28 mai 2011

Blog mode d'emploi


Pour découvrir les différents thèmes traités, consulter dans la rubrique Accueil (ci-contre à gauche) : Dossiers par thèmes (cliquer).
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Un grand thème, les Tsiganes et leur internement dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, peut être consulté dans deux blogs différents :
- Dans ce blog, dans Dossiers par thèmes, y trouver les pages.
- Dans un second Blog spécialisé qui lui est entièrement consacré.

Un autre grand thème, Les ponts à transbordeur, à Nantes et ailleurs... liens directs :

- Les ponts à transbordeur français
- Le pont à transbordeur de Nantes
Un troisième thème copieux, ma ville, Montreuil-Bellay.


- Enfin, des Thèmes variés...

- Sans oublier quelques notes sur votre serviteur...

23 mai 2011

Les Tsiganes et les camps en collèges et lycées



Une semaine de conférences dans le Centre-Est de la France
par Jacques, dit Tchopa, le gadjo nomade
Depuis un certain temps, surtout depuis la sortie du film "Liberté" de Tony Gatlif - qui a pris son personnage principal dans l'un de mes ouvrages -, le classement du site du camp "Monument historique", et la décision de notre Président de chasser les Roms de sa République, je suis très souvent invité pour parler de ceux que nous appelons commodément les Tsiganes, et des souffrances que nous leur avons infligées en les internant dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale.
J'ai choisi, parmi tant d'autres, cette semaine du 14 au 20 mai 2011 pour rendre compte de la vie de nomade qui est souvent la mienne maintenant. Je suis ainsi souvent accueilli par ceux qui m'invitent, et j'aime beaucoup ces rencontres, ces partages et ces échanges de mails avec mes hôtes qui m'ont cette fois écrit - ce qui est rare - au lendemain de mes interventions. J'en recopie quelques extraits.
Cette semaine fut particulièrement riche en rencontres avec des collégiens et des lycéens.
*
Palluau-sur-Indre, conférence le samedi 14 mai. (public d'adultes)
- Catherine

Je n'ai eu que de bons échos de votre conférence - vous êtes clair - précis et animé - sur un sujet, comme vous le dites vous-même, assez ardu !

La jolie petite ville de Palluau-sur-Indre

*
Lycée Ampère Bourse, Lyon, conférence le 17 mai, le matin
- Bernadette

Monsieur Jacques,
C'est très gratifiant pour vous d'avoir de multiples invitations et de pouvoir exercer vos talents d'orateur et de pédagogue : si ! si ! ne soyez pas modeste en ce qui concerne vos potentialités reconnues par tous (déjà par votre "amie" la mairesse de Montreuil-Bellay, semble-t-il) puisque nos élèves ont été bluffés par la conférence que vous avez donnée à Ampère Bourse.
Bonne continuation à vous et à vos projets !
Chaleureusement.
*
Lycée Ampère Saxe, Lyon, conférence le 17 mai, l’après-midi.
- Olivier
Bonjour Jacques,
Je joins à ce courrier [voir à la fin de cette page] les appréciations des élèves d'Ampère Saxe (les miens, ceux que tu as rencontrés l'après-midi) qui sont très très positives (95 % d'avis favorables). Je les ai retranscrites à la lettre, en choisissant toutefois celles qui étaient les plus représentatives (en évitant donc les redondances). Les élèves sont donc très heureux de cette rencontre avec l'histoire des Tsiganes et avec toi, en tant qu'intervenant. Ils ont apprécié ta compétence et ton humour.
Tu as non seulement donné une leçon d'histoire aux élèves, mais aussi une leçon de vie.
Je te souhaite encore de beaux voyages et de fructueux combats,
*

En fin d'après-midi, la mairie du 8ème arrondissement
offrait un concert de musique tsigane par le groupe Diab.

Une mairie à l'humour subtil
si elle veut offrir aux futurs époux, avant le "oui" fatal, l'image d'un couple "idéal" (?)...


*
Collège Paul Bert, à Auxerre, conférence le jeudi 19 mai
- MoniqueMessage de mes élèves


Bonjour Jacques
Voici le message rédigé en commun par mes élèves de la classe de 4ème E. Cela a donné lieu parfois à des empoignades pour le choix des mots ou sur ce qu'ils voulaient transmettre. Ton intervention les a ravis, ils étaient enthousiastes. En résumé, ils étaient enchantés des deux heures passées avec toi, et ils ont trouvé le temps trop court.
Lundi, je verrai l'autre quatrième et je te transmettrai leur message.
Certains m'ont dit être déjà allés sur ton blog.

Pour Jacques Sigot,
Un grand merci de vous être déplacé pour nous et pour cette magnifique séance.
Vous avez changé notre regard sur les Tsiganes. Vous nous avez aussi appris les monstruosités subies par tous ceux qui sont allés dans les camps de concentration et d'extermination.
Vous avez beaucoup d'humour, vous nous avez instruits en nous faisant rire. Nous avons passé un très agréable moment, dommage qu'il n'ait pas duré plus longtemps !
Encore merci et bonne continuation.
 
*
Voici donc également le petit message, dicté par les élèves de la 4ème G, que je suis chargée de te transmettre. Eux aussi ont beaucoup apprécié ton intervention.

Bonjour Monsieur Sigot,

Tout d'abord, merci d'être venu nous rencontrer, de nous avoir consacré du temps et d'avoir partagé votre savoir.

Nous avons trouvé votre intervention intéressante, instructive et innovante. Vous avez réussi à nous faire passer des messages avec humour : nous avons bien ri !

Nous espérons que vous continuerez ainsi et que nous pourrons vous revoir.

Le temps a passé trop vite.

Au revoir, Monsieur Sigot.
*
Collège André Malraux, à Paron (Sens), conférence le vendredi 20 mai sur les Voyageurs (pour des 5èmes) et questions sur ma non-guerre en Algérie pour un film documentaire (avec des 3èmes).
- Vincent
Merci d'être venu au collège, ton diaporama était superbe et les élèves ont été charmés par tes histoires, tes anecdotes et ton franc parler. Espérons que quelques-uns d'entre eux en sortiront grandis ! Quant à la rencontre avec les troisièmes, ils étaient emballés et ont tous bien réfléchi à tes réflexions sur la vie. L'après-midi, ils ont bien travaillé au montage qui avance, mais nous devons nous dépêcher...

