30 juin 2009

Monument aux célébrités montreuillaises René Moreau, Pierre Duret, Alphonse Toussenel, Charles Dovalle

Le Monument du Mail Aubelle


Monument inauguré le 14 août 1898.
L’architecte : M. Muirer, né à Angers, élève de l’Ecole des Beaux-Arts, architecte à Paris.
Le sculpteur : M. Porcher, né à Fontevaud, élève de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, lauréat du salon des Champs Elysées.
La pyramide quadrangulaire est en granit de Bécon (Maine-et-Loire).
Les médaillons sont en bronze.

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Ce monument fut érigé à l’initiative d’Emile Chevalier, né à Montreuil-Bellay le 29 janvier 1861, directeur d’une maison de banque que sa mère avait créée dans ce chef-lieu de canton. Parallèlement à ses travaux professionnels, il se passionnait pour l’histoire et avait entrepris celle de sa ville natale, tâche qu’il aurait menée à son terme si la mort ne l’avait pas emporté à 38 ans, le 3 janvier 1899.
La décision d’érection de ce moment fut prise en 1896. Le monument a été déclaré d’utilité publique par décret de M. Le Président de la République en date du 11 septembre 1897. Emile Chevalier organisa avec succès une souscription nationale pour couvrir les frais de l’entreprise et l’inauguration eut donc lieu le 14 août 1898 au cours d’une somptueuse cérémonie présidée par André Theuriet, de l’Académie Française.

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Les quatre natifs de la ville ainsi honorés sont :
- René Moreau (1587-1656), médecin de Louis XIII et de Louis XIV.
- Pierre Duret (1745-1825), premier chirurgien en chef de la Marine.
- Alphonse Toussenel (1803-1885), écrivain et naturaliste.
- Charles Dovalle (1807-1829), poète.

Textes et photos : Jacques Sigot

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René Moreau (1587-1656)



René Moreau naît en 1587 à Montreuil-Bellay où son père est docteur en médecine, venu en Anjou à la suite du duc d'Alençon dont il est le médecin personnel.

Le jeune garçon fait ses études à Paris. D'abord doué pour la littérature, il change de voie pour être reçu docteur à trente et un ans. Il devient l'un des praticiens les plus réputés de son époque. Professeur royal à la chaire de médecine et de chirurgie de la Faculté de Paris, il est nommé grand aumônier de France. On fait appel à lui pour choisir une nourrice pour le dauphin. Il assiste Louis XIII dans sa dernière maladie et prend part à toutes les consultations. En 1639, il soigne le jeune Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye.

C'est à René Moreau que l'on doit l'introduction en France du chocolat dont il a apprécié la valeur en lisant les auteurs espagnols.

René Moreau meurt à Paris le 17 octobre 1656.

Principales oeuvres publiées : Les Préceptes de l'Ecole de Salerne pour conserver la santé, la Saignée dans la pleurésie, l'Angine coenneuse et la laryngotomie. Dans son pamphlet intitulé Défense de la Faculté de médecine de Paris contre son calomniateur, Théophraste Renaudot, de la Faculté de Montpellier, il attaque un collègue médecin né à Loudun, proche de sa ville natale, et fondateur du premier journal français, Théophraste Renaudot.

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Pierre Duret (1745-1825)



Pierre Duret, appelé en 1809 l'Ambroise Paré de la Marine française par le célèbre médecin Broussais, naît à Montreuil-Bellay le 5 novembre 1745. Son père, chargé d'une nombreuse famille, est marchand, et donne à son fils une éducation plus solide que brillante et variée.

