19 janv. 2012

Montreuil-Bellay en livres et en revues

Voir aussi, pour découvrir des ouvrages publiés par les éditions de la Houdinière : http://jacques-sigot.blogspot.com/2009/08/les-editions-de-la-houdiniere.html

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Auteur :
Jacques Sigot

- Brochures 21/29,7 cm, illustrées 

 1 - Montreuil-Bellay Ville close de l'Anjou
Editions de la Houdinière, 10-2011 ; ISBN : 978-2-905941-05-3

36 pages. Naissance d'une ville ; Le Thouet ; Les remparts ; Curiosités montreuillaises.



2 - Montreuil-Bellay. Le camp de concentration de la route de Loudun
Editions de la Houdinière, 10-2011 ; ISBN : 978-2-905941-06-0

36 pages. L'historique du camp de janvier 1940 à octobre 1946, de la construction d'une poudrerie par des Républicains espagnols embrigadés à la vente des bâtiments par les domaines. Internements successifs : soldats français en retraite, civils du Commonwealth, nomades/Tsiganes, clochards, Russes "blancs", collaborateurs du Saumurois, civils et soldats allemands vaincus, Hollandaises mariées à des nazis...
Le site du camp classé à l'inventaire supplémentaire des Monuments historique et aujourd'hui menacé.

Trois brochures de 36 ou 40 pages qui se complètent.




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3 - Montreuil-Bellay. La catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911.
Editions de la Houdinière, 12-2011 ; ISBN : 978-2-905941-07-7

36 pages. Publication à l'occasion du centenaire de la catastrophe qui fit 15 victimes suite à l'effondrement d'un pont au-dessus de la rivière en crue. Le drame fit la Une de la presse nationale.

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4 - Le Thouet et son cours en Anjou.
Editions de la Houdinière, 02-2012 ; ISBN : 978-2-905941-09-10

40 pages. Le Thouet, rivière oubliée des cartes de géographie de mon enfance, prend sa source au coeur du département des Deux-Sèvres. Elle a été canalisée dans sa partie angevine au XVème siècle. Cette brochure s'attache essentiellement à son cours en Saumurois et lors de sa traversée de la ville de Montreuil-Bellay.

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5 - Montreuil-sur-Scène
Editions de la Houdinière, 1991 ; ISBN 2-905941-02-2 ; Hors commerce.

20 pages. Théâtre de rue en huit tableaux et une chanson.
Place aux dîmes ; Les seigneurs de Montreuil ; La Bataille du 8 juin 1793 ; La Maison Dovalle ; L'onguent dia-merdis ; Mariage rompu pendant la Révolution ; Sur le Chemin de Compostelle.

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1983-1990 (390 pages) 





















 1991-2009 (266 pages)





Chroniques de Montreuil-Bellay et d'ailleurs
Editions de la Houdinière, 12-2009

Deux ouvrages hors commerce, rassemblant tous les articles parus dans la presse (essentiellement Le Courrier de l'Ouest et La Nouvelle République du Centre-Ouest).
Ils sont consultables à la bibliothèque d'Angers.

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Chronique de guerre d'une petite ville d'Anjou. Montreuil-Bellay. 1939-1945
Editions CMD, 1994 ; ISBN : 2-909826-28-7
Format 15/21 ; 96 pages. Epuisé, consultable en bibliothèque.

1939 - juin 1940, Montreuil-Bellay pendant la "Drôle de Guerre" ; 1940 - 1944, Montreuil occupé ; L'été 1944.

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Automne 43. Montreuil-Bellay Doué-la-Fontaine-Saumur. Aux portes de l'Enfer.
Editions de la Houdinière, 10-1993 ; ISBN : 2-905941-03-0
Format 15/21 cm ; 110 pages. Epuisé, consultable en bibliothèque.

Ouvrage publié pour le cinquantenaire des évènements La résistance dans le Saumurois en 1943, du parachutages des armes par les Anglais à la déportation des membres du réseau.

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Livres

La Résistance sacrifiée. 1943, un réseau Buckmaster en Anjou.
Geste éditions, 2002 ; ISBN :2-84561-056-4
Format 16,5/24 cm ; 216 pages.  Epuisé ; consulter par prêt inter-bibliothèques.

Réédition enrichie d'Automne 43, à la suite de la découverte des archives allemandes et des recherches effectuées par Michael Nerlich.