Les 3èmes et leurs professeurs du collège Paron, près de Sens.
Liens pour le site et les travaux du collège de Paron :

*

Lycée Ampère Saxe, Lyon

Le professeur qui m'avait invité a demandé à ses élèves de dire ce qu'ils pensaient de mon intervention. Beaucoup de compliments qui conforteront la maire de Montreuil-Bellay si elle a écrit dans le journal que je n'avais étudié cette histoire que pour me mettre en avant !!!... mais je ne censurerai pas pour autant les quelques critiques émises, justifiées pour certaines par le fait que j'aie "oublié" de laisser le temps pour un débat, deux heures étant pour moi déjà trop courtes pour un tel sujet sur lequel je travaille depuis plus de trente années...
Quant à mon manque d'objectivité, disons qu'il est compensatoire...

Les appréciations des TL sur l'intervention de J. Sigot

Ce café-culture fut pour moi un moment très enrichissant au sens où je me suis pour la première fois retrouvé face à un véritable travail de recherche historique. Ceci m'a renforcé dans ma décision de faire des études d'histoire. J'ai trouvé M. Sigot très intéressant et assez impressionnant. Cet homme a réussi à se battre durant sa vie entière pour ses idéaux. Les informations sur les camps de Tsiganes qu'il nous a données m'ont énormément intrigué. J'ai trouvé qu'il y avait un lien avec le chapitre sur les mémoires de la Seconde Guerre mondiale car il me semble que les mémoires tsiganes ont été censurées de façon impressionnantes.
La conférence portait sur un sujet peu connu mais très intéressant. Le sujet était expliqué de manière très détaillée, schématisée et claire. Le discours sous-jacent sur la vie même de J. Sigot est une leçon d'une importance capitale ; mener sa vie comme on le veut en s'en donnant les moyens. Il m'a fait réfléchir et je tiens à le remercier pour cette leçon de vie.
Le café sur les Tsiganes m'a permis de mieux connaître les différences entre eux et d'arrêter les amalgames Roms-Gitans.
J'ai appris également qu'ils étaient déjà opprimés par le Gouvernement français avant l'arrivée des nazis. Je pense qu'il est raisonnable de leur rendre justice maintenant afin d'éviter les confusions dans les pensées comme en 2010.
Le café complète nos études, nos connaissances et nos cours, cela apporte de vrais témoignages au lieu de récits simplement écrits dans nos livres. Donc c'était bien en général.
J'ai appris de nombreuses choses concernant les Tsiganes même si je regrette le manque d'objectivité de l'intervenant.
M. Sigot est parvenu à nous transmettre sa passion de façon excentrique tout en nous apprenant à nuancer les différentes appellations entre nomades, bohémiens, mânouches... Afin de détruire les préjugés et de se mettre à la place d'autrui.
Très intéressant ! Après réflexion, il aurait été intéressant d'évoquer le mode de vie des Tsiganes et leur « statut »actuel dans la société. Mais ce n'était peut-être pas le sujet...
Un sujet peu abordé a été mis en avant et éclairé. Le dynamisme et la bonne volonté de J. Sigot ont rendu le déroulement de l'exposé plus léger et facile à la compréhension. Il donne envie d'apprendre et montre son envie d'enseigner. De plus, par son âge, nous ne pouvons qu'apprendre de J. Sigot.
J'ai apprécié la personnalité de J. Sigot, ce côté « vieille école » m'a beaucoup plu.
Cette intervention a été particulièrement enrichissante. Je suis admirative de son travail et de l'énergie dont il a fait preuve pour rétablir la vérité et donner une place dans l'histoire à ces gens qui en sont volontairement écartés. De plus, l'exposé était très didactique sans aucun doute grâce à sa carrière d'instituteur.
Ce café m'a beaucoup plu car je ne connaissais pas beaucoup de choses à propos du thème évoqué. De plus, la personnalité de J. Sigot était très singulière et appréciable en tant qu'il n'hésite pas à déranger l'Etat pour une cause humaniste et donc pour la mémoire d'opprimés que l'on a souvent cherché à oublier. Une telle personne nous pousse à faire de même, à établir des faits, à chercher, à comprendre ce que les Etats peuvent cacher et à se battre pour un devoir de mémoire.
Le café-culture d'hier était tout à fait intéressant. M. Sigot, passionné, a réussi à transmettre son savoir et a réussi l'exploit de tenir en éveil un auditoire pendant deux heures. Voir à quel point il est connaisseur du sujet, prêt à voyager toute sa vie, à chercher dans le monde entier le moindre témoignage, est tout simplement impressionnant. Je tiens à le remercier pour ce beau moment d'altruisme, ainsi que pour l'intérêt qu'il a fait naître en nous.

Les appréciations des TS sur l'intervention de J. Sigot

J'ai apprécié ce café-culture car j'ai vraiment appris des choses sans m'ennuyer pendant les deux heures. Je l'ai trouvé très intéressant. Il était honnête et nous racontait les évènements de façon claire.
J'ai bien aimé ce café-culture. C'était instructif, bien que son sujet ne soit pas des plus passionnants... Jacques Sigot est formidable.
Le café-culture était très intéressant. Il n'y a pas eu de langue de bois. Et je pense que c'était intéressant de pouvoir différencier Roms, gitans, manouches... Je trouve ça aussi très bien de ne pas oublier les différentes minorités qui ont été persécutées pendant la guerre et surtout de ne pas oublier que la France même avant le régime de Vichy y a participé.
J'ai aimé l'ambiance joyeuse de la présentation, le grand nombre de documents projetés et notamment les photos qui aident à visualiser les lieux. Je n'ai pas aimé la présentation un petit peu longue à mon goût et les nombreuses choses n'ayant pas de rapport avec le camp de Montreuil-Bellay.
Cette séance a été très enrichissante car j'ai appris des choses que j'ignorais totalement jusque là comme le fait que les roms ne soient pas des gitans. Les 30 ans de travail de la part de Jacques Sigot résumés en seulement deux heures ont été vraiment intéressants. Je suis conscient que cet homme est exceptionnel. J'aurais seulement aimé que Jacques Sigot ait été un peu plus à l'écoute des élèves.
Très intéressant. J'ai appris d'où venaient les Tsiganes. Jacques Sigot était vraiment très sympathique ce qui rendait le café-culture encore plus intéressant. Je ne le suis pas ennuyée une seule seconde. Et j'ai été très intéressé de savoir que la mairie ou l'Etat faisait tout pour cacher certains faits.
J'ai vraiment tout apprécié, il était sympathique, il parlait bien, il nous a raconté quelque chose qu'on ne nous a jamais appris. Grâce à lui, je me suis couché moins idiot le soir.
Jacques Sigot est très bavard et n'hésite pas à tout expliquer pour permettre la compréhension de ce qu'il raconte, ce qui est frot agréable. Il a aussi beaucoup d'humour, l'atmosphère est ainsi agréable et détendue et il captive son auditoire. On sent que c'est une personne qui aime ce qu'elle fait et qui expose avec joie ses connaissances. Ceci est positif et captive son auditoire.
J'ai bien apprécié le discours de M. Sigot car j'ai trouvé sa manière d'exposer assez originale, humoristique et c'est la raison pour laquelle je ne me suis pas ennuyée. Je l'ai trouvé très cultivé et donc intéressant. Par contre son discours me paraissait trop long et donc la plupart d'entre nous perdaient le « fil » à la fin. M. Sigot était aussi très ironique.
C'était un café-culture intéressant mais, comme à chaque fois, trop court. C'était sympa le fait que l'intervenant ne reste pas forcément dans le sujet. Cet intervenant savait parler à un public.
J'ai aimé le contexte, il s'est vraiment mis à notre niveau, c'était vivant. Cela m'a permis de faire la différence entre les roms, les manouches, les gitans...
L'intervention fut très intéressante et éducative. M. Sigot rendait son discours très vivant. Il a su nous convaincre, je pense, de changer notre regard sur les Tsiganes. Le fait qu'il défende ce peuple avec tant de conviction et qu'il l'agrémente avec son expérience était très touchant. En conclusion, ce café-culture fut très positif et je n'ai rien à redire.