Six certificats revêtus du cachet de l'Ecole de Paris, signés de MM. les Professeurs, visés et vérifiés par MM. les Prévôts des écoles de chirurgie, prouvent que depuis 1762 jusqu'en 1767, Pierre Duret a suivi avec le plus grand succès et la plus grande exactitude, les cours d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements donnés par cette Ecole. A 22 ans il a conquis touts les grades universitaires

Trop jeune pour se lancer dans la médecine civile, il se rend à Brest et se détermine à entrer à l'hôpital de la Marine en qualité d'aide-chirurgien ordinaire. Un concours s'ouvre en octobre 1768 ; il obtient une place d'aide entretenu et reçoit une médaille. En 1769, il est embarqué sur le vaisseau Le Solitaire, commandé par le vicomte de Roquefeuille, mais il souffre trop du mal de mer dont il ne peut se délivrer. Il songe à se retirer de la Marine lorsque de nouvelles considérations l'y fixent encore. Son embarquement est un nouvel échec. Il reste donc à terre, nommé en janvier 1780 démonstrateur. Le 15 février 1808, après être passé par tous les grades intermédiaires, il devient enfin premier chirurgien en chef de la Marine, jusqu'au 1er juillet 1814, date à laquelle il est admis à prendre sa retraite. Il est ensuite membre de l'Académie Royale. Louis XVIII lui remet la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

Il meurt en 1825 à Brest où il avait été aussi Conseiller municipal. La Marine, la Ville presque entière escortent son convoi funèbre. Son nom est donné à une rue de sa ville adoptive.

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Alphonse Toussenel (1803-1885)




Si Alphonse Toussenel naît à Montreuil-Bellay le 17 mars 1803, c'est uniquement parce que son père a été nommé premier magistrat de la commune par le Consulat, en 1800. Il quitte notre ville en 1806, quand l'Empire envoie ce père Outre-Rhin.

Après des études pénibles « dans ce bagne affreux de l'enfance qu'on nomme le collège », le jeune Alphonse découvre avec enthousiasme l’œuvre de Charles Fourier qui marquera toute sa vie.

Pendant la Révolution de 1830, il devient journaliste professionnel, « un écrivain ministériel », comme il le dit lui-même, c'est à dire rédacteur appointé d'un journal dans lequel il soutient des opinions qui ne sont pas toujours les siennes. En 1841, Louis-Philippe le nomme commissaire civil en Algérie, mais il y entre en conflit avec l'autorité militaire dont il ne partage pas les vues, et démissionne. L'insurrection parisienne de 1848 et la proclamation de la Seconde République semblent vouloir combler ses vœux, mais la tournure que prennent les événements le déçoit profondément, et il préfère se retirer et s'isoler au milieu de la nature. Il rédige alors L'Esprit des bêtes, ce long traité de zoologie passionnelle qui fera sa gloire.

Alphonse Toussenel meurt le 30 avril 1885 à La Plâtrerie, forêt de Fontainebleau. Il reste cet écrivain ingénieux spirituel et paradoxal.

Oeuvres : Les Juifs Rois de l'Epoque (1845), L'Esprit des Bêtes (1868), Travail et Fainéantise (1849), Tristia (1863), Le Monde des Oiseaux (1873).

Sur Alphonse Toussenel :
Série d'articles dans la presse régionale, La Nouvelle République du Centre-Ouest.
Il y a deux cents ans naissait Alphonse Toussenel, Jacques Sigot, in Gavroche n° 127
Faut-il débaptiser les rues Toussenel ? J. Sigot, in Gavroche n° 143
Pages choisies d’Alphonse Toussenel. J. Sigot, in Gavroche n° 143

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Charles Dovalle (1807-1829)



Charles Dovalle naît à Montreuil-Bellay le 23 juin 1807. Sa famille occupe dans la ville de grandes charges royales ou municipales.

Le jeune garçon va étudier au collège de Saumur où il manifeste un goût si vif pour la littérature qu'un prix de poésie est créé tout exprès pour lui. Ses études classiques terminées, il suit les cours de la Faculté de droit de Poitiers. Mais les Muses le détournent de l'étude et, sous le pseudonyme de Pauline A..., il publie des poèmes dans des revues.

