la barrent n’existent pas encore.
C’est à l’endroit précis de la rencontre de ces deux axes, rive gauche, qu’une première église est bâtie aux temps du prosélytisme du catholicisme pour secourir les pèlerins et les pérégrinants… ou recueillir leurs oboles.
Puis le cheminement, devenu commun pendant quelques hectomètres, contourne l’escarpement de l’Ardenne avant de se partager aussitôt en deux : un chemin file alors vers le sud, Thouars et Bordeaux… l’autre vers l’est, Loudun et Poitiers.
L’invention de pointes de flèches préhistoriques et la présence de trois menhirs de l’âge du bronze le long de ces cheminements au pied du tertre confirment leur ancienneté.
Durant le premier millénaire de notre ère, les premiers habitats locaux ne sont sans doute qu’une suite de masures ou de simples abris troglodytiques à quelques mètres au-dessus des plus hautes eaux de la rivière. Ainsi, les coteaux de Saint-Eloi, de Razibus et de l’Ardenne pourraient avoir été les premiers sites colonisés.







Habitat troglodytique de coteau, rive droite du Thouet, à proximité de l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre, au pied du tertre, désaffectée en 1810.





Habitat troglodytique de plaine, rive gauche du Thouet. On a creusé la carrie sur laquelle ouvraient toutes les pièces qui l’entouraient. On y trouvait l’eau (le puits), le pain (le four) et le vin (le pressoir). La maison en surface ne fut construite qu’au milieu du XIXème siècle.


Au VIIIème siècle, des envahisseurs arabo-berbères vaincus en Poitou s’installent peut-être sur le coteau de l’Ardenne. La présence d’habitations sur un site pentu bien exposé au soleil – là où le soleil arde, d’où vraisemblablement l’origine du nom « Ardenne » - afin de ne pas empiéter sur la moindre parcelle de terre arable est typique de ce que l’on rencontre traditionnellement dans le Maghreb. Jusqu’à retrouver dans une vieille demeure tout un système de canalisations pour récupérer les eaux de pluie.
Toujours est-il que la configuration encore visible aujourd’hui des quartiers de l’Ardenne, de Razibus et des faubourgs d’Outre-les-Ponts qui longent la rivière au pied du tertre et du plateau nord-ouest peut justifier un peuplement antérieur à l’An Mil.
- Page 4 de la brochure :

- Page 5 :

22 mars 2011

Biographies du blogger

.
Montage Guy Ducornet

Sur la Terre, nous ne sommes que des étrangers, 
que des voyageurs.
(Apollos de Césarée, Epître aux Hébreux, 11 : 13
Bible, Nouveau Testament)


La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. 
(André Malraux) 

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Voir aussi une variante de cette biographie dans un second blog.


Dans le Loiret...
- Naissance à Boiscommun, le 20 janvier à 20 heures, ce qui me permet de bénéficier en toute extrémité du signe « Verseau »... qui me plaît bien.


La plus ancienne photo connue de moi.
Je suis à droite, avec mon frère Pierre.
L'on m'a dit qu'elle a été prise peu après le décès de notre mère.

La maison de Boiscommun et son épicerie, dans les années 1940.
Je suis perché sur le camion avec mon frère Pierre.

 La maison natale à Boiscommun, dans les années 1990.
                                                    
Branche paternelle, Villereau (Loiret),
1 et 2 : grand-père Albert Sigot, et grande-mère Germaine, née Aujard.
3 - père : Pierre,
Oncles et tantes (fratrie incomplète).

Branche maternelle, Aschères-le-Marché (Loiret)
Grand-mère Louisa et grand-père Octave Vappereau.
.
- Deux sœurs, puis deux frères, m’ont précédé ; deux demi-sœurs sont nées après moi.

Première photo où nous sommes tous les sept, dans les années 1950. Dans l'ordre des naissances : Paulette, Micheline, André, Pierre, Jacques, [demi-soeurs par notre père] Françoise, Jacqueline.

 Première photo où nous nous retrouvons tous les sept, adultes, en 1990, après les vicissitudes de la vie. De gauche à droite : André, Micheline, Jacques, Jacqueline, Paulette, Françoise et Pierre.