30 avr. 2011

Nul n'est prophète en son pays

Nul n'est prophète en son pays, nous dit la sagesse populaire, et ce n'est pas moi qui pense le contraire. Je puis vous l'illustrer à l'instant...
Par courrier du 11 mars 2011, Monsieur le Préfet de Maine-et-Loire m'annonçait que par décret du 1er mars, pris sous le rapport du ministre de l'Education Nationale, j'étais nommé dans l'ordre des Palmes académiques au titre de la promotion du 1er janvier précédent... et m'en félicitait.
Je reçus mon diplôme le 31 du même mois.
Puis, à ma grande et heureuse surprise... je l'avoue, d'autres félicitations se succédèrent...
Le 9 avril, c'étaient celles de M. Christophe Béchu, président du Conseil général du département, en son nom personnel et en celui de l'Assemblée départementale ;
le 13 avril, celles de M. Michel Piron, député de Maine-et-Loire et Conseiller général du canton de Thouarcé ;
le 29 avril, celles de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale.
Le 23, j'avais reçu celles de M. Dominique Monnier, "mon" Conseiller général, rencontré lors de la cérémonie sur le site de l'ancien camp de la route de Loudun en hommage aux Tsiganes victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Elle avait déjà donné...
Ma surprise de découvrir qu'une telle nouvelle soit ainsi communiquée... et donc connue.
Nos édiles municipaux ne doivent pas être au courant si j'en crois l'assourdissant silence de la mairie de Montreuil-Bellay. A moins que... Il est vrai que la maire avait pris les devants dès le 13 janvier en précisant dans le journal que le quelconque individu qu'elle me disait être n'avait jusqu'ici travaillé sur l'histoire de sa commune que par mal de reconnaissance. Voir Polémique et Anecdotes et humeurs montreuillaises. Il n'était donc nul besoin d'en ajouter une louche, comme le dit encore la sagesse populaire.

Si son statut lui a permis d'exprimer son humeur dans la presse, afin que tout le monde le sût, même au-delà des limites de "son" territoire, je puis de mon côté épancher dans ce modeste blog le "désespoir" d'un inconsolable et quelconque Montreuillais...

24 avr. 2011

Un monument pour le camp de Montreuil-Bellay

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Le samedi 23 avril 2011, comme chaque année depuis 1990, a lieu sur le site de l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) la cérémonie officielle et nationale en hommage aux Tsiganes victimes de la Seconde Guerre mondiale.
Cette année, la cérémonie revêt une importance spéciale après que le site a été classé en juillet 2010 à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Dans son discours, le sous-préfet de Saumur signale qu'un appel d'offre sera réalisé auprès d'artistes français et internationaux pour réaliser une sculpture qui rendra hommage à ces hommes, ces femmes et enfants tsiganes dont le drame a été si longtemps oublié, voire occulté.

Samedi 23 avril 2011, une journée particulière...

La cérémonie officielle sur le site du camp


Des familles tsiganes attendent l'arrivée des officiels à proximité de la stèle. Elles ne sont jamais nombreuses, gênées par la pompe de la cérémonie. Elles préfèrent venir se recueillir sur ce site de vieilles souffrances lorsqu'il n'y a personne, certaines se risquant à graver un nom dans l'ardoise pour laisser une trace, pour dire...


Les officiels ont officié : discours, musique, dépôt d'une gerbe. Sont présents cette année : Monsieur Abdel-Kader Guerza, sous-préfet de Saumur, Monsieur Michel Apchin, maire de Saumur et président de Saumur Agglo, Madame Jocelyne Martin, maire de Montreuil-Bellay, Monsieur Dominique Monnier, conseiller général du canton, Madame Fatimata Amy, conseillère générale, responsable des Gens du voyage pour le département, Monsieur Jean-Michel Marchand, conseiller général, et Monsieur Tony Bauer, président de l'Association Nationale des Victimes et Familles de Victimes Tsiganes déportées.


La cérémonie est terminée, les officiels, maire en tête, quittent le site, l'Histoire est désormais en marche forcée... alors que les anonymes, encore sous la surprise de la grande nouvelle annoncée par le sous-préfet, sont encore en place.

La sortie de la 4ème édition du livre sur le camp

Photo Olivier Müller

Cette année, comme en 1988 lors de l'inauguration de la stèle qu'elle avait aidé à financer, est présente Françoise Mingot, mon éditrice. Quant plusieurs éditeurs avaient refusé mon manuscrit, le sujet n'étant pas susceptible d'intéresser qui que ce fût, m'avait-il été répondu, elle avait accepté, en juin 1983, de publier la première édition de mon ouvrage sur ce camp de concentration français. Est sortie hier après-midi, 22 avril, la quatrième édition chez un imprimeur tourangeau.

Cette 4ème édition, qui reprend intégralement celle de 1994 épuisée, est enrichie du classement du site, et surtout, de toutes les archives que les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie m'ont communiquées, des sœurs ayant aidé les nomades tout au long de leur internement, vivant même dans un baraquement du camp.
La couverture est illustrée d'une photographie qui m'a été récemment adressée par Alexandre Florès. Sa maman est à gauche à l'arrière-plan, photographiée avec une sœur et deux frères devant la clôture de barbelés.
Pour les éditions Wallâda : http://www.wallada.fr/actualite.php

Photo OLivier Müller.

Je dédicace le premier exemplaire de cette 4ème édition à Monsieur Abdel-Kader Guerza, sous-préfet de Saumur.

Deux expositions

Profitant de cette journée mémorielle, l'AMCT (l'Association des Amis du Camp Tsigane de Montreuil-Bellay) organise plusieurs manifestations dans l'amphithéâtre du Lycée Agricole, son proviseur l'ayant aimablement mis à notre disposition.