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Des Barbelés que découvre l'Histoire. Un camp pour les Tsiganes... et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1946.
Editions Wallâda, 04-2011 ; ISBN : 978-2-904201-58-5
Format 16/24 cm ; 352 pages. 3 cahiers de photographies en couleur et illustrations dans le texte.

Quatrième édition enrichie d'un ouvrage paru la première fois en juin 1983. L'historique d'un camp de concentration qui interna successivement différentes populations tout au long de la Seconde Guerre mondiale.

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Brochures



 Montreuil-Bellay, L'Auberge des Isles.
Editions de la Houdinière, 07-2013 ; ISBN : 978-2-905941-15-9
Brochure au format 21/29,7 cm ; 16 pages ; très illustrée.


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 Montreuil-Bellay, les granges à dîme.
Auteur avec Michel Houdebine, son actuel propriétaire.
Editions de la Houdinière, 12-2012 ; ISBN : 978-2-905941-13-8
Brochure au format 21/29,7 cm ; 32 pages ; très illustrée.

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Montreuil-Bellay, le château de la Salle.
Auteur avec Michel Houdebine, son actuel propriétaire.
Editions de la Houdinière, 04-2014 ; ISBN : 978-2-905941-20-0
Brochure au format 21/29,7 cm ; 32 pages ; très illustrée.

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Montreuil-Bellay, Portraits croisés
Editions de la Houdinière, 05-2013 ; ISBN : 978-2-905941-14-6
Brochure au format 21/29,7 cm ; 40 pages ; très illustrée.

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Montreuil-Bellay en cartes, en plans, en tableaux et en photographies
Editions de la Houdinière, 09-2013 ; ISBN : 978-2-905941-19-7
Brochure au format 21/29,7 cm ; 32 pages ; très illustrée.


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Livres
Auteure : Geneviève Sigot

L'empoisonneuse et le poète. L'affaire Dovalle
Editions de la Houdinière, 11-1986 ; ISBN :2-905941-01-4
Format 14/21 cm ; 144 pages plus un cahier de 8 pages de photographies. Illustrations dans le texte.

Drame dans la Maison Dovalle, l'une des plus belles demeure de Montreuil-Bellay. Entraînée par un complice qui veut hériter d'un biens d'un cousin, une jeune fille empoisonne deux bébés et deux adultes. Récit historique à partir des minutes de procès et de recherches historiques sur la ville.

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L'Hôpital Saint-Jean ou les pauvres à l'Hôtel-Dieu. Montreuil-Bellay 1300-1800.
Editions de la Houdinière, 2009 ; ISBN : 978-2-905941-04-6
Format 15,5/24 cm ; 230 pages plus un cahier de 16 pages de photographies. Illustrations dans le texte.

Vie de l'hôpital d'une petite ville de l'Anjou du XIVe au XIXe siècles à partir du décriptage dee manuscrits anciens. Les Pauvres sans nom et sans biens sont au coeur de cet ouvrage. Puis la Révolution de 1789 en fit des citoyens comme les autres.

Auteurs : Geneviève et Jacques Sigot

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Brochure



La Grange à Dîme.

Editions CMD, hors commerce, 1990 ; ISBN : 2-909826-49-X
Format 15/21 cm ; 36 pages. Illustrations dans le texte.

Les archives parlent de Greniers de la Baronnie ; nous l'appelons Grange à Dîme parce que, jusqu'à la Révolution et sa vente comme bien national, là s'effectuait sous l'Ancien Régime la recette des rentes dues aux seigneurs de Montreuil-Bellay.


4 janv. 2012

Historique de Montreuil-Bellay

L'Anjou aurait autrefois compté 32 villes closes. Montreuil-Bellay, à la limite de l'ancienne province du Poitou, a conservé la presque totalité de son enceinte fortifiée et quatre de ses six portes monumentales de la fin du Moyen Age.

Aux origines

Le menhir de Lenay

Au néolithique, le site était déjà fréquenté par l'homme, comme en témoigne la présence de trois mégalithes ; mais l'existence, à proximité d'un gué sur la rivière du Thouet et au pied de l'escarpement sur lequel se trouve la ville actuelle, d'une petite bourgade groupée autour d'une première église n’est certaine que depuis le Haut Moyen Age.