- 1942, la mort de notre mère, à 29 ans ; j'ai deux ans et demi.
Je ne garde aucun souvenir d'elle vivante... seules quelques rares photographies me permettent de l'imaginer...
Une image floue : je monte un escalier pour aller voir "maman au ciel"...
Famille éclatée.
Christiane, ma tante et marraine, me dira que, toujours malade et pleurnichard, je fatiguais ma mère qui était très fatiguée à la fin. Mon frère Pierre, très câlin, était son chouchou. Ce vide de tendresse aux premiers temps explique sans doute les difficultés de ma vie sentimentale d'adolescent et d'adulte.


         Ma mère, née Louise Vappereau.

 - Deux images de la guerre, également floues :
    Alors que nous sommes à la sortie du bourg de Boiscommun, nous regardons au loin des lueurs d'incendie => Montargis bombardé ?
     L'arrivée des Américains dans Boiscommun libéré ; un soldat me monte sur un tank en me levant du sol à bout de bras... j'ai un peu plus de 4 ans et demi.

- Jeunes années, que je situe fin 1944 : à Neuville-aux-Bois (Loiret) chez ma grand-mère paternelle, le plus souvent avec mon frère Pierre et mon cousin Jean-Marie. Notre grand-frère André part tra-vailler très jeune, et nous vivons très peu avec lui.

 
 Avec mon frère Pierre, à gauche, mon aîné de 18 mois. En 1946 ?

Ci-dessous, avec mes deux frères aînés, André et Pierre. 
Je suis à gauche.


 1945 ?


 En 1947 ? chez notre grand-mère, à Neuville-aux-Bois.


Dans la cour des Lévesque, à Neuville-aux-Bois, en avril 1956,
lors d'une permission, m'écrit André.
Sur ces trois clichés des trois garçons, et je n'en connais pas d'autres, 
nous sommes chaque fois placés pareillement, André au centre, Pierre à droite, et moi à gauche...

Je vis avec Pierre toute mon enfance, surtout à Neuville-aux-Bois, entre Beauce et Forêt d'Orléans, et je ne comprends pas pourquoi nous sommes séparés au début des années 1950. Je suis envoyé à 12 ans suivre mes études dans le cours complémentaire de Châteauneuf-sur-Loire, alors que Pierre, lui, était au collège de Pithiviers depuis deux années.

A Neuville-aux-Bois, le souvenir des prisonniers allemands qui curent les fossés du bourg avec des boîtes de conserves. Ils creusent ensuite le ballast de la ligne de chemin de fer, tout près de chez notre grand-mère chez qui, le  soir, ils entreposent leurs outils...

 La maison de grand-mère, et la ligne de chemin de fer Orléans/Malesherbes.

- Ecole primaire, essentiellement à Neuville-aux-Bois ; messieurs Laloup et Mérine sont mes instituteurs.
- Cours complémentaire à Châteauneuf-sur-Loire, de 1952 à 1956.

L’été, je travaille en Beauce, à Crottes-en-Pithiverais, comme chef de presse à la batteuse. Rencontre avec le monde des chemineaux, bougres plutôt âgés qui "cheminent" d’un petit travail à un autre pour gagner quelque argent qui leur permet d'aller un peu plus loin. La nuit quand, trop fatigué, je ne me sens pas la force de rentrer à bicyclette à Neuville, je couche sur la paille des granges avec les chemineaux ; certains me racontent leur errance incertaine.
Je travaille à la presse, au cul de la batt'rie, comme on disait alors, et je dois enfourner les four-chettes, chacune séparant deux ballots de paille. Dès qu'une fourchette est enfoncée, j'enfile le fil de fer qui m'a été envoyé dans la rainure inférieure de la fourchette ; de l'autre côté de la presse, mon collègue - mon frère Pierre, mon aîné de 18 mois, la première année -  me renvoie "mon" fil par la rainure supérieure. Je peux alors nouer les deux extrémités du fil afin que le ballot soit attaché. De son côté, mon collègue assume la même tâche répétitive avec le fil du bas. Mais lui n'enfonce pas les fourchettes, travail supplémentaire du "chef de presse".
Les deux porteux d'ballots officient à l'extrémité de la presse.
Le plus pénible, c'est le bruit, et surtout la poussière quand nous battons à l'intérieur d'une grange ; seul le tracteur "tournant" alors à l'extérieur pour éviter l'embrasement de la paille.
Les journées sont très longues, du lever du soleil à son coucher, surtout en été, puisque la batteuse, tourne l'été du 15 juillet au 30 septembre.
Etant chef de presse, je gagne autant qu'un adulte, même plus que certains...
Il est une seconde saison de battage, en hiver, mais je suis alors "à l'école".