- C'est d'abord une exposition de photographies du site actuel du camp prises par Cédric Vigneault, fils de l'ancien principal adjoint du collège Calypso de Montreuil.

- Puis une exposition pédagogique sur le camp de Montreuil-Bellay et sur d'autres camps, panneaux préparés par Stéphanie Lemoine dont le grand-père a été étalonnier dans le canton aussitôt après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Une conférence

Photo Olivier Müller

- Puis je donne une conférence en deux parties :
L'une sur l'histoire connue des Tsiganes que l'on dit originaires de l'Inde, et sur les différents noms qui leur sont donnés (Roms, Mânouches, Sintés, Gitans, Bohémiens, Romanichels...) ; les premiers sont apparus en France en 1419. Il faut aussi citer les Yénishs qui ne sont pas Tsiganes, puisque d'origine européenne, qui ont nomadisé suite aux ravages de la Guerre de Trente Ans (1618-1648).
L'autre sur l'internement de ceux que la loi du 16 juillet 1912 a appelés "nomades".
Pendant le débat qui a suivi la conférence, la dernière diapositive affiche encore : Il n'y a d'autres murs et barrières pour l'homme que le ciel ! Tout ce qui est de la terre en terre lui appartient pour marcher dessus. Là où son pied le porte, il a le droit d'aller. Paul Claudel (Le Soulier de satin)

Photo Olivier Müller

Sandrine Renaire, présidente de l'AMCT, et Jean Richard, son oncle,
dont la famille a été internée dans le camp de Montreuil-Bellay.


Un concert


- C'est enfin, pour clore les animations, un concert de jazz mânouche donné par le Lanlan Weiss Trio.

Un film

Photo Olivier Müller

Tout au long de la journée, Alexandre Fronty a tourné des séquences pour un documentaire qu'il réalise pour la chaîne LCP AN (Assemblée Nationale). Il a ainsi rencontré plusieurs Voyageurs dont les familles ont été victimes du camp de Montreuil-Bellay. Avant que tout ne disparaisse.
Mais le sillon qui se creuse jour après jour ne pourra plus d'effacer...


22 mars 2011

Biographies du blogger

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Montage Guy Ducornet

Sur la Terre, nous ne sommes que des étrangers, 
que des voyageurs.
(Apollos de Césarée, Epître aux Hébreux, 11 : 13
Bible, Nouveau Testament)


La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. 
(André Malraux) 

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Voir aussi une variante de cette biographie dans un second blog.


Dans le Loiret...
- Naissance à Boiscommun, le 20 janvier à 20 heures, ce qui me permet de bénéficier en toute extrémité du signe « Verseau »... qui me plaît bien.


La plus ancienne photo connue de moi.
Je suis à droite, avec mon frère Pierre.
L'on m'a dit qu'elle a été prise peu après le décès de notre mère.

La maison de Boiscommun et son épicerie, dans les années 1940.
Je suis perché sur le camion avec mon frère Pierre.

 La maison natale à Boiscommun, dans les années 1990.
                                                    
Branche paternelle, Villereau (Loiret),
1 et 2 : grand-père Albert Sigot, et grande-mère Germaine, née Aujard.
3 - père : Pierre,
Oncles et tantes (fratrie incomplète).

Branche maternelle, Aschères-le-Marché (Loiret)
Grand-mère Louisa et grand-père Octave Vappereau.
.
- Deux sœurs, puis deux frères, m’ont précédé ; deux demi-sœurs sont nées après moi.

Première photo où nous sommes tous les sept, dans les années 1950. Dans l'ordre des naissances : Paulette, Micheline, André, Pierre, Jacques, [demi-soeurs par notre père] Françoise, Jacqueline.

 Première photo où nous nous retrouvons tous les sept, adultes, en 1990, après les vicissitudes de la vie. De gauche à droite : André, Micheline, Jacques, Jacqueline, Paulette, Françoise et Pierre.


- 1942, la mort de notre mère, à 29 ans ; j'ai deux ans et demi.
Je ne garde aucun souvenir d'elle vivante... seules quelques rares photographies me permettent de l'imaginer...
Une image floue : je monte un escalier pour aller voir "maman au ciel"...
Famille éclatée.
Christiane, ma tante et marraine, me dira que, toujours malade et pleurnichard, je fatiguais ma mère qui était très fatiguée à la fin. Mon frère Pierre, très câlin, était son chouchou. Ce vide de tendresse aux premiers temps explique sans doute les difficultés de ma vie sentimentale d'adolescent et d'adulte.


         Ma mère, née Louise Vappereau.

 - Deux images de la guerre, également floues :
    Alors que nous sommes à la sortie du bourg de Boiscommun, nous regardons au loin des lueurs d'incendie => Montargis bombardé ?
     L'arrivée des Américains dans Boiscommun libéré ; un soldat me monte sur un tank en me levant du sol à bout de bras... j'ai un peu plus de 4 ans et demi.

- Jeunes années, que je situe fin 1944 : à Neuville-aux-Bois (Loiret) chez ma grand-mère paternelle, le plus souvent avec mon frère Pierre et mon cousin Jean-Marie. Notre grand-frère André part tra-vailler très jeune, et nous vivons très peu avec lui.

 
 Avec mon frère Pierre, à gauche, mon aîné de 18 mois. En 1946 ?

Ci-dessous, avec mes deux frères aînés, André et Pierre. 
Je suis à gauche.


 1945 ?


 En 1947 ? chez notre grand-mère, à Neuville-aux-Bois.


Dans la cour des Lévesque, à Neuville-aux-Bois, en avril 1956,
lors d'une permission, m'écrit André.
Sur ces trois clichés des trois garçons, et je n'en connais pas d'autres, 
nous sommes chaque fois placés pareillement, André au centre, Pierre à droite, et moi à gauche...

Je vis avec Pierre toute mon enfance, surtout à Neuville-aux-Bois, entre Beauce et Forêt d'Orléans, et je ne comprends pas pourquoi nous sommes séparés au début des années 1950. Je suis envoyé à 12 ans suivre mes études dans le cours complémentaire de Châteauneuf-sur-Loire, alors que Pierre, lui, était au collège de Pithiviers depuis deux années.

A Neuville-aux-Bois, le souvenir des prisonniers allemands qui curent les fossés du bourg avec des boîtes de conserves. Ils creusent ensuite le ballast de la ligne de chemin de fer, tout près de chez notre grand-mère chez qui, le  soir, ils entreposent leurs outils...

 La maison de grand-mère, et la ligne de chemin de fer Orléans/Malesherbes.