Vers 1025, Foulque Nerra fit fortifier le tertre en y dressant l'un de ses innombrables donjons, vraisemblablement en bois et en terre, la pierre, déjà employée pour la construction des églises, ne se généralisant qu'au siècle suivant pour les châteaux. Pourquoi fortifier cet endroit ? Si les réponses sont nombreuses, aucune n'est certaine. Pour protéger le gué et le village proches ? Pour ajouter une défense à la limite des possessions angevines du Comte face au Poitou ? Pour parfaire l'encerclement de Saumur qui appartenait à Gelduin le Danois, l'ennemi ? Il est communément écrit que le donjon et le fief furent donnés peu après par le comte à Berlay le Vieux. Pendant près de deux siècles, les Berlay se succédèrent, dynastie de seigneurs orgueilleux qui tyrannisèrent la région.

Montreuil-Bellay était né. Bellay viendrait de Berlay, après déformation orthographique. Pour Montreuil, les historiens traditionnels se réfèrent à la traduction du latin monasteriolum, mais peut-être suffit-il de vérifier la toponymie des autres Montreuil angevins (Montreuil-Juigné, Montreuil-sur-Maine et Montreuil-sur-Loir), voire des autres Montreuil français, pour trouver plus sûrement l'origine de ce nom dans ces autres mots latins mons rivuli, une éminence près d'une rivière.

1151 : Geoffroi Plantagenêt, après un siège long de plus d'une année, ou de trois, selon une autre source, détruisit le donjon et ses abords.


Montreuil-Bellay dans le royaume de France

1205 : Philippe Auguste rattacha l'Anjou à la couronne de France. Neuf ans plus tard, son fils, le futur Louis VIII, s'emparait de Montreuil.

1212 : A sa mort, Giraud III Berlay n'avait que des filles. Le domaine, selon la loi d'Anjou, échut à l'aînée et entra ainsi dans la famille des vicomtes de Melun qui fit construire l'enceinte de la ville close, et une nouvelle forteresse dont il reste d'importants vestiges.

Ligne des remparts à la Perruche

1415 : Guillaume IV, vicomte de Melun et comte de Tancarville disparurent lors du désastre d'Azincourt où l'armée française, une "cohue" de 40 000 nobles, se laissa embourber dans un terrain détrempé par la pluie et se fit massacrer par les archers britanniques. Le seigneur de Montreuil n'avait pas d'héritier mâle. Marguerite, sa fille aînée, fit passer le fief dans la maison des d'Harcourt qui acheva la ligne des remparts.

La porte Saint-Jean, construite par les d'Harcourt

Guillaume d'Harcourt fut seigneur de Montreuil-Bellay pendant 49 ans, de 1438 à 1487, et lui et son épouse, Yolande de Laval, firent construire, ou reconstruire, quelques-uns des plus beaux monuments de la ville : les châteaux et la collégiale, l'Hôtel-Dieu-Saint-Jean, la Grange à dîme...

Ensemble des trois châteaux enfermés dans une enceinte plus ancienne

Montreuil-Bellay chef-lieu de la seconde élection de l'Anjou

1488 : Les Orléans-Longueville héritaient de la baronnie. En 1568, la ville basse ainsi que des quartiers périphériques furent ravagés par les troupes protestantes du prince de Condé. En octobre 1653, le château servit de refuge-prison à la sœur du Grand Condé, la duchesse de Longueville, exilée par la Cour et son mari lassés de ses incartades pendant la Fronde.

1662 : Le château fut acheté pour une somme de 626 000 livres par le maréchal de la Meilleraye. Ce dernier, à sa mort, n'avait pas non plus d'enfant, et sa seconde femme fit entrer la propriété dans la famille des Cossé-Brissac.

Montreuil faisait partie de la généralité de Tours et du diocèse de Poitiers. En tant que siège d'une Maîtrise particulière des Eaux et Forêts et d'une Election, la seconde de l'Anjou après celle d'Angers, longue de 95 km, de 25 km dans sa plus grande largeur, le bourg commandait à 57 paroisses, dont celle de Cholet, et abritait dans ses murs un subdélégué, des fonctionnaires royaux et l'appareil des tribunaux ; ce qui explique le nombre important de belles et grandes demeures à l'intérieur de son ancienne enceinte.

Une belle demeure du XVIème siècle

Cette élection correspondait à deux régions géographiques complémentaires : les buttes calcaires du Montreuillais et du Thouarsais chargées de vignobles, et les terrains primaires des Mauges couverts de prairies et de bois. L'Election comptait 41 148 habitants, dont 1 584 pour Montreuil. Mais, à partir de 1750, Cholet et Maulévrier eurent leur propre subdélégué et notre cité perdit sa prédominance sur les Mauges dont la capitale s'industrialisait.