Une fourchette, récupérée en 2009 chez Roger Taffoureau, 
fils de l'entrepreneur chez qui j'ai travaillé.
Elle a été restaurée par mon ami Jean Guilbaud, 
grand molinologue devant l'Eternel.

Voir par ce lien une scène de batteuse... pour touristes. A 1 mn 25 s, la presse en action.
 http://www.dailymotion.com/video/xuuyp3_batteuse-presse_people#.URUDoGfL384


 Notre père a lui aussi travaillé à la batteuse en Beauce, 
dans les années 1920.

Il faut faire très attention pour que la mâchoire de la presse n'écrase pas la fourchette si, par malheur, celle-ci est partie en travers ; sinon toute la batteuse s'arrête pour qu'elle soit ressortie et redressée... et nous ne sommes pas payés pendant les arrêts !
En règle générale, l'homme sur la meule - ou sur le tas dans la grange - jette les gerbes pour qu'il y en ait trois en même temps sur le tapis roulant qui les porte jusqu'à la gueule de la batteuse après qu'un homme a coupé la ficelle qui tenait chacune. Des fermiers, pour gagner du temps... et donc de l'argent, demandent parfois à l'homme d'en envoyer une quatrième, ce qui donne un excès de paille ; nous  devons alors "courir" pour effectuer notre travail. Mais parfois, la presse s'engorge et "bourre". Nouvel arrêt général au désespoir du fermier qui, lui, paie à l'heure...
Les chemineaux... et je pense avec tendresse au poème Les mangeux d'terre, écrit en patois de mon enfance par mon compatriote beauceron Gaston Couté, mort à 31 ans en 1911, il y a juste 100 ans ; Les mangeux d'terre, ce sont les paysans qui rognent chaque année les chemins communautaires pour agrandir d'autant leurs champs.
Déjà le sédentaire et le nomade...

Y avait dans l'temps, un biau grand ch'min,
Chemineau, chemineau, chemine ! 
A c't'heur' n'est pas pus grand qu'ma main...
Par où donc que j'cheminerai d'main ?
                        Gaston Couté


Sur une rive du canal de Briare, à la fin des années 1950,
avec Lucette, la fille que la troisième épouse de notre père avait eue avant de le connaître.
C'est avec Lucette que j'ai le plus vécu à la maison, enfant et adolescent.

- Ecole normale d’instituteurs d’Orléans, de 1956 à 1959.

 La promotion 1956-1960 de l'école normale d'Orléans.
Reçu le 12ème, je suis le 3ème à partir de la gauche au rang supérieur.

Expulsion le 12 mars 1959, pour cause amoureuse,  le blé en herbe...
Le 12, "mon" nombre, que je retrouverai dans le Pendu, 12ème arcane majeure du Tarot traditionnel.

Je me retrouve exilé dans l'école normale, dite "disciplinaire" de Beauvais, dans l'Oise.
L'été, au lieu de la batteuse, je suis plusieurs années moniteur à Mimizan-Plage, dans une colonie de vacances du Ministère de l'Agriculture. D'agréables mois d'août en communauté dans les Landes remplacent la poussière et le bruit des granges beauceronnes.

 Mimizan-Plage, enfants et moniteurs devant la porte du réfectoire.
Je suis le barbu entre deux monitrices, au premier plan à gauche.

 Les colons faisaient exprès d'envoyer le ballon dans les pins
pour me voir grimper l'y quérir...


Le sport :
A 15 ans, je remporte par surprise un cross à Châteauneuf-sur-Loire où je suis interne du cours complémentaire. Pensant être près de la ligne d'arrivée, je m'extrais seul du peloton de tête, mais l'on me dit alors sur la ligne, qu'il y a encore un tour à parcourir... V mon avance, personne ne me rattrape dans ce dernier tour !!!
La première course à laquelle je participe : le challenge du nombre, quand tous les collégiens de Châteauneuf-sur-Loire étaient engagés d'office.