Bientôt Charles Dovalle part pour Paris pour y connaître la gloire. Dès son arrivée, pourtant, il se trouve aux prises avec les nécessités de l'existence. Obligé de se consacrer à des travaux de jurisprudence, tout en écrivant dans Le Figaro, il est attaché d'une façon permanente comme rédacteur au Journal des Salons publié sous quatre noms différents : Le Sylphe, Trilby, Le Lutin et Le Follet. Notre jeune Montreuillais, qui habite rue de la Harpe, n'en continue pas moins à se consacrer à la poésie. Un soir, M. Mirra, directeur au théâtre des Variétés, n'accepte pas son entrée. Dovalle se venge le lendemain en écrivant dans Le Lutin : Monsieur Mirra, peut-être Mirra-sévère, mais il ne sera jamais Mirra-beau. Ne pas oublier que nous sommes au lendemain de la Révolution, et ce Monsieur Mirra qui, en vérité ne l’est pas, beau, se fâche, provoque Dovalle en duel et, après quelques maladresses réciproques à l'épée, le tue au pistolet dans une ancienne redoute de Clignancourt.
Les funérailles ont lieu le 30 novembre 1829.
Le 8 mai 1830, une colonne de marbre blanc est érigée sur sa tombe dans le cimetière de Montmartre.

L’édition complète de ses œuvres, Le Sylphe, Poésies de feu Ch. Dovalle, paraît à Paris aux éditions Ladvocat, Palais-Royal, en 1830, avec une préface de Victor Hugo.

7 févr. 2009

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- Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou.
Le tour complet de l'enceinte fortifiée

- Le site du camp de concentration de Montreuil-Bellay
Panneaux sur le site et envahissement par les herbes et chardons

- Le Thouet à Montreuil-Bellay. (août 2008)
Promenade en canoë


- Montreuil-Bellay, un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. (août 2008)
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/08/montreuil-bellay-un-camp-de.html

- Le massacre de Maillé le 25 août 1944. (février 2008)
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/02/les-collgiens-de-bourgueil-maill.html

- Zürich, le 11 novembre 2008 J-O. août 21008)
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/08/un-certain-11-novembre-2008.html

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30 janv. 2009

Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou

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Cliquer sur les montages ci-dessus et les photographies pour les agrandir. Copyright Jacques Sigot pour le texte ; ainsi que pour les clichés, excepté pour les numéros 10 (carte postale ancienne), et 16 (archives Jacques Wilmet). L'ancien plan de la ville, dit cadastre Napoléon de 1829, au centre du document ci-dessus, a été photographié au centre des Impôts à Saumur.

Attention : Ce travail, recherche effectuée à partir d'archives et d'ouvrages divers, et surtout à partir d'une lecture personnelle du paysage, n'engage donc souvent que son auteur.

Montreuil-Bellay, petite ville à la limite orientale de l'Anjou, proche du Poitou et de la Touraine, a gardé intacte la presque totalité de sa muraille médiévale et quatre de ses six portes monumentales, ce qui en fait l'une des dernières des 32 anciennes villes closes de l'Anjou.


Cliché 0 : Muraille primitive
Au XIème siècle, au temps des Berlay, seigneurs du fief, une première muraille curviligne enfermait un donjon barlongue que Foulque Nerra avait fait construire vers 1025, ainsi qu'un village, premier état de l'actuelle ville haute de Montreuil-Bellay, où vivaient ceux que l'on appelait "manants".
Un habitat plus ancien, essentiellement troglodytique, devait exister au bas du tertre, sur les deux rives de la rivière du Thouet, ce qui expliquerait la présence à proximité des ruines de ce qui fut église paroissiale jusqu'au tout début du XIXème siècle.
Cette muraille autrefois en terre, dont subsistent quelques vestiges, longe la rue du Buffet ; des arbres ont poussé sur son sommet.
La partie visible sur le cliché ci-dessus a été ultérieurement consolidée par empierrement.



Cliché 1 : Tour du Guichet
Au XIIIème siècle, les Melun-Tancarville, seigneurs du fief, ont construit une nouvelle muraille pour protéger le bourg qui s'était agrandi. Leurs successeurs, les d'Harcourt, l'ont rehaussée et achevée au XVème.
Nous commençons notre promenade au sud-ouest de la vieille ville, quartier de l'Ardenne. Un cheminement longeait le bord supérieur du tertre et pénétrait dans Montreuil par une porte étroite, dite du Guichet, seulement pour piétons et cavaliers. Côté précipice et rivière, cette porte était protégée par une tour, la Tour du Guichet, aujourd'hui découronnée et transformée en garage.



