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5 août 2011

Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou

Brochure Montreuil-Bellay n° 1
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, septembre 2011, 8 euros.
ISBN : 978-2-905941-05-3
-Photographies de l'auteur, sauf mention spéciale.
(Cliquer sur les documents pour les agrandir)


En 1993, sortait aux éditions CMD, aujourd'hui disparues, une brochure de 40 pages (format 145/210 mm) depuis longtemps épuisée.
Je viens d'entreprendre une seconde édition très enrichie qui reprendra le résultat de toutes mes recherches depuis 1973, date de mon installation définitive à Montreuil-Bellay. Elle se présentera en un premier temps au format 210/297 mm qui offre une lectu
re plus confortable des plans, dessins et photographies qui illustrent le texte.





Plan de la brochure qui présente trois parties de l'ouvrage définitif, brochure que l'on peut seulement se procurer auprès de l'auteur.

* Montreuil-Bellay, naissance d'une ville
- Montreuil-Bellay au XVème siècle.
- Montreuil-Bellay en 1772.
- Montreuil-Bellay en 1905.

* Le Thouet
- La source ; dans le Saumurois.
- Les moulins.
- Les ponts.
- La navigation.

* Suivez le guide
- Les remparts de la ville close.
- Curiosité montreuillaise : l'onguent dia merdis.

Cette publication est le fruit du travail personnel d'un instituteur, travail le plus souvent original, et qui acceptera toutes les critiques argumentées, pourvu qu’elles soient d’honnête femme ou homme, remarques et critiques susceptibles de faire progresser la connaissance de ce gros bourg chef-lieu de canton, autrefois à la tête de la seconde Election de l’Anjou qui allait au-delà de Cholet.

- Ainsi, quand certains historiens le disent, sans preuves, construit sur un ancien site romain, je propose une toute autre origine suite à la « lecture » des vieux cheminements qui le traversent et des cartes qui le citent.

- Je suis pareillement tenté de m'écarter de l’explication traditionnelle du nom, Montreuil-Bellay, que ces mêmes historiens font dériver de monasteriolum, sous prétexte qu’y fut établi un monastère dès le XIème siècle. C'est sans doute vrai, mais ayant interrogé la topographie de la plupart des 32 villes françaises portant ce nom, j'aimerais le faire dériver de mons rivuli (éminence près d’une rivière), ces villes ayant été quasiment toutes bâties sur un tertre au-dessus d’un cours d’eau ou de la mer.

Pour Bellay, nous le pensons plus volontiers altération orthographique de Berlay, nom des premiers seigneurs du fief (du XIème au XIIIème siècles), qu’allusion à Joachim du Bellay, poète angevin dont la famille vivait en aval de Bouchemaine. La famille possédait bien une propriété dans la région, mais pas à Montreuil ; elle se trouvait au nord de la Loire, en amont de Saumur.

- Cette nouvelle édition me permet de corriger une erreur de la première : Montreuil-Bellay n'est pas la dernière ville close des 32 qui le furent autrefois en Anjou ; un lecteur me l'a fait gentiment remarquer en m'écrivant que Pouancé, presque à la limite avec la Loire-Atlantique, a également conservé une grande partie de son enceinte médiévale ainsi que d'anciennes portes fortifiées. Dont acte.

Page pour le blog qui ne figure pas dans la brochure mais qui sera publiée dans l'édition intégrale.

Avant l'An Mil


Montreuil-Bellay des origines à l’An Mil,
(d'après un plan dessiné par Patrick Fonteneau en 1993)