L'OCO (L'Olympic Club Orléanais, club d'athlétisme) me demande aussitôt de prendre une licence. En 1956, je cours avec Mimoun et Jazy les championnats de France de cross country à Gien... Grandes joies, mais aussi grandes souffrances tant le cross demande de courage pour aller au bout quand on a souvent le désir d'arrêter ; mais ce serait l'exclusion du club, alors on continue...
La piste est moins "difficile".

Dans l’Oise...
- École normale d’instituteurs - dite disciplinaire - de Beauvais, la bonne hôtesse, de 1959 à 1961. Emile Foëx, son directeur, m'aide à franchir le "no man's land".

 Une photo très très rare ; juillet 1959, sur la base aérienne de Saint-Raphaël :
le Jacques en militaire ! Je participe à un stage d'un mois à Antibes
 en récompense de ma place de premier à la préparation militaire.
Manœuvre pour obtenir des sursis... voir ci-dessous...

- Echecs volontaires successifs au baccalauréat - je ne suis présent qu'à la première épreuve, celle de philo - pour cause de guerre en Algérie, les échecs me permettant de redoubler, de bénéficier de sursis dont j'abuse... sauf un certain février qui donne des points supplémentaires pour la session de juin. Le normalien qui est reçu devient vite titulaire et doit aussitôt partir pour l'Algérie... alors, la seule solution, pour ne pas "partir" est donc d'échouer.

Sport : 1960, ma dernière grande course, en sénior (je suis à l'extrême droite de la photo). "Seulement" quatrième, mais il faut dire que mes nombreux voyages à bicyclette, Beauvais/Orléans et retour, sont un handicap pour l'athlétisme, ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent.

- Pion pendant une année au cours complémentaire de Méru (Oise), la plus sombre à ce jour de mon existence... entre le travail à l'internat quand les autres sont en congé dominical, et l'attente angoissée, chaque année, de la feuille qui doit m'envoyer en Algérie.
- Rentrée 1960 : je remplace l'instituteur des grands à l'école annexe de l'école normale de Beauvais. Emile Foëx, le directeur de l'EN, vient parfois s'asseoir au fond de ma classe pour me voir travailler ; pour se distraire, m'a-t-il ultérieurement confié...

 Ajout le samedi 9 mai 2015. Richard Manigot (le 3ème au dernier rang en partant de la gauche) vient de m'envoyer cette photo de classe, ma Première Classe !!! les cours moyens de l'école annexe de  l'école normale de Beauvais.


Mon cher directeur m'envoie encadrer des classes de neige - deux fois un mois, en janvier et en mars de cette année 1960) à Samoëns et à Morzine. Un grand soleil.
Je termine l'année scolaire à remplacer des instituteurs en congé dans les écoles de Beauvais. A Notre-Dame-du-Thil, je n'ai pas souvent de cours, et je "fais" du secrétariat. Je "m'amuse" à remonter 9 mois avant la date de naissance de tous les élèves pour découvrir quand ils ont été conçus => au début du printemps, au mois d'août et à Noël apparaissent de grands pics de rapports procréateurs... Bizarre... vous avez dit bizarre ? Non, même pas...
- Instituteur « suppléant éventuel » à Briot, de 1961 à 1962 ; je remplace l'instituteur titulaire en congé/maladie ; Gismonde et Dominique, mes gentils voisins et collègues.
- Puis c'est Ménantissart, hameau perdu du fond de l’Oise picarde, de 1962 à 1966. Une classe unique, de 20 à 30 élèves de 2 à 15 ans. Nanti, vie agreste.
L'été, je suis moniteur de colonie de vacances à Mimizan-Plage, colonie du Ministère de l'Agri-culture.
Jocelyne rime avec médecine...

Août 1963, moniteur dans la colonie de Mimizan-Plage.
Dessiné par un collègue.

Je passe le brevet supérieur, en deux parties  ;, ce qui me permet d'être titularisé. C'est Emile Foëx, mon "ange gardien", qui corrige mes épreuves de français...

"Ma" première école, dans un hameau de moins d'une centaine d'habitants. Murs en torchis, pignon ouest couvert de bois. La classe est derrière les deux fenêtres à volets pleins ouverts du rez-de-chaussée. 