Cliché 2-1 : De gauche à droite : le château, le rempart qui monte du niveau de la rivière à la ville haute, le rempart et une tourelle d'angle qui enferme le jardin de la Maison Dovalle.


Clichés 2-2  : Rempart et tour de la Maison Dovalle
Sur la gauche du cliché 2-1, la muraille et son chemin de ronde, partis du niveau de la rivière, montent en oblique pour atteindre la ville haute. La muraille tourne deux fois à angle droit pour enfermer le jardin suspendu de la Maison Dovalle et gagne ensuite perpendiculairement le bord supérieur du Tertre. Petite tour d'angle à l'angle le plus vertigineux de l'ancienne enceinte urbaine.



Cliché 3 : Rempart des Nobis
A l'origine, cette section de la muraille très abîmée fermait la ville basse du côté de la rivière qui baignait son pied. Seule paraît la partie haute, le reste ayant été enterré. Les mâchicoulis sont encore par endroits bien conservés.



Cliché 4 : Tour et rempart du Boëlle
Le boëlle était la cour basse du château où pouvaient se réfugier les manants et les paysans lorsque la ville était attaquée. La tour baigne dans les eaux du Thouet. C'est à sa gauche que la ligne des anciens ponts médiévaux, effondrés définitivement en 1577, s'appuyaient sur la rive droite de la rivière.



Cliché 5 : Porte du Boëlle
Cette porte, construite du XVème, est l'une des six portes monumentales ouvertes dans la muraille urbaine achevée par les d'Harcourt. Elle n'est plus visible depuis que le seigneur l'a condamnée à son seul usage après l'avoir remplacée, vers 1669, par une nouvelle porte percée dans le rempart près de la tour du Boëlle. Il entendait ainsi interdire le passage coutumier dans la partie basse de sa propriété, aujourd'hui aménagée en jardins.



Cliché 6 : Rempart du Moulin du Château
Cette section a été en partie démolie vraisemblablement vers 1669 lorsque fut aménagé un chemi-nement entre la cour basse du château et la rivière, et que fut ouverte une porte dans la muraille du Boëlle, près de la tour (cliché 4). L'épaisseur du mur portant le chemin de ronde a été arrachée. Reste une meurtrière.



Cliché 7 : Porte du Moulin du Château
Cette porte jouxte l'ancien moulin à eau du château ; elle était en communication directe avec la porte du Boëlle aujourd'hui condamnée (cliché 5). Toutes deux,  longeant la rivière sur sa rive droite, permettaient la circulation autrefois intense dans la ville basse pour tous ceux qui n'entendaient pas monter dans la ville haute.



Cliché 8 : Les châteaux
Cette photographie, prise par avion en 1981, présente l'ensemble des trois châteaux, de la cuisine médiévale, de la collégiale, et des cours hautes dont l'une a été aménagée en jardins, tous enfermés dans une ceinture de remparts ponctués de tours qui dut épouser la forme curviligne des douves de la première fortification que Foulque Nerra avait fait construire au XIème siècle. 
Successivement, du premier plan vers l'arrière-plan : la collégiale, consacrée en 1484 ; le Château Vieux, début du XVème qui reprit des parties de celui du XIIIème ; à sa gauche, la barbacane à gorge ouverte, du XVème ; puis la cuisine à foyer centrale, en partie du XIIIème ; le Petit Château, dit aussi Logis des Chanoines, du milieu du XVème ; à sa droite, le Château Neuf, élevé à partir de 1485 sur l'ancien château du XIIIème dont on voit encore les puissantes tours cylindriques côté rivière. Le pignon face à nous fut habillé dans les années 1860 lors d'importantes restaurations par les descendants de Jean Niveleau, riche bourgeois de Saumur.
Sur la droite du cliché : la porte du Moulin (cliché 7), et l'ancien moulin à eau reconstruit après qu'il avait été détruit par un incendie en 1896 ; le rempart et la tour du Boëlle, avec la porte ouverte en 1669 (cliché 4).