- Ecole primaire, essentiellement à Neuville-aux-Bois ; messieurs Laloup et Mérine sont mes instituteurs.
- Cours complémentaire à Châteauneuf-sur-Loire, de 1952 à 1956.

L’été, je travaille en Beauce, à Crottes-en-Pithiverais, comme chef de presse à la batteuse. Rencontre avec le monde des chemineaux, bougres plutôt âgés qui "cheminent" d’un petit travail à un autre pour gagner quelque argent qui leur permet d'aller un peu plus loin. La nuit quand, trop fatigué, je ne me sens pas la force de rentrer à bicyclette à Neuville, je couche sur la paille des granges avec les chemineaux ; certains me racontent leur errance incertaine.
Je travaille à la presse, au cul de la batt'rie, comme on disait alors, et je dois enfourner les four-chettes, chacune séparant deux ballots de paille. Dès qu'une fourchette est enfoncée, j'enfile le fil de fer qui m'a été envoyé dans la rainure inférieure de la fourchette ; de l'autre côté de la presse, mon collègue - mon frère Pierre, mon aîné de 18 mois, la première année -  me renvoie "mon" fil par la rainure supérieure. Je peux alors nouer les deux extrémités du fil afin que le ballot soit attaché. De son côté, mon collègue assume la même tâche répétitive avec le fil du bas. Mais lui n'enfonce pas les fourchettes, travail supplémentaire du "chef de presse".
Les deux porteux d'ballots officient à l'extrémité de la presse.
Le plus pénible, c'est le bruit, et surtout la poussière quand nous battons à l'intérieur d'une grange ; seul le tracteur "tournant" alors à l'extérieur pour éviter l'embrasement de la paille.
Les journées sont très longues, du lever du soleil à son coucher, surtout en été, puisque la batteuse, tourne l'été du 15 juillet au 30 septembre.
Etant chef de presse, je gagne autant qu'un adulte, même plus que certains...
Il est une seconde saison de battage, en hiver, mais je suis alors "à l'école".

Une fourchette, récupérée en 2009 chez Roger Taffoureau, 
fils de l'entrepreneur chez qui j'ai travaillé.
Elle a été restaurée par mon ami Jean Guilbaud, 
grand molinologue devant l'Eternel.

Voir par ce lien une scène de batteuse... pour touristes. A 1 mn 25 s, la presse en action.
 http://www.dailymotion.com/video/xuuyp3_batteuse-presse_people#.URUDoGfL384


 Notre père a lui aussi travaillé à la batteuse en Beauce, 
dans les années 1920.

Il faut faire très attention pour que la mâchoire de la presse n'écrase pas la fourchette si, par malheur, celle-ci est partie en travers ; sinon toute la batteuse s'arrête pour qu'elle soit ressortie et redressée... et nous ne sommes pas payés pendant les arrêts !
En règle générale, l'homme sur la meule - ou sur le tas dans la grange - jette les gerbes pour qu'il y en ait trois en même temps sur le tapis roulant qui les porte jusqu'à la gueule de la batteuse après qu'un homme a coupé la ficelle qui tenait chacune. Des fermiers, pour gagner du temps... et donc de l'argent, demandent parfois à l'homme d'en envoyer une quatrième, ce qui donne un excès de paille ; nous  devons alors "courir" pour effectuer notre travail. Mais parfois, la presse s'engorge et "bourre". Nouvel arrêt général au désespoir du fermier qui, lui, paie à l'heure...
Les chemineaux... et je pense avec tendresse au poème Les mangeux d'terre, écrit en patois de mon enfance par mon compatriote beauceron Gaston Couté, mort à 31 ans en 1911, il y a juste 100 ans ; Les mangeux d'terre, ce sont les paysans qui rognent chaque année les chemins communautaires pour agrandir d'autant leurs champs.
Déjà le sédentaire et le nomade...

Y avait dans l'temps, un biau grand ch'min,
Chemineau, chemineau, chemine ! 
A c't'heur' n'est pas pus grand qu'ma main...
Par où donc que j'cheminerai d'main ?
                        Gaston Couté


Sur une rive du canal de Briare, à la fin des années 1950,
avec Lucette, la fille que la troisième épouse de notre père avait eue avant de le connaître.
C'est avec Lucette que j'ai le plus vécu à la maison, enfant et adolescent.

- Ecole normale d’instituteurs d’Orléans, de 1956 à 1959.

 La promotion 1956-1960 de l'école normale d'Orléans.
Reçu le 12ème, je suis le 3ème à partir de la gauche au rang supérieur.

Expulsion le 12 mars 1959, pour cause amoureuse,  le blé en herbe...
Le 12, "mon" nombre, que je retrouverai dans le Pendu, 12ème arcane majeure du Tarot traditionnel.

Je me retrouve exilé dans l'école normale, dite "disciplinaire" de Beauvais, dans l'Oise.
L'été, au lieu de la batteuse, je suis plusieurs années moniteur à Mimizan-Plage, dans une colonie de vacances du Ministère de l'Agriculture. D'agréables mois d'août en communauté dans les Landes remplacent la poussière et le bruit des granges beauceronnes.

 Mimizan-Plage, enfants et moniteurs devant la porte du réfectoire.
Je suis le barbu entre deux monitrices, au premier plan à gauche.

 Les colons faisaient exprès d'envoyer le ballon dans les pins
pour me voir grimper l'y quérir...


Le sport :
A 15 ans, je remporte par surprise un cross à Châteauneuf-sur-Loire où je suis interne du cours complémentaire. Pensant être près de la ligne d'arrivée, je m'extrais seul du peloton de tête, mais l'on me dit alors sur la ligne, qu'il y a encore un tour à parcourir... V mon avance, personne ne me rattrape dans ce dernier tour !!!
La première course à laquelle je participe : le challenge du nombre, quand tous les collégiens de Châteauneuf-sur-Loire étaient engagés d'office.

L'OCO (L'Olympic Club Orléanais, club d'athlétisme) me demande aussitôt de prendre une licence. En 1956, je cours avec Mimoun et Jazy les championnats de France de cross country à Gien... Grandes joies, mais aussi grandes souffrances tant le cross demande de courage pour aller au bout quand on a souvent le désir d'arrêter ; mais ce serait l'exclusion du club, alors on continue...
La piste est moins "difficile".

Dans l’Oise...
- École normale d’instituteurs - dite disciplinaire - de Beauvais, la bonne hôtesse, de 1959 à 1961. Emile Foëx, son directeur, m'aide à franchir le "no man's land".

 Une photo très très rare ; juillet 1959, sur la base aérienne de Saint-Raphaël :
le Jacques en militaire ! Je participe à un stage d'un mois à Antibes
 en récompense de ma place de premier à la préparation militaire.
Manœuvre pour obtenir des sursis... voir ci-dessous...