 Mes premiers élèves (1963 ou 64 ?) 
Christine (premier rang, la troisième à partir de gauche)
est une petite Parisienne, confiée à sa grand-mère qui habite le hameau
parce que trop jeune pour être scolarisée dans la grande ville.

Le soir après la classe, ou le jeudi, je vais souvent aider à la ferme d'André et de Nadine Van Ooteghem, ferme qui se trouve juste de l'autre côté de la rue/route. Parfois, quand ils partent en week-end, c'est moi qui assume la traite, avec la grand-mère ; rassurez-vous, c'est une trayeuse électrique. Il arrive qu'André m'appelle pour tirer avec lui sur la corde quand une vache peine à mettre son veau au monde. Toute une technique que j'apprends vite. Le miracle de découvrir le nouveau-né essayer maladroitement, aussitôt sorti du vendre de sa mère,  de se dresser sur ses quatre pattes. Dès qu'il y est parvenu, le voir gambader comme un grand garçon. 
Je bine les betteraves, ou je laboure une parcelle au tracteur... jusque tard dans la nuit parce qu'il m'est inconcevable d'arrêter si je n'ai pas terminé. Un soir, tard, André vient me chercher, inquiet de ne pas m'avoir vu rentrer pour dîner.. J'ai toujours aimé la terre, la nostalgie de celle de Beauce de mon enfance.
En échange, il y a toujours une assiette à la table familiale pour le maît' d'école qui n'est pas fier, ou un litre de lait pour la "trempée" du soir dans ma chambre solitaire du premier étage de l'école.

Je gerbe les bottes de paille 
à Nadine, "ma patronne", et à Marceau Fontaine, père d'élèves, sur la charrette.

L'école ferme après mon départ, achetée et restaurée en maison d'habitation par un couple d'Anglais.

 La vieille école de Ménantissart, hameau de la commune de Saint-Thibault,
est devenue une élégante résidence secondaire pour Britanniques.

Juillet 2008. Nadine, ici avec les propriétaires anglais,
 m'accompagne dans ce qui fut ma salle de classe.
Au fond à gauche, l'escalier qui conduisait à la seule chambre du premier étage.

 










Claudette en 1962, en Picardie à Ménantissart, et en Anjou à Montreuil-Bellay, avec son instituteur d'autrefois qu'elle est venue retrouver quelque cinq décennies plus tard.


 Au Maroc...
- Meknès, de 1966 à 1973 : coopération culturelle, pour cause de non affinité avec l’uniforme.
Invention du Bonheur.



 Recto du contrat d'engagement,
des obligations à respecter.
Cliquer sur le document pour le lire plus aisément ?

 Meknès, la médina.

Je deviens "Marocain" le 26 octobre 1966.
Jacques devient Yacoub.















 


Dans la médina de Meknès, automne 1967.




- Septembre 1967, après un voyage déterminant à Saint-Jacques-de-Compostelle, via La Plancade, en Aveyron, chez Michèle et Pierre Alary, c'est le mariage surprise au Consulat de France à Meknès, et, exigée par ma dame, la cérémonie religieuse en la cathédrale de Rabat.

    Geneviève et Jacques, rue de Toulon, à Meknès, le 18 sept. 1967

La jeune épousée, la même semaine sur le même balcon. rue de Toulon, à Meknès.


 Dans l'une de mes classes du collège Riad à Meknès, en 1968.

- Rencontre avec l'Histoire, l’Islam, le cinéma, le théâtre et le tarot.

Dans le Maine-et-Loire...
- Montreuil-Bellay, de 1971, l’achat d’une ruine au-dessus du Thouet ; sa restauration.
- 1973, l’installation en Anjou. Jusqu’à ce jour ; jusqu’à toujours ?
- Instituteur au Coudray-Macouard de 1973 à 1995, beau village non perdu à l’est de l’Anjou.

 Le Coudray-Macouard, année scolaire 1976-1977

Grandes filles du CM2 de ma dernière année d'instituteur
1994/1995

Dessiné par Mikaël Verneau (11 ans), l'un de mes élèves de l'école du Coudray-Macouard.

- 23 décembre 1977, naissance de Jenny, mon dernier poème, le plus beau.
Charlie Chaplin décède le lendemain.

                                                                  Jenny à 4 mois.