Si nous faisions abstraction de toutes les traces laissées par l’homme, nous ne verrions qu’une rivière qui, après avoir traversé le nord-ouest de la plaine poitevine, se fraie un passage entre deux escarpements ; de nombreuses petites îles encombrent son lit alors élargi.
C’est là qu’un premier habitat s’est installé en un temps indéterminé.
A l’origine, deux grands axes de circulation. Celtiques ? Romains ?
Le premier vient du nord. Il a franchi la Loire à Saumur, puis la Dive près de Saint-Just. Il pénètre dans le territoire de l’actuelle commune de Montreuil entre le Thouet qu’il longe et le château de Coux, passe sous le coteau de Saint-Eloi qui portera Saint-Hilaire-d’Aent [le Vieux], pour certains auteurs berceau de la future ville voisine, et qui, après sa destruction lors des Guerres de religion, traversera la rivière sous le nom de Saint-Hilaire-le-Doyen. Le cheminement continue ensuite en contre-bas du château de la Durandière, puis de Razibus.
C’est aussitôt après qu’il rencontre le second axe de circulation venu d’Angers [Andecavum] et qui vient de descendre du plateau par la rue Chèvre avant de traverser le Thouet par un gué, comme le rappelle le cadastre Napoléon. Il faut imaginer le lit de la rivière différent de ce qu’il est aujourd’hui, avec des eaux moins hautes puisque les chaussées qui la barrent n’existent pas encore.
C’est à l’endroit précis de la rencontre de ces deux axes, rive gauche, qu’une première église est bâtie aux temps du prosélytisme du catholicisme pour secourir les pèlerins et les pérégrinants… ou recueillir leurs oboles.
Puis le cheminement, devenu commun pendant quelques hectomètres, contourne l’escarpement de l’Ardenne avant de se partager aussitôt en deux : un chemin file alors vers le sud, Thouars et Bordeaux… l’autre vers l’est, Loudun et Poitiers.
L’invention de pointes de flèches préhistoriques et la présence de trois menhirs de l’âge du bronze le long de ces cheminements au pied du tertre confirment leur ancienneté.
Durant le premier millénaire de notre ère, les premiers habitats locaux ne sont sans doute qu’une suite de masures ou de simples abris troglodytiques à quelques mètres au-dessus des plus hautes eaux de la rivière. Ainsi, les coteaux de Saint-Eloi, de Razibus et de l’Ardenne pourraient avoir été les premiers sites colonisés.







Habitat troglodytique de coteau, rive droite du Thouet, à proximité de l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre, au pied du tertre, désaffectée en 1810.





Habitat troglodytique de plaine, rive gauche du Thouet. On a creusé la carrie sur laquelle ouvraient toutes les pièces qui l’entouraient. On y trouvait l’eau (le puits), le pain (le four) et le vin (le pressoir). La maison en surface ne fut construite qu’au milieu du XIXème siècle.


Au VIIIème siècle, des envahisseurs arabo-berbères vaincus en Poitou s’installent peut-être sur le coteau de l’Ardenne. La présence d’habitations sur un site pentu bien exposé au soleil – là où le soleil arde, d’où vraisemblablement l’origine du nom « Ardenne » - afin de ne pas empiéter sur la moindre parcelle de terre arable est typique de ce que l’on rencontre traditionnellement dans le Maghreb. Jusqu’à retrouver dans une vieille demeure tout un système de canalisations pour récupérer les eaux de pluie.
Toujours est-il que la configuration encore visible aujourd’hui des quartiers de l’Ardenne, de Razibus et des faubourgs d’Outre-les-Ponts qui longent la rivière au pied du tertre et du plateau nord-ouest peut justifier un peuplement antérieur à l’An Mil.
- Page 4 de la brochure :

- Page 5 :

21 août 2009

Le château de Montreuil-Bellay

Ce dossier est consultable en parallèle avec Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou.

Photos Jacques Sigot, sauf mention spéciale. Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Le château, de jour. (Photo prise d'avion en 1981)


De nuit, de la rive gauche du Thouet qui coule à son pied.