1754 : Par contrat daté du 22 juin, le duc de la Trémoille acquit la baronnie moyennant 700 000 livres, tant pour le prix principal que pour les droits seigneuriaux dus au domaine du Roi. Mais les nouveaux propriétaires ne vinrent jamais sur leur terre. Jean-Pierre Gain, originaire de Paris, procureur fiscal, avocat et notaire, administrait leurs biens en leur absence, biens qui furent déclarés "nationaux" à la Révolution et dès lors confisqués ; les maîtres se trouvant outre-Rhin furent supposés avoir émigré. Montreuil-Bellay devint Montreuil-le-Thouet afin de bannir toute allusion aux anciens seigneurs. Pendant la Guerre de Vendée, le 8 juin 1793, l'arrière-garde de l'Armée Catholique et Royale repoussa les troupes républicaines du général Salomon au pied de la ville, dans la plaine de Thouars. En décembre, 260 femmes de la province insurgée furent emprisonnées dans le château, puis 60 autres en janvier 1794. Le typhus emporta les plus faibles.


Le déclin

Montreuil-Bellay vécut très mal le départ de l'Administration pour Saumur élevé par la Révolution au rang de sous-préfecture du nouveau département du Maine-et-Loire. D'autant plus qu'une autre catastrophe s'était abattue sur la ville : la ruine des écluses qui permettaient la navigabilité du Thouet. Montreuil avait perdu bientôt toute une partie de son commerce.

Le Thouet fut un temps navigable de Montreuil à Saumur

Puis, comme pour le reste du pays, les gouvernements se succédèrent dans le plus grand conformisme des populations. Le château, rendu aux de la Trémoille, fut vendu en 1822 à un riche négociant de Saumur, Jean Nivelleau, qui, selon certains auteurs, aurait servi de modèle à Balzac pour son père Grandet. Enfin, par alliance, il entra dans la famille de Grandmaison.

Il est aujourd'hui, par mariage, dans la famille de Valbray.

Les châtelains successifs de Montreuil-Bellay

Au XXe siècle

Montreuil-Bellay paya un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale : pendant cinq années, un camp de concentration, route de Loudun, enferma successivement des Républicains espagnols à qui l'on demanda, dès janvier 1940, de participer à la construction d'une poudrerie, des civils et des soldats de toutes nationalités après la déroute de nos armées en juin 1940, des Tsiganes, appelés nomades depuis la loi du 16 juillet 1912, des clochards nantais, des Russes "blancs", des collaborateurs de la région ; enfin des civils allemands, surtout des femmes, et des épouses hollandaises de nazis.

Le camp photographié en 1944 par la presse de Vichy (Archives J. Sigot, J.-C. Leblé)

Automne 1943, furent arrêtés, emprisonnés puis déportés les membres d'un réseau de Résistance Buckmaster, dont Gaston Amy, l'ancien maire de la ville, qui disparurent quasiment tous dans les camps Outre-Rhin.

1965 : Edgard Pisani, ministre du général de Gaulle, devint maire et, jusqu'en 1975, il donna un nouveau souffle à la vieille cité qu'il modifia profondément.



18 déc. 2011

Petits coins de ciel bleu

En hommage à soeur Odile et à ses compagnes.


Etre parqués derrière des barbelés électrifiés sans savoir pourquoi, être privés de liberté, et surtout de la route, était pour les Tsiganes/nomades le pire des malheurs. D’autant plus que de leur enclos, ils voyaient tous les sédentaires circuler librement sur la nationale et la voie ferrée qui longeaient les deux côtés du camp sur toute sa longueur. Et cela même après la libération de la région, fin août 1944.

Ajoutez des baraquement non chauffés, en dehors de l’école et de la chapelle, la terre du camp presque toujours transformée en bourbier, une promiscuité forcée pour une population jalouse de son indépendance, une nourriture plus qu’insuffisante et peu diversifiée, et vous avez, pour plagier La Fontaine, de ces malheureux la peinture achevée.

Pourtant, dans la grisaille des jours sans fin de l’internement, il y eut quelques coins de ciel bleu ; grâce à la présence des instituteurs qui s’attachèrent à ces élèves qu’avant la guerre ils avaient peu vus dans leur classe ; surtout grâce à celle de religieux dont l’œuvre première est d’aider les miséreux.

L'abbé Jollec

Il y eut l’abbé Jollec, curé de Méron, en ces années encore petite commune proche de Montreuil-Bellay sur le territoire de laquelle se trouvait l’ensemble des baraques en bois du camp.