- 1979, rencontre avec l’histoire de Montreuil-Bellay.
- 1982, édition de mon premier ouvrage, sur les Guerres de Vendée à Montreuil-Bellay. Des livres, toujours des livres, drogue dure.
- Des voyages, encore des voyages, drogue douce.
- Juin 1983, publication de mon ouvrage sur le camp de concentration de Montreuil-Bellay : Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, aux éditions Wallâda. Trois autres éditions suivent en 1995, 2010 et 2011.
Jacques devient Tchopa, nom donné par Redcha, la maman de Jean-Louis Bauer, dit Poulouche ; tous deux furent internés à Montreuil-Bellay.

Jenny et Jacques, en 1987. (Photo de Pierre Sigot)

- 16 janvier 1988 : Inauguration d'une stèle sur le site du camp de concentration de Montreuil-Bellay en hommage aux Tsiganes/nomades qui y ont souffert pendant la Seconde Guerre mondiale.
Télégramme de remerciements de Simone Veil.

- Années 1990 : Important travail sur le drame d'Oradour à la suite de la rencontre de Robert Hébras, l'un des rares survivants du massacre. Vivre presque de "l'intérieur" avec Robert et son épouse Chris-tiane cette autre page de la Seconde Guerre mondiale qui tient une telle place dans mes recherches.

- Novembre et décembre 2008 : Jenny épouse un Olivier en Suisse. Zürich, gare centrale du Monde.

 Jenny et Jacques, le 6 décembre 2008, 
à la Fraumünster de Zürich ; avant...

 Jenny et Olivier ; après...

* Année 2009
- Le 17 mai : Croqué  "attelé à une verdine" par Willem, lors d'une rencontre à un salon de la bande dessinée à Cholet.



* Année 2010
- en février : sortie du film Liberté, de Tony Gatlif qui a pris, dans mon ouvrage sur le camp de Montreuil, son personnage principal, Taloche, interprété à l'écran par James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, citoyen suisse...
- en juillet : classement du camp dans l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
- en août : le président de la République fait la chasse aux Roms.
- en août : les médias nationaux s’intéressent à mon travail. Toute la page 3 du Monde : http://camp-montreuil-bellay.eklablog.com/un-article-dans-le-monde-pleine-page-3-a2936164

* Année 2011
- Le 1er mars 2011 me voit chevalier des Palmes académiques, ce qui me dédommage des attaques très basses des deux derniers maires de Montreuil.

- Mai 2011 : 4ème édition de mon ouvrage sur l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay pendant la Seconde Guerre mondiale.



- 26 novembre : Naissance d'Adrien Sigot Müller à Zürich.


                                                Adrien et Jacques, à Zürich en mars 2012
                                                   

* Année 2012
- Avril 2012, sortie du documentaire Montreuil-Bellay, un camp tsigane oublié, réalisé par Alexandre Fronty (Zoulou Compagnie), programmé plusieurs fois par la chaîne LCP Assemblée Nationale.
Un grand impact : nombreux courriers, mails ou appels téléphoniques.

- 10 juillet 2012 : Conférence à la Médiathèque de Nantes sur les ponts à transbordeur.
Parallèlement à cette conférence, rédaction d'une brochure sur l'historique des ponts à transbordeur en France et dans le monde, et évocation du projet de l'Association des Transbordés qui ambitionne la construction d'un nouveau pont à transbordeur moderne pour permettre de sauvegarder la vocation maritime de Nantes.


- Octobre 2012, sort à Zürich le premier livre de notre fille Jenny, roman sur le métier d'interprète de conférence qu'elle exerce en Suisse où elle vit : Entre deux voix.  http://www.entre-deux-voix.com/


 - 26 novembre 2012, passage à France Culture où je dois parler de mon "métier" d'historien local. Emission : Fabrique de l'histoire. Mon itinéraire : une émission à France Culture.


 Photo ajoutée le dimanche 20 janvier 2013, jour de mon 73ème anniversaire.


Et le P'tit Suisse, Adrien...



Le dimanche 31 mars 2013.

Le 30 novembre 2013 à Angers.
Adrien a deux ans + 4 jours.

Puis, le 4 décembre 2014, est arrivée Sonia, Geneviève, Anna, la petite sœur helvète...


Le 12 mars 2015,
Adrien et Sonia dans leur monde privilégié...