Cliché 9 : Le château côté sud-ouest.
Tours et courtines du château construit au XIIIème siècle pour remplacer le donjon barlong en terre et bois du XIème que le comte d'Anjou Geoffroy le Bel, dit Plantagenêt, avait détruit en 1151 après un siège de deux années, pour punir Giraud Berlay, seigneur du fief qui s'était soulevé contre son suzerain.



Cliché 10 : Porte Nouvelle
Cette porte s'est certainement appelée ainsi parce qu'elle remplaçait une ancienne porte - sur le même cheminement vers le centre de la vieille ville - ouverte dans la muraille primitive du XIe siècle (cliché 0). La route venant de Saumur suivait autrefois la rive droite du Thouet, et franchissait la Dive à Saint-Just-sur-Dive. Au XVe siècle, quand fut terminée la nouvelle enceinte urbaine, la grande traversée de la ville haute allait de la Porte Nouvelle à la Porte Saint-Jean.
Pour que fût élevée la nouvelle muraille rectiligne de la porte dite Nouvelle au rempart du château, il fallut raser une partie du vieux bâti du faubourg construit à flanc de coteau. J'explique ainsi le nom qu'il porte aujourd'hui : quartier de Razibus.



Clichés 11-1 et 11-2 : Rempart et tour de la Maison Toussenel
C'est là que la muraille urbaine change de direction pour atteindre la Porte Nouvelle puis le château contre lequel elle allait autrefois buter. Elle enferme une belle et vaste propriété où est né l'écrivain Alphonse Toussenel (1803-1885), célèbre auteur d'une précieuse étude sur L'Esprit des bêtes. Il était le  fils de Jean-Paptiste Tousnel (orthographe primitive), nommé maire de Montreuil par Bonaparte en décembre 1800.

 


Clichés 11-3 et 11-4 : Boulevard des Ardillers. Les marronniers ont été plantés à l'emplacement des anciennes douves que l'on avait comblées. Ardiller vient du mot "ardille", l'argile en vieux langage de l'Anjou.

Cliché 11-5 : Boulevard de l'Ardiller, entre les rues de l'Ardiller et Estienvrin. Au premier plan, ce qui reste de l'ancienne muraille urbaine ; au second plan au centre, le manoir des Grands Ardillers ; à l'arrière-plan au centre, la collégiale du château, devenue église paroissiale en 1810.


Cliché 12 : Tour des Augustins
Même si elle appelée parfois Tour des Glycines, je préfère lui donner le nom du monastère qui la jouxte, monastère construit de 1626 à 1641 par des religieux de l'ordre mendiant des Augustins. A droite de la tour, l'ancienne église abbatiale. Désaffectée à la Révolution pour devenir Temple de la Raison, elle a été entièrement restaurée à l'initiative d'Alex Wilbrenninck. 
Le fossé - ou douve - qui bordait la muraille fut comblé dans les années 1880, lorsque fut construite à proximité la nouvelle école des garçons.


Cliché 13 : Tour de l'Hôpital
Là encore, la muraille urbaine change de direction, d'où la présence d'une puissante tour d'angle. Le rempart protège ici le vieil hôpital-Saint-Jean construit au XVe siècle pour remplacer un ancien Hôtel-Dieu. L'église, qui fait partie de l'hôpital, fut consacrée en 1484. A l'arrière-plan, la Maison de Retraite de Montreuil-Bellay dans un bâtiment plus récent.