- Echecs volontaires successifs au baccalauréat - je ne suis présent qu'à la première épreuve, celle de philo - pour cause de guerre en Algérie, les échecs me permettant de redoubler, de bénéficier de sursis dont j'abuse... sauf un certain février qui donne des points supplémentaires pour la session de juin. Le normalien qui est reçu devient vite titulaire et doit aussitôt partir pour l'Algérie... alors, la seule solution, pour ne pas "partir" est donc d'échouer.

Sport : 1960, ma dernière grande course, en sénior (je suis à l'extrême droite de la photo). "Seulement" quatrième, mais il faut dire que mes nombreux voyages à bicyclette, Beauvais/Orléans et retour, sont un handicap pour l'athlétisme, ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent.

- Pion pendant une année au cours complémentaire de Méru (Oise), la plus sombre à ce jour de mon existence... entre le travail à l'internat quand les autres sont en congé dominical, et l'attente angoissée, chaque année, de la feuille qui doit m'envoyer en Algérie.
- Rentrée 1960 : je remplace l'instituteur des grands à l'école annexe de l'école normale de Beauvais. Emile Foëx, le directeur de l'EN, vient parfois s'asseoir au fond de ma classe pour me voir travailler ; pour se distraire, m'a-t-il ultérieurement confié...

 Ajout le samedi 9 mai 2015. Richard Manigot (le 3ème au dernier rang en partant de la gauche) vient de m'envoyer cette photo de classe, ma Première Classe !!! les cours moyens de l'école annexe de  l'école normale de Beauvais.


Mon cher directeur m'envoie encadrer des classes de neige - deux fois un mois, en janvier et en mars de cette année 1960) à Samoëns et à Morzine. Un grand soleil.
Je termine l'année scolaire à remplacer des instituteurs en congé dans les écoles de Beauvais. A Notre-Dame-du-Thil, je n'ai pas souvent de cours, et je "fais" du secrétariat. Je "m'amuse" à remonter 9 mois avant la date de naissance de tous les élèves pour découvrir quand ils ont été conçus => au début du printemps, au mois d'août et à Noël apparaissent de grands pics de rapports procréateurs... Bizarre... vous avez dit bizarre ? Non, même pas...
- Instituteur « suppléant éventuel » à Briot, de 1961 à 1962 ; je remplace l'instituteur titulaire en congé/maladie ; Gismonde et Dominique, mes gentils voisins et collègues.
- Puis c'est Ménantissart, hameau perdu du fond de l’Oise picarde, de 1962 à 1966. Une classe unique, de 20 à 30 élèves de 2 à 15 ans. Nanti, vie agreste.
L'été, je suis moniteur de colonie de vacances à Mimizan-Plage, colonie du Ministère de l'Agri-culture.
Jocelyne rime avec médecine...

Août 1963, moniteur dans la colonie de Mimizan-Plage.
Dessiné par un collègue.

Je passe le brevet supérieur, en deux parties  ;, ce qui me permet d'être titularisé. C'est Emile Foëx, mon "ange gardien", qui corrige mes épreuves de français...

"Ma" première école, dans un hameau de moins d'une centaine d'habitants. Murs en torchis, pignon ouest couvert de bois. La classe est derrière les deux fenêtres à volets pleins ouverts du rez-de-chaussée. 

 Mes premiers élèves (1963 ou 64 ?) 
Christine (premier rang, la troisième à partir de gauche)
est une petite Parisienne, confiée à sa grand-mère qui habite le hameau
parce que trop jeune pour être scolarisée dans la grande ville.

Le soir après la classe, ou le jeudi, je vais souvent aider à la ferme d'André et de Nadine Van Ooteghem, ferme qui se trouve juste de l'autre côté de la rue/route. Parfois, quand ils partent en week-end, c'est moi qui assume la traite, avec la grand-mère ; rassurez-vous, c'est une trayeuse électrique. Il arrive qu'André m'appelle pour tirer avec lui sur la corde quand une vache peine à mettre son veau au monde. Toute une technique que j'apprends vite. Le miracle de découvrir le nouveau-né essayer maladroitement, aussitôt sorti du vendre de sa mère,  de se dresser sur ses quatre pattes. Dès qu'il y est parvenu, le voir gambader comme un grand garçon. 
Je bine les betteraves, ou je laboure une parcelle au tracteur... jusque tard dans la nuit parce qu'il m'est inconcevable d'arrêter si je n'ai pas terminé. Un soir, tard, André vient me chercher, inquiet de ne pas m'avoir vu rentrer pour dîner.. J'ai toujours aimé la terre, la nostalgie de celle de Beauce de mon enfance.
En échange, il y a toujours une assiette à la table familiale pour le maît' d'école qui n'est pas fier, ou un litre de lait pour la "trempée" du soir dans ma chambre solitaire du premier étage de l'école.

Je gerbe les bottes de paille 
à Nadine, "ma patronne", et à Marceau Fontaine, père d'élèves, sur la charrette.

L'école ferme après mon départ, achetée et restaurée en maison d'habitation par un couple d'Anglais.

 La vieille école de Ménantissart, hameau de la commune de Saint-Thibault,
est devenue une élégante résidence secondaire pour Britanniques.

Juillet 2008. Nadine, ici avec les propriétaires anglais,
 m'accompagne dans ce qui fut ma salle de classe.
Au fond à gauche, l'escalier qui conduisait à la seule chambre du premier étage.

 










Claudette en 1962, en Picardie à Ménantissart, et en Anjou à Montreuil-Bellay, avec son instituteur d'autrefois qu'elle est venue retrouver quelque cinq décennies plus tard.


 Au Maroc...
- Meknès, de 1966 à 1973 : coopération culturelle, pour cause de non affinité avec l’uniforme.
Invention du Bonheur.



 Recto du contrat d'engagement,
des obligations à respecter.
Cliquer sur le document pour le lire plus aisément ?

 Meknès, la médina.

Je deviens "Marocain" le 26 octobre 1966.
Jacques devient Yacoub.















 


Dans la médina de Meknès, automne 1967.




- Septembre 1967, après un voyage déterminant à Saint-Jacques-de-Compostelle, via La Plancade, en Aveyron, chez Michèle et Pierre Alary, c'est le mariage surprise au Consulat de France à Meknès, et, exigée par ma dame, la cérémonie religieuse en la cathédrale de Rabat.

    Geneviève et Jacques, rue de Toulon, à Meknès, le 18 sept. 1967

La jeune épousée, la même semaine sur le même balcon. rue de Toulon, à Meknès.


 Dans l'une de mes classes du collège Riad à Meknès, en 1968.

- Rencontre avec l'Histoire, l’Islam, le cinéma, le théâtre et le tarot.