Aujourd'hui...
Des voyages, le plus de voyages que je pourrai...
Des livres, toujours des livres... boulimie qui m'aide à vivre... laisser une trace ?

Dans la Vallée de la Mort (USA, Californie), juin 2013.
Avec Yves Lefranc, mon beau-frère "picard".


*
* *

Acte de foi... laïque
Au retour de la Collégiale du Château, pour un dernier adieu à l'ami André Jolivet qui nous a brusquement quittés en mars 2013. Le rituel catholique qui prêche la résurrection des corps... Le grand mystère de la mort dont je parle par ailleurs [Naître, vivre et mourir]. Il est pour moi aussi vain, aussi stupide d'affirmer l'existence comme la non existence d'un quelconque dieu [Dieu]. Je ne suis ni croyant ni athée, me pensant agnostique. Heureux ceux qui croient, sages ceux qui ne croient pas et qui néanmoins assument leur passage sur cette terre.
Mon étrange agnosticisme si, au hasard de mes innombrables et riches voyages, je vais sur les lieux dits du Christ, ceux de sa naissance - dans l'église de la Nativité à Bethléem...

Ci-contre, ce que l'on dit être la grotte où serait né le Christ, à Bethléem.















  

Ci-dessus à droite : Dans le Saint-Sépulcre, à Jérusalem.

- et de sa mort - l'église du Saint-Sépulcre...
- ainsi que sur ceux où sa mère vécut - sa maison à Nazareth - et où elle mourut - dans la maison de Jean, à Ephèse, en Turquie.
 La maison de Marie, à Nazareth.

Mais je visite pareillement des lieux symboliques, mythiques : sites musulmans [et je serais volon-tiers allé à la Mecque si le site n'était pas interdit au non-musulmans], bouddhistes, zoroastriens...
Etrange destinée : ma fille est née, en avance et quasiment au solstice de l'hiver, au-dessus d'un temple dédié à Mithra - temple découvert récemment lors de la démolition de la clinique Saint-Louis à Angers où elle vécut ses premiers jours.

Demain...

J’aime sans doute trop la Vie qui n’a jamais su me donner ce que je lui demandais : sa raison d’être. Nous savons seulement qu’il y aura tout naturellement la mort au bout du chemin, enveloppante, rassurante, libératrice. 
L’erreur est-il de chercher un sens à cette vie ? L'épopée de Gilgamesh, le plus vieil écrit de la main de l’homme, m’a pourtant prévenu il y a longtemps : La vie que tu cherches, tu ne la trouveras pas... 
(http://jacques-sigot.blogspot.fr/2010/06/naitre-vivre-mourir.html), mais je n’aurai pas su être sage et je cherche ce sens qui m'échappe. L’éternel questionnement de l’agnostique qu’ignore le croyant.
C'est Sartre, je crois, qui donne une réponse à cette quête : Quand je me suis aperçu que je n'étais que le fils de mon père et de ma mère, j'ai été déçu, je me croyais davantage. 
Alors, orphelin de ma vie, et ne trouvant pas cette réponse en moi, je me suis nourri et je me nourris, tel un vampire, de la vie des autres. Par exemple de celles de Gaston Couté et d’Alphonse Toussenel, mes compatriotes beauceron et angevin ; ou collective... de celle des membres du réseau Buckmaster saumurois et de celle des internés du camp de Montreuil-Bellay, de tous ces êtres oubliés, ignorés que j’ai voulu faire revivre, vivre.
Et de celle des autres, de tous les autres qu'offrent tous mes travaux d'écriture... tous mes voyages... les voyages d'où l'on revient... jusqu'au dernier d'où l'on ne revient pas...

S'il faut, en attendant, bien remplir les jours, les remplir bien.

Codicille...

Comment l'homme, un homme au "cogito brisé", un homme fragile, obéré par le poids de l'échec ou de sa finitude, peut-il poursuivre sa quête du sens, de soi, des autres et du monde, ne pas renoncer à être juste, et maintenir son effort ou son désir d'exister ? 
Robert Maggiori, L'art d'Eco, in Libération du jeudi 14 mars 2013, page VII.