Visite du château de Montreuil-Bellay, même s'il serait plus juste, comme nous le verrons, d'écrire des châteaux de Montreuil-Bellay.
Auparavant, il faut rappeler que son premier bâtisseur, Foulques Nerra, ne l'a pas fait construire sur un site gallo-romain comme il est parfois dit. Aucune trace d'un tel habitat n'a jamais été mise à jour, et l'on sait que les Romains ont préféré s'installer le long d'une ligne plus à l'est, passant pas Bron et Antoigné, plutôt que sur le bord d'un tertre irrégulier qui domine la rivière du Thouet.
Foulques n'a pas non plus érigé son donjon seigneurial à l'extrémité de ce tertre d'où il aurait pu faire surveiller la plaine du Poitou, mais à proximité d'un gué et d'une petite église sise au carrefour de deux importants axes de circulation afin de les protéger. Une ligne de ponts gothiques parallèle à ce gué a remplacé ce gué au XVème siècle ; elle aboutissait au pied de la forteresse (0 sur le plan). L'ouvrage s'est effondré plusieurs fois, définitivement en 1577. Voir Le Thouet à Montreuil-Bellay dans le plan du blog, chapitre 1.
Il ne reste rien de cette première fortification des premières décennies du XIème siècle qu'un long siège opposant Geoffroy le Bel, dit Plantagenêt, comte d'Anjou, à Giraud Berlay, l'impétueux seigneur de Montreuil, a entièrement détruit en représailles en 1151. A moins que la forme curviligne de l'enceinte actuelle ne conserve le tracé des douves d'alors...

Plan ci-dessous emprunté aux actes du Congrès archéologique en Anjou de 1964 (page 414). J'ai ajouté quelques tracés et les légendes.



Voir ci-dessous les différentes composantes de l'ensemble castral. (Légendes sous les clichés)



1 - L'enceinte fortifiée - courtines et tours - subsiste du château bâti au début du XIIIème siècle par Guillaume IV, vicomte de Melun et comte de Tancarville, seigneur de Montreuil-Bellay, après que l'Anjou a été rattaché à la France par Philippe Auguste en 1205. Les Capétiens construisent des courtines rectilignes et des tours cylindriques quand les courtines de leurs prédécesseurs étaient curvilignes et les tours à plan carré ou barlong.


1a - 1b -1c : Certaines parties des châteaux conservent des constructions du XIIIème siècle.
1a : La Capitainerie, porte d'entrée de la forteresse médiévale. 1b : Façade sud-est avec, sur la gauche, deux énormes tours quasiment aveugles très rapprochées. 1c : Façade nord du Château-Neuf dans laquelle ont été ultérieurement ouvertes de nombreuses fenêtres.

Les douves sont sèches et descendent en pente régulière jusqu'au niveau de la rivière.




2 - Courtine dominant le Thouet, endroit où elle est la plus haute. Elle est bâtie en petit appareil typique du XIIIème siècle. Les tourelles étaient à l'origine vraisemblablement couvertes de hourds en bois comme nous pouvons le voir ci-après dans le dessin de Gaignières (1699).





3 - Vestiges dégagés de l'ancien donjon de la forteresse capétienne du XIIIème siècle. Ce donjon, qui fut rasé en 1808, est visible sur un dessin de Gaignières de 1699. (Arch. dép. Maine-et-Loire, E 887, folio 43).

 L'un de mes correspondants, passionné par les fortifications médiévales, m'a envoyé un dessin de ce donjon que l'on voit donc encore en partie chez Gaignières à la fin du XVIIème siècle.


Le donjon, amputé de sa partie supérieure, paraît encore dans ce dessin réalisé le 25 avril 1821 d'après nature par Charles Dovalle. Le jeune poète avait alors 14 ans et devait mourir tragiquement 8 années plus tard. (Archives de la Bibliothèque municipale de Saumur).
   - Dossier sur Charles Dovalle.
   - Dossier sur sa Maison natale à Montreuil-Bellay, une belle demeure du XVème siècle au-dessus du Thouet.

Lors d'une visite au château, en avril 2010, je me suis aperçu que la base du donjon - seuls vestiges qui en restaient - avaient été enterrés pour raison de sécurité.
Ce que l'on voit aujourd'hui :



4 - La cuisine du château. Au Moyen Age, la cuisine était un bâtiment indépendant pour écarter les risques d'incendie. Celle du château de Montreuil-Bellay, adossée à la courtine, est assez remarquable pour que Emmanuel Violet-le-Duc, qui la date de la fin du XIVème siècle, la prenne comme exemple dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française d'où est extraite le dessin ci-après (en coupe parallèle à la façade de la photo ci-dessous).




Elle est à foyer central. Sa haute toiture est à trois pans. L'une des entrées était protégée par un auvent que l'on peut voir dans le dessin. L'on remarque aussi dans ce dernier l'une des deux cheminées à manteau construites ultérieurement sur les murs latéraux, et dans la photographie les deux hauts conduits en briques.