Dans le Maine-et-Loire...
- Montreuil-Bellay, de 1971, l’achat d’une ruine au-dessus du Thouet ; sa restauration.
- 1973, l’installation en Anjou. Jusqu’à ce jour ; jusqu’à toujours ?
- Instituteur au Coudray-Macouard de 1973 à 1995, beau village non perdu à l’est de l’Anjou.

 Le Coudray-Macouard, année scolaire 1976-1977

Grandes filles du CM2 de ma dernière année d'instituteur
1994/1995

Dessiné par Mikaël Verneau (11 ans), l'un de mes élèves de l'école du Coudray-Macouard.

- 23 décembre 1977, naissance de Jenny, mon dernier poème, le plus beau.
Charlie Chaplin décède le lendemain.

                                                                  Jenny à 4 mois.

- 1979, rencontre avec l’histoire de Montreuil-Bellay.
- 1982, édition de mon premier ouvrage, sur les Guerres de Vendée à Montreuil-Bellay. Des livres, toujours des livres, drogue dure.
- Des voyages, encore des voyages, drogue douce.
- Juin 1983, publication de mon ouvrage sur le camp de concentration de Montreuil-Bellay : Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, aux éditions Wallâda. Trois autres éditions suivent en 1995, 2010 et 2011.
Jacques devient Tchopa, nom donné par Redcha, la maman de Jean-Louis Bauer, dit Poulouche ; tous deux furent internés à Montreuil-Bellay.

Jenny et Jacques, en 1987. (Photo de Pierre Sigot)

- 16 janvier 1988 : Inauguration d'une stèle sur le site du camp de concentration de Montreuil-Bellay en hommage aux Tsiganes/nomades qui y ont souffert pendant la Seconde Guerre mondiale.
Télégramme de remerciements de Simone Veil.

- Années 1990 : Important travail sur le drame d'Oradour à la suite de la rencontre de Robert Hébras, l'un des rares survivants du massacre. Vivre presque de "l'intérieur" avec Robert et son épouse Chris-tiane cette autre page de la Seconde Guerre mondiale qui tient une telle place dans mes recherches.

- Novembre et décembre 2008 : Jenny épouse un Olivier en Suisse. Zürich, gare centrale du Monde.

 Jenny et Jacques, le 6 décembre 2008, 
à la Fraumünster de Zürich ; avant...

 Jenny et Olivier ; après...

* Année 2009
- Le 17 mai : Croqué  "attelé à une verdine" par Willem, lors d'une rencontre à un salon de la bande dessinée à Cholet.



* Année 2010
- en février : sortie du film Liberté, de Tony Gatlif qui a pris, dans mon ouvrage sur le camp de Montreuil, son personnage principal, Taloche, interprété à l'écran par James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, citoyen suisse...
- en juillet : classement du camp dans l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
- en août : le président de la République fait la chasse aux Roms.
- en août : les médias nationaux s’intéressent à mon travail. Toute la page 3 du Monde : http://camp-montreuil-bellay.eklablog.com/un-article-dans-le-monde-pleine-page-3-a2936164

* Année 2011
- Le 1er mars 2011 me voit chevalier des Palmes académiques, ce qui me dédommage des attaques très basses des deux derniers maires de Montreuil.

- Mai 2011 : 4ème édition de mon ouvrage sur l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay pendant la Seconde Guerre mondiale.



- 26 novembre : Naissance d'Adrien Sigot Müller à Zürich.


                                                Adrien et Jacques, à Zürich en mars 2012
                                                   

* Année 2012
- Avril 2012, sortie du documentaire Montreuil-Bellay, un camp tsigane oublié, réalisé par Alexandre Fronty (Zoulou Compagnie), programmé plusieurs fois par la chaîne LCP Assemblée Nationale.
Un grand impact : nombreux courriers, mails ou appels téléphoniques.

- 10 juillet 2012 : Conférence à la Médiathèque de Nantes sur les ponts à transbordeur.
Parallèlement à cette conférence, rédaction d'une brochure sur l'historique des ponts à transbordeur en France et dans le monde, et évocation du projet de l'Association des Transbordés qui ambitionne la construction d'un nouveau pont à transbordeur moderne pour permettre de sauvegarder la vocation maritime de Nantes.


- Octobre 2012, sort à Zürich le premier livre de notre fille Jenny, roman sur le métier d'interprète de conférence qu'elle exerce en Suisse où elle vit : Entre deux voix.  http://www.entre-deux-voix.com/


 - 26 novembre 2012, passage à France Culture où je dois parler de mon "métier" d'historien local. Emission : Fabrique de l'histoire. Mon itinéraire : une émission à France Culture.


 Photo ajoutée le dimanche 20 janvier 2013, jour de mon 73ème anniversaire.


Et le P'tit Suisse, Adrien...



Le dimanche 31 mars 2013.

Le 30 novembre 2013 à Angers.
Adrien a deux ans + 4 jours.

Puis, le 4 décembre 2014, est arrivée Sonia, Geneviève, Anna, la petite sœur helvète...


Le 12 mars 2015,
Adrien et Sonia dans leur monde privilégié...

Aujourd'hui...
Des voyages, le plus de voyages que je pourrai...
Des livres, toujours des livres... boulimie qui m'aide à vivre... laisser une trace ?

Dans la Vallée de la Mort (USA, Californie), juin 2013.
Avec Yves Lefranc, mon beau-frère "picard".


*
* *

Acte de foi... laïque
Au retour de la Collégiale du Château, pour un dernier adieu à l'ami André Jolivet qui nous a brusquement quittés en mars 2013. Le rituel catholique qui prêche la résurrection des corps... Le grand mystère de la mort dont je parle par ailleurs [Naître, vivre et mourir]. Il est pour moi aussi vain, aussi stupide d'affirmer l'existence comme la non existence d'un quelconque dieu [Dieu]. Je ne suis ni croyant ni athée, me pensant agnostique. Heureux ceux qui croient, sages ceux qui ne croient pas et qui néanmoins assument leur passage sur cette terre.
Mon étrange agnosticisme si, au hasard de mes innombrables et riches voyages, je vais sur les lieux dits du Christ, ceux de sa naissance - dans l'église de la Nativité à Bethléem...

Ci-contre, ce que l'on dit être la grotte où serait né le Christ, à Bethléem.















  

Ci-dessus à droite : Dans le Saint-Sépulcre, à Jérusalem.

- et de sa mort - l'église du Saint-Sépulcre...
- ainsi que sur ceux où sa mère vécut - sa maison à Nazareth - et où elle mourut - dans la maison de Jean, à Ephèse, en Turquie.
 La maison de Marie, à Nazareth.