Des petits coins de ciel bleuL'abbé Jollec et son évêque dans les années 1930 (Archives privées)


Le jeudi, il sortait les enfants de l’enceinte et les emmenait jouer dans la campagne environnante, n’oubliant jamais de leur distribuer quelques friandises. Trop de compassion, sans doute, et l’administration fit demander un jour à son évêque de lui interdire l’accès au camp. Ces deux extraits de lettres des Archives Départementales du Maine-et-Loire :

- De l’abbé Jollec, le 21 novembre 1941 : Que vont devenir ces pauvres créatures lorsque les vents glacés vont balayer cette plaine dénudée de Champagne ? La mortalité et les épidémies peuvent s’y mettre très facilement. Ce qui presse le plus pour le moment, ce sont des vêtements, des chaussures, et surtout une suralimentation.

- Réponse de l’Administration en date du 27 décembre suivant : L’abbé Jollec […] vient de se rendre indésirable tant par son attitude "débraillée" que par les initiatives intempestives qu’il se permet à chaque instant.

Les sœurs franciscaines missionnaires de Marie

Ne pouvant alors partir en mission à l’étranger, elles ont demandé à vivre dans le camp pour secourir ces corps et ces âmes en perdition. Leurs archives m’ont été récemment confiées, et j’extrais ces quelques lignes de leur journal ainsi que ces dessins. L’intégralité des documents a été publiée dans la quatrième édition de mon ouvrage.

Des petits coins de ciel bleu

Un soir, l’une de nous, passant devant une baraque, plaisante entend Mme D. sur la noirceur des pieds de son fils qui n’ont pas touché l’eau depuis longtemps. La bonne femme se met à rire et répond. « Heureusement, ça ne va pas salir les draps ! »

[Une autre fois,] la même appelait à grand cris son fils, son Mouscrenic (le roi des oiseaux en langage de la route) pour qu’il cherche sa petite Louise, âgée de 3 ans. Mouscrenic n’entend pas… Pleine de philosophie, la bonne femme conclut : « Après tout, y a des barbelés, ma Louise ne n’est pas fait écraser par les autos. » Et elle ne s’en préoccupe plus.

Des petits coins de ciel bleu

Les religieuses logeaient dans un bâtiment du camp, et ne sont allées coucher en ville le soir qu'au cours de l'été 1944, aussitôt après les premiers bombardements par des avions alliés ; elles n'ont quitté les barbelés de Montreuil-Bellay que début janvier 1945, après que les Tsiganes eurent été transférés dans d'autres camps.

Des petits coins de ciel bleu

Une image tendre : une femme, son bébé dans les bras et un autre enfant accroché à sa robe.

La religieuse a dessiné en second plan l'un des clochards raflés dans les rues de Nantes au printemps 1942, internés à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique) puis à Coudrecieux et Mulsanne (Sarthe) et qui sont quasiment tous mors dans le camp de Montreuil-Bellay pendant l'hiver 1942/1943.

5 nov. 2011

Conférences et sorties, novembre 2011

Au cas où vous vous trouveriez à proximité et si cela vous intéressait...

* Mardi 8 novembre

Chablis,

- De 10 à 12 : deux classes de 3ème du collège ; de 14 à 16 h 30 : deux autres classes de 3ème

- à 18 h : présentation du film Liberté et projection

* Jeudi 10 novembre vers 14 h 15

Montreuil-Bellay. A 14 h 30. Recevoir Nathalie Grenon, directrice du Cercil d’Orléans pour une visite du site de l'ancien camp de concentration.

* Jeudi 17 novembre, tout l'après-midi et la soirée

La Roche-sur-Yon. L'après-midi, conférence dans le lycée de la ville.

- L'après-midi, dans le lycée Jean de Lattre de Tassigny.

- A 19 h, présentation, à l'occasion de sa sortie, du numéro spécial de la revue Sens Dessous dont le thème est Le déplacement, avec mon article sur le camp de Montreuil-Bellay : Les barbelés du camp de concentration de Montreuil-Bellay, un emplacement réservé.

Mail reçu pour la commande :

Monsieur,
Le prochain numéro de notre revue portera sur la notion de Déplacement.