                               La barbacane vue du chemin de ronde (ci-dessus) 
                               et de la place des Ormeaux (ci-dessous).


5 - La barbacane. Les barbacanes étaient des ouvrages avancés construits pour protéger les entrées principales des forteresses. Elles ont souvent disparu lorsque les châteaux, après la fin de la Guerre de Cent Ans, sont devenus d'agrément. Celle de Montreuil est habituellement datée du XVème siècle quand je la pensais plus ancienne, vu la nature du matériau utilisé. Elle est dite "à gorge ouverte", c'est-à-dire qu'elle n'est pas fermée. Ainsi, les assaillants qui l'auraient prises se seraient retrouvés directement sous le feu des défenseurs postés dans la Capitainerie. Un boulevard à hauteur permettait aux hommes de circuler et de tirer à travers les meurtrières modifiées par la suite pour l'usage des couleuvrines.
Deux ponts-levis isolaient la barbacane, l'un de la Place des Ormeaux, l'autre de la Capitainerie que l'on voit à l'arrière-plan sur le second cliché.




6- Le Château-Vieux ou Châtelet est la première construction entreprise par la famille des d'Harcourt qui vient d'hériter du fief en 1415. Le Château-Vieux s'appuie contre la Capitainerie (1a). Sa façade sur la cour haute est percée de nombreuses fenêtres.



7 - Le Petit-Château ou Logis des chanoines, daté de 1450, se compose de quatre habitations particulières indépendantes, avec rez-de-chaussée et étage, chacune possédant son escalier dans une tourelle à demi en hors d'oeuvre.




8 - Le Château-Neuf, dont la construction a commencé vers 1485, sur ordre de Guillaume d'Harcourt, est en partie inclus dans la forteresse du XIIIème siècle (1c). C'est le château proprement dit. Il possède, dit-on, le plus large escalier à vis de France, éclairé par les six fenêtres à meneaux cruciformes de la tour au premier plan. Les travaux d'aménagement, arrêtés vers 1505, sont repris par l'architecte saumurois Joly-Leterme. Ce dernier habille le pignon, à droite de la tour d'escalier, laissé en attente. La porte précédée d'un perron donne un accès direct au grand salon.



9 - La collégiale du Château. Construite par les d'Harcourt à partir de 1572, en remplacement de l'ancienne chapelle castrale, elle est consacrée en 1484. Elle devient église paroissiale en 1810. Longue de 44 m, large de 12 et haute de 18, elle n'a qu'une seule nef de cinq travées.


10 - Porte du Moulin ; 11 - Porte du Boëlle ; 12 - Tour du Boëlle et nouvelle porte ouverte dans la muraille en 1669 pour détourner la circulation de la basse-cour (le boëlle) que se réservent dès lors les seigneurs.

Pour plus de détails, se reporter au dossier Montreuil-Bellay ville close de l'Anjou , clichés 7 (Porte du Moulin), 5 (Porte du Boëlle) et 4 (Tour du Boëlle et nouvelle porte).


La tour du Boëlle est construite sur pilotis de bois dans le lit du Thouet. Le Boëlle, parfois écrit Boele, Boile, ou Baile, désignait à l'origine une palissade de pieux qui formait des lices autour d'une fortification. Puis le mot a progressivement défini l'espace qu'il enfermait, et le Boëlle devint synonyme de basse-cour, cour au-dessous du château où se trouvaient les communs. Les villageois s'y réfugiaient en cas de danger pour se mettre sous la protection de leur seigneur.




13 - Les celliers du château, construits au XVème siècle dans le prolongement de la basse-cour, furent modifiés au XIXème.

Choses vues le 15 septembre 2012

 Le Castelet d'entrée

1

2

3

L'ensemble castral
(4 et de 7 à 15) 

4




 Le Château Neuf 

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6

7

8

9

10

11

Le Vieux Château


12

13

Dans les jardins
14
Sculpture de François d'Orglandes

15
Pierre gravée à l'entrée d'une cave.
"Par icy on descend dans le
caveau des seigneurs fondateurs"
Les Berlay.