Mais je visite pareillement des lieux symboliques, mythiques : sites musulmans [et je serais volon-tiers allé à la Mecque si le site n'était pas interdit au non-musulmans], bouddhistes, zoroastriens...
Etrange destinée : ma fille est née, en avance et quasiment au solstice de l'hiver, au-dessus d'un temple dédié à Mithra - temple découvert récemment lors de la démolition de la clinique Saint-Louis à Angers où elle vécut ses premiers jours.

Demain...

J’aime sans doute trop la Vie qui n’a jamais su me donner ce que je lui demandais : sa raison d’être. Nous savons seulement qu’il y aura tout naturellement la mort au bout du chemin, enveloppante, rassurante, libératrice. 
L’erreur est-il de chercher un sens à cette vie ? L'épopée de Gilgamesh, le plus vieil écrit de la main de l’homme, m’a pourtant prévenu il y a longtemps : La vie que tu cherches, tu ne la trouveras pas... 
(http://jacques-sigot.blogspot.fr/2010/06/naitre-vivre-mourir.html), mais je n’aurai pas su être sage et je cherche ce sens qui m'échappe. L’éternel questionnement de l’agnostique qu’ignore le croyant.
C'est Sartre, je crois, qui donne une réponse à cette quête : Quand je me suis aperçu que je n'étais que le fils de mon père et de ma mère, j'ai été déçu, je me croyais davantage. 
Alors, orphelin de ma vie, et ne trouvant pas cette réponse en moi, je me suis nourri et je me nourris, tel un vampire, de la vie des autres. Par exemple de celles de Gaston Couté et d’Alphonse Toussenel, mes compatriotes beauceron et angevin ; ou collective... de celle des membres du réseau Buckmaster saumurois et de celle des internés du camp de Montreuil-Bellay, de tous ces êtres oubliés, ignorés que j’ai voulu faire revivre, vivre.
Et de celle des autres, de tous les autres qu'offrent tous mes travaux d'écriture... tous mes voyages... les voyages d'où l'on revient... jusqu'au dernier d'où l'on ne revient pas...

S'il faut, en attendant, bien remplir les jours, les remplir bien.

Codicille...

Comment l'homme, un homme au "cogito brisé", un homme fragile, obéré par le poids de l'échec ou de sa finitude, peut-il poursuivre sa quête du sens, de soi, des autres et du monde, ne pas renoncer à être juste, et maintenir son effort ou son désir d'exister ? 
Robert Maggiori, L'art d'Eco, in Libération du jeudi 14 mars 2013, page VII.

Mes passions

… dans l’ordre chronologique (?), même si la plupart continuent…

- Jusqu’à 22 ans, le sport, que j’ai pratiqué en compétitions : l’athlétisme. Et j’ai même couru avec Jazy et Mimoun, lors de championnats de France de cross à Gien (Loiret). Un souvenir parmi d’autres : le directeur de l’école normale de Beauvais – où j’ai « atterri » après avoir été mis à la porte de celle d’Orléans – est venu me voir à Paris, au stade Charlety, courir le 800 m des championnats d’Académie où je représentais, seul, son établissement.
Aujourd’hui encore, le besoin de l’effort physique, mais maintenant surtout à bicyclette.

- Le cinéma. Comme cinéphile, et j’ai dirigé de grands cinés-clubs : celui de Meknès, au Maroc, pendant quatre années ; celui de Saumur dans les années 1970 ;
puis comme cinéaste amateur, en 16 mm : films sur le Maroc, sur Montreuil-Bellay, sur un sculpteur sur pierre, etc.
- L’ésotérisme et la mystique. Etude pendant cinq années du tarot, à partir d’innombrables ouvrages pour essayer d’en comprendre le message, son pouvoir. Je tire à l’occasion les cartes, surtout à l’issue de conférences, mais « scientifiquement », chaque carte ne disant que ce qu’elle enseigne.
Toutes ces études sur le symbolisme, le mysticisme, l’ésotérisme, les religions ont pour seul but de comprendre qui nous sommes : notre origine, notre psychologie, et non pas une fuite dans un autre monde, monde extra ordinaire que je nie.

- L’Histoire, et par celle-ci, je recherche encore l’homme dans ses actes et ses pensées ; l’individu plus que l’événement.
Cette passion est née au Maroc où j’ai vécu et travaillé de 1966 à 1973, de 26 à 33 ans. J’ai essayé, toujours "essayé", de comprendre cette civilisation si différente de la nôtre, civilisation dans laquelle je vivais. J’ai donc travaillé en profondeur l’Islam et le monde berbère, le sens de la tribu, du groupe agnatique, et la place de l’individu dans ce groupe
Et tout naturellement, quand je suis rentré en France, j’ai étudié ma nouvelle ville et ses habitants. Pour commencer, dans le passé proche : la guerre de Vendée de 1793 à Montreuil-Bellay, et j’ai écrit un premier ouvrage sans prendre parti, ni pour les Blancs, les Royalistes, ni pour les Bleus, les Républicains, découvrant la misère, la peur des uns comme des autres, privilégiant les Montreuillais, délaissant les chefs chantés par les uns, méprisés par les autres. Montreuil-Bellay, ville bleue prise une nuit par les Blancs, ville ballottée par l’Histoire, écartelée, sacrifiée comme tout homme par les guerres.
Puis ce fut l’étude d’une Histoire plus proche, celle d’un camp de concentration à la porte de ma ville de 1940 à 1945, temps occulté qui a vu passer successivement toutes sortes de victimes ; et j’étais bien obligé de chercher quelle eût été ma place derrière les barbelés électrifiés…
Enfin, ce fut le travail sur la ville elle-même, et sur ses habitants. Les Montreuillais m’ont ouvert leur maison, leurs archives personnelles, leurs souvenirs.
Et ainsi s’ébauche une Histoire que j’appellerais, que j’espérerais « intégrale ». Un millier de spectateurs, sur une population de quelque 4.000 habitants, ont vu le film et l’exposition que j'ai organisée en 1981. L’histoire de chacun pour chacun, à la recherche de son passé, de soi, pour se connaître, savoir que l’on existe avec d’autres.
- L'écriture, pour dire.

- Les voyages, cette autre passion, et j’ai visité toutes les terres que je voulais connaître, du Pérou à la Chine ; quasiment toute l’Europe et la plupart des pays musulmans… Des pays difficiles, mais fascinants : la Birmanie, le Yémen, la Libye. Trois fois la Russie, surtout pour Leningrad et Saint-Pétersbourg…
Le dernier rêve programmé, peut-être en avril 2014 :  Java et le temple de Borobodur…???
mais cela ne s'est pas (encore) fait...

 Mannequin, parce que choisi par les organisateurs dans mon groupe de touristes
lors d'un voyage en Turquie en novembre 1997.
Ne faut-il essayer avoir tout fait au cours d'une vie ?...