Dans ce cadre, nous aimerions publier une de vos analyses portant sur le travail que vous avez fait autour de l'enfermement de la population tsigane dans le camp de Montreuil Bellay durant la période 1940-1946. Cela peut-être sous la forme d'un entretien ou sous la forme d'un article. Notre revue, Sens-dessous, est pluridisciplinaire suivant trois grands "domaines" : philosophie, social et politique, esthétique. Chaque numéro s'articule autour d'une notion et nous travaillons là à l'élaboration du neuvième dont la sortie est prévue en novembre 2011.

http://sensdessous.wordpress.com

* Lundi 21 novembre

Montreuil-Bellay, à 20 h 30 aux Nobis

A l'occasion de son centenaire, conférence sur la catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911 à Montreuil-Bellay.

* Mardi 22 novembre

La Rochelle

21 h : Exposition et conférence sur les camps de concentration de Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

* Mercredi 23 novembre

Rochefort, Conférence à 13 h 30, Collège Lafayette au 2, Boulevard de la Résistance 17300 Rochefort, sur le camp de concentration de Montreuil-Bellay.

Diverses manifestations à partir de 9 h le matin.

* Vendredi 25 novembre

Naintré. A 19 h, bibliothèque de Naintré. Conférence sur l'internement des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale et le camp de Montreuil-Bellay.

http://bibliotheques.capc-chatellerault.fr

* Dimanche 27 novembre

Montreuil-Bellay.

14 h, randonnée de l'ancien monastère des Nobis jusqu"'au site e la catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911.

* Mercredi 30 novembre

Nantes.

18 h, conférence au CCO avec Michel Virlogeux, Philippe Audic, Yves Lainé et Paul Poirier sur le Projet Nantais. Nantes reconstruira-t-il un pont à transbordeur ?

6 sept. 2011

Une curiosité montreuillaise

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Au n° 70 de la rue de la Mairie, était au XVe siècle une apothicairerie, ancien nom des actuelles pharmacies. Les curieuses sculptures en bois qui encadrent la porte d’entrée illustrent la préparation de la pommade à la merde du jour, de l'onguent dia merdis, en latin benoîtement plus « correct ».

En voici la recette, du moins la mienne : Vous prenez l'un de ces diablotins qui courent l’imaginaire médiéval, bien disposé, à point ; ni trop constipé, ou ce serait pour lui oeuvre douloureuse que de s’exonérer, ni sujet à la diarrhée, ou gare aux éclaboussures. Vous lui demandez de s’exécuter en un mortier bien propre et vous l'encouragez à faire. Ce qu'il fait, voyez ses deux mains qui aident…

Que l'un de ses compères en diablerie malaxe vigoureusement au pilon les matières ainsi délivrées afin de les bien mélanger pour obtenir une pâte onctueuse à souhait.

Pendant ce temps, l'homme de science à barbe de prophète portant son grand livre dans la main va vérifier si tout est comme il convient, si c'est bien merde du jour et non pas celle de la veille... ou du lendemain.



















Cuillerez maintenant, et délicatement, une once du précieux onguent et couvrez en la douleur de votre patient. Et tant mieux s'il guérit, quand seule la foi pourra le sauver. Ne jamais oublier qu’il ne vous est alors permis de ne soigner que le dehors de votre semblable quand Dieu garde pour lui l'exclusivité du dedans. Et tant pis pour notre malade s'il souffre de l'appendicite pour laquelle notre onguent n’a nulle efficacité, le Très-Haut, dans son immense Bonté, ayant donné l'appendice iléo-cæcal à sa noble créature.

Sourions, Maître François est peut-être passé par là, car enfin, Montreuil-Bellay n'est pas très loin de la Devinière, le pays de Rabelais.

31 août 2011

Montreuil-Bellay Le camp de concentration de la route de Loudun


Brochure : Le camp de concentration de la route de Loudun.
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, n° 6, septembre 2011.
ISBN: 978-2-905941-06-0 une publication sur l'ancien camp de la route de Loudun, sous forme d'une brochure 21/29,7 cm très illustrée.
Cliquer sur les documents pour les agrandir.





Sommaire :
- p. 2 : Remerciements.
- p. 3 : Un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale Montreuil-Bellay 1940-1945
- pp. 4 à 18 : Un camp pour les Tsiganes... et tous les autres ; historique du camp.
- p. 8 : Le camp provisoire de la Motte-Bourbon (encadré).
- pp. 10 et 11 : Le camp vu par la presse de Vichy.
- pp. 12 à 14 : Le camp vu par les Religieuses.
- pp. 15 à 17 : Le camp vu par un ancien interné.

Aristide avait une douzaine d'années quand il a été interné à Montreuil avec sa famille. Le 16 janvier 1945, lui et les siens étaient transférés dans le camp de Jargeau (Loiret) où il est ici photographié en communiant (1ère rangée, 1er en partant de la droite).