Mes passions

… dans l’ordre chronologique (?), même si la plupart continuent…

- Jusqu’à 22 ans, le sport, que j’ai pratiqué en compétitions : l’athlétisme. Et j’ai même couru avec Jazy et Mimoun, lors de championnats de France de cross à Gien (Loiret). Un souvenir parmi d’autres : le directeur de l’école normale de Beauvais – où j’ai « atterri » après avoir été mis à la porte de celle d’Orléans – est venu me voir à Paris, au stade Charlety, courir le 800 m des championnats d’Académie où je représentais, seul, son établissement.
Aujourd’hui encore, le besoin de l’effort physique, mais maintenant surtout à bicyclette.

- Le cinéma. Comme cinéphile, et j’ai dirigé de grands cinés-clubs : celui de Meknès, au Maroc, pendant quatre années ; celui de Saumur dans les années 1970 ;
puis comme cinéaste amateur, en 16 mm : films sur le Maroc, sur Montreuil-Bellay, sur un sculpteur sur pierre, etc.
- L’ésotérisme et la mystique. Etude pendant cinq années du tarot, à partir d’innombrables ouvrages pour essayer d’en comprendre le message, son pouvoir. Je tire à l’occasion les cartes, surtout à l’issue de conférences, mais « scientifiquement », chaque carte ne disant que ce qu’elle enseigne.
Toutes ces études sur le symbolisme, le mysticisme, l’ésotérisme, les religions ont pour seul but de comprendre qui nous sommes : notre origine, notre psychologie, et non pas une fuite dans un autre monde, monde extra ordinaire que je nie.

- L’Histoire, et par celle-ci, je recherche encore l’homme dans ses actes et ses pensées ; l’individu plus que l’événement.
Cette passion est née au Maroc où j’ai vécu et travaillé de 1966 à 1973, de 26 à 33 ans. J’ai essayé, toujours "essayé", de comprendre cette civilisation si différente de la nôtre, civilisation dans laquelle je vivais. J’ai donc travaillé en profondeur l’Islam et le monde berbère, le sens de la tribu, du groupe agnatique, et la place de l’individu dans ce groupe
Et tout naturellement, quand je suis rentré en France, j’ai étudié ma nouvelle ville et ses habitants. Pour commencer, dans le passé proche : la guerre de Vendée de 1793 à Montreuil-Bellay, et j’ai écrit un premier ouvrage sans prendre parti, ni pour les Blancs, les Royalistes, ni pour les Bleus, les Républicains, découvrant la misère, la peur des uns comme des autres, privilégiant les Montreuillais, délaissant les chefs chantés par les uns, méprisés par les autres. Montreuil-Bellay, ville bleue prise une nuit par les Blancs, ville ballottée par l’Histoire, écartelée, sacrifiée comme tout homme par les guerres.
Puis ce fut l’étude d’une Histoire plus proche, celle d’un camp de concentration à la porte de ma ville de 1940 à 1945, temps occulté qui a vu passer successivement toutes sortes de victimes ; et j’étais bien obligé de chercher quelle eût été ma place derrière les barbelés électrifiés…
Enfin, ce fut le travail sur la ville elle-même, et sur ses habitants. Les Montreuillais m’ont ouvert leur maison, leurs archives personnelles, leurs souvenirs.
Et ainsi s’ébauche une Histoire que j’appellerais, que j’espérerais « intégrale ». Un millier de spectateurs, sur une population de quelque 4.000 habitants, ont vu le film et l’exposition que j'ai organisée en 1981. L’histoire de chacun pour chacun, à la recherche de son passé, de soi, pour se connaître, savoir que l’on existe avec d’autres.
- L'écriture, pour dire.

- Les voyages, cette autre passion, et j’ai visité toutes les terres que je voulais connaître, du Pérou à la Chine ; quasiment toute l’Europe et la plupart des pays musulmans… Des pays difficiles, mais fascinants : la Birmanie, le Yémen, la Libye. Trois fois la Russie, surtout pour Leningrad et Saint-Pétersbourg…
Le dernier rêve programmé, peut-être en avril 2014 :  Java et le temple de Borobodur…???
mais cela ne s'est pas (encore) fait...

 Mannequin, parce que choisi par les organisateurs dans mon groupe de touristes
lors d'un voyage en Turquie en novembre 1997.
Ne faut-il essayer avoir tout fait au cours d'une vie ?...