Ci-dessous, la page 17 de la brochure avec trois des six dessins de mémoire d'Aristide.


- p. 18 : Aux civils allemands de connaître les barbelés angevins, de janvier à novembre 1945.
- p. 19 : Le camp vendu aux enchères en octobre 1946.
- pp. 20 à 22 : Un camp sauvé de l'oubli.
- p. 23 : Vestiges visibles ou disparus.
- pp. 24 et 25 : Des images à oublier.
- pp. 26 et 27 : Chaque année, le dernier samedi d'avril.
- pp. 28 et 29 : Le camp de Montreuil-Bellay dans la presse.
Le JDD du samedi 7 août 2010 ; Le Monde du mardi 10 août 2010.
- Le camp de Montreuil au cinéma.

Ci-dessous, la page 25 de la brochure...


- p. 32 : Le camp de Montreuil-Bellay aux Editions Wallâda.



- 8 €, aux éditions de la Houdinière, 273, rue de la Salle 49260 Montreuil-Bellay.
- 10 €, par envoi postal, franco de port. (adresse ci-dessus)

Ci-dessous, la page 32 de la brochure.


Pour de plus amples informations sur cette 4ème édition :
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/08/montreuil-bellay-un-camp-de.html

29 août 2011

Dernières nouvelles de Montreuil-Bellay et d'ailleurs

A voir dans Saumur Kiosque, en même temps que moult autres sujets variés... :

29 août ou 1er septembre ? ou tondre des femmes amoureuses est-il un acte libérateur ?
- http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8335

Quand la Libye est à feu et à sang, la retrouver terre bénie des dieux.
- http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8257


5 août 2011

Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou

Brochure Montreuil-Bellay n° 1
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, septembre 2011, 8 euros.
ISBN : 978-2-905941-05-3
-Photographies de l'auteur, sauf mention spéciale.
(Cliquer sur les documents pour les agrandir)


En 1993, sortait aux éditions CMD, aujourd'hui disparues, une brochure de 40 pages (format 145/210 mm) depuis longtemps épuisée.
Je viens d'entreprendre une seconde édition très enrichie qui reprendra le résultat de toutes mes recherches depuis 1973, date de mon installation définitive à Montreuil-Bellay. Elle se présentera en un premier temps au format 210/297 mm qui offre une lectu
re plus confortable des plans, dessins et photographies qui illustrent le texte.





Plan de la brochure qui présente trois parties de l'ouvrage définitif, brochure que l'on peut seulement se procurer auprès de l'auteur.

* Montreuil-Bellay, naissance d'une ville
- Montreuil-Bellay au XVème siècle.
- Montreuil-Bellay en 1772.
- Montreuil-Bellay en 1905.

* Le Thouet
- La source ; dans le Saumurois.
- Les moulins.
- Les ponts.
- La navigation.

* Suivez le guide
- Les remparts de la ville close.
- Curiosité montreuillaise : l'onguent dia merdis.

Cette publication est le fruit du travail personnel d'un instituteur, travail le plus souvent original, et qui acceptera toutes les critiques argumentées, pourvu qu’elles soient d’honnête femme ou homme, remarques et critiques susceptibles de faire progresser la connaissance de ce gros bourg chef-lieu de canton, autrefois à la tête de la seconde Election de l’Anjou qui allait au-delà de Cholet.

- Ainsi, quand certains historiens le disent, sans preuves, construit sur un ancien site romain, je propose une toute autre origine suite à la « lecture » des vieux cheminements qui le traversent et des cartes qui le citent.

- Je suis pareillement tenté de m'écarter de l’explication traditionnelle du nom, Montreuil-Bellay, que ces mêmes historiens font dériver de monasteriolum, sous prétexte qu’y fut établi un monastère dès le XIème siècle. C'est sans doute vrai, mais ayant interrogé la topographie de la plupart des 32 villes françaises portant ce nom, j'aimerais le faire dériver de mons rivuli (éminence près d’une rivière), ces villes ayant été quasiment toutes bâties sur un tertre au-dessus d’un cours d’eau ou de la mer.

Pour Bellay, nous le pensons plus volontiers altération orthographique de Berlay, nom des premiers seigneurs du fief (du XIème au XIIIème siècles), qu’allusion à Joachim du Bellay, poète angevin dont la famille vivait en aval de Bouchemaine. La famille possédait bien une propriété dans la région, mais pas à Montreuil ; elle se trouvait au nord de la Loire, en amont de Saumur.

- Cette nouvelle édition me permet de corriger une erreur de la première : Montreuil-Bellay n'est pas la dernière ville close des 32 qui le furent autrefois en Anjou ; un lecteur me l'a fait gentiment remarquer en m'écrivant que Pouancé, presque à la limite avec la Loire-Atlantique, a également conservé une grande partie de son enceinte médiévale ainsi que d'anciennes portes fortifiées. Dont acte.

Page pour le blog qui ne figure pas dans la brochure mais qui sera publiée dans l'édition intégrale.

Avant l'An Mil


Montreuil-Bellay des origines à l’An Mil,
(d'après un plan dessiné par Patrick Fonteneau en 1993)

Si nous faisions abstraction de toutes les traces laissées par l’homme, nous ne verrions qu’une rivière qui, après avoir traversé le nord-ouest de la plaine poitevine, se fraie un passage entre deux escarpements ; de nombreuses petites îles encombrent son lit alors élargi.
C’est là qu’un premier habitat s’est installé en un temps indéterminé.
A l’origine, deux grands axes de circulation. Celtiques ? Romains ?
Le premier vient du nord. Il a franchi la Loire à Saumur, puis la Dive près de Saint-Just. Il pénètre dans le territoire de l’actuelle commune de Montreuil entre le Thouet qu’il longe et le château de Coux, passe sous le coteau de Saint-Eloi qui portera Saint-Hilaire-d’Aent [le Vieux], pour certains auteurs berceau de la future ville voisine, et qui, après sa destruction lors des Guerres de religion, traversera la rivière sous le nom de Saint-Hilaire-le-Doyen. Le cheminement continue ensuite en contre-bas du château de la Durandière, puis de Razibus.
C’est aussitôt après qu’il rencontre le second axe de circulation venu d’Angers [Andecavum] et qui vient de descendre du plateau par la rue Chèvre avant de traverser le Thouet par un gué, comme le rappelle le cadastre Napoléon. Il faut imaginer le lit de la rivière différent de ce qu’il est aujourd’hui, avec des eaux moins hautes puisque les chaussées qui la barrent n’existent pas encore.
C’est à l’endroit précis de la rencontre de ces deux axes, rive gauche, qu’une première église est bâtie aux temps du prosélytisme du catholicisme pour secourir les pèlerins et les pérégrinants… ou recueillir leurs oboles.
Puis le cheminement, devenu commun pendant quelques hectomètres, contourne l’escarpement de l’Ardenne avant de se partager aussitôt en deux : un chemin file alors vers le sud, Thouars et Bordeaux… l’autre vers l’est, Loudun et Poitiers.
L’invention de pointes de flèches préhistoriques et la présence de trois menhirs de l’âge du bronze le long de ces cheminements au pied du tertre confirment leur ancienneté.
Durant le premier millénaire de notre ère, les premiers habitats locaux ne sont sans doute qu’une suite de masures ou de simples abris troglodytiques à quelques mètres au-dessus des plus hautes eaux de la rivière. Ainsi, les coteaux de Saint-Eloi, de Razibus et de l’Ardenne pourraient avoir été les premiers sites colonisés.







Habitat troglodytique de coteau, rive droite du Thouet, à proximité de l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre, au pied du tertre, désaffectée en 1810.





Habitat troglodytique de plaine, rive gauche du Thouet. On a creusé la carrie sur laquelle ouvraient toutes les pièces qui l’entouraient. On y trouvait l’eau (le puits), le pain (le four) et le vin (le pressoir). La maison en surface ne fut construite qu’au milieu du XIXème siècle.


Au VIIIème siècle, des envahisseurs arabo-berbères vaincus en Poitou s’installent peut-être sur le coteau de l’Ardenne. La présence d’habitations sur un site pentu bien exposé au soleil – là où le soleil arde, d’où vraisemblablement l’origine du nom « Ardenne » - afin de ne pas empiéter sur la moindre parcelle de terre arable est typique de ce que l’on rencontre traditionnellement dans le Maghreb. Jusqu’à retrouver dans une vieille demeure tout un système de canalisations pour récupérer les eaux de pluie.
Toujours est-il que la configuration encore visible aujourd’hui des quartiers de l’Ardenne, de Razibus et des faubourgs d’Outre-les-Ponts qui longent la rivière au pied du tertre et du plateau nord-ouest peut justifier un peuplement antérieur à l’An Mil.
- Page 4 de la brochure :

- Page 5 :