Cliché 14 : Porte Saint-Jean
Porte Saint-Jean, parce qu'elle ouvre directement sur l'entrée de l'ancien hôpital du même nom. La plus belle porte de la ville, la plus curieuse avec ses rangées de bossages. On a prétendu qu'elle avait été copiée sur l'une de Jaffa, en Palestine ; j'en ai vu de semblables en France : à Domme et à Provins.
Une bizarrerie : 15 rangées de bossages à gauche, 16 à droite...
Nos hôtes à qui je fais visiter la ville me demandent parfois le pourquoi de ces bossages. Ajouter du défensif à la défense ?
Dans son site, http://www.archeo-alpi-maritimi.com/bossagesfortifications.php, Raoul Barbès écrit : La théorie de l’amortissement de l’effet des projectiles est valable si les bossages sont régulièrement répartis sur l’ouvrage. Ce pourrait être le cas de la porte Saint-Jean de Montreuil Bellay où les lits de pierres sont horizontaux et réguliers et où les bossages bruts sont espacés régulièrement. Ils sont plus ou moins carrés. Il n’y en a pas à la base de la tour pour éviter probablement l’escalade.
Je réponds parfois à nos visiteurs que c'était pour impressionner les assaillants. Personnellement, je les crois ajoutés comme éléments décoratifs ; et vous, qu'en pensez-vous ?


Cliché 15-1 : Rempart de la Perruche
La partie rectiligne la plus longue et la plus impressionnante de l'enceinte urbaine. On y voit très bien la différence de dimensions des pierres utilisées : petites sous les Melun-Tancarville, au XIIIe siècle ;  plus grosses sous les d'Harcourt, au XVe.
C'est également  dans cette section qu'elle est la plus haute, sans préjuger de ce qui a été enterré lors du comblement de la douve.

Cliché 15-2 : Le rempart vu de la rue de la rue Victor-Hugo, avec son chemin de ronde et une meurtrière. La rue s'appelait autrefois de l'Opéra. Pour "rue des opérations militaires" qui se déroulaient à proximité, et non pas en souvenir de quelque scène pour diva enchantée ?...


Cliché 16 : Rempart de la Perruche
Cette photo, prise par le docteur Jacques Wilmet dans les années 1960, montre la muraille quasiment dégagée. Depuis, a été construit un lotissement qui la cache. A Angers, fut démolie toute une ligne d'immeubles pour mettre en valeur la forteresse médiévale qui se dresse au-dessus de la Maine ; à Montreuil, on décida de soustraire à la vue des visiteurs ce merveilleux panorama alors intact...
On découvre donc encore sur ce vieux cliché l'ouche de la Perruche ; on dit "ouche" en Poitou, dont fit un temps partie Montreuil, et "clos" en Anjou où se trouve maintenant la ville depuis la création des départements en 1790. Ce terrain était nu entre le faubourg de l'Ardenne et la vieille ville close.
Gageons que nos arrière-petits-enfants pourront admirer de nouveau la ligne impeccable de la muraille quand les maisons neuves auront disparu, ruinées par les décennies. Le temps, lui, sait faire la part des choses...

Nous sommes arrivés à notre point de départ, à la Tour du Guichet. Merci de m'avoir accompagné dans cette visite. 
Montreuil-Bellay ville close de l'Anjou, Montreuil-Bellay ville ouverte à tous.
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15 sept. 2008

Site du camp de concentration de Montreuil-Bellay

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Dernière minute, au dimanche 7 février 2010 : Deux panneaux ont disparu !!!
Voir en fin d'article...

Quand l'Histoire tombe dans le(s) panneau(x)...
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La plupart des photos ci-dessus ont été prises sur le site même de l'ancien camp le lundi 15 septembre 2008.

Voici le site de l'ancien camp de concentration de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Cherchez l'erreur... car si les promoteurs de ces panneaux avaient su qu'ils seraient installés sur le terrain même du camp... un beau détour assurément !!!

Ce panneau vous l'indique, c'est l'un des plus beaux détours de France, et Montreuil-Bellay, cette si jolie petite ville de l'Anjou, mérite donc votre visite...


Il y a eu un célèbre précédent. En janvier 1988, quand nous avons réussi à faire ériger une stèle commémorative sur le site, il y avait à proximité de la prison, seul vestige intact de l'ancien camp, un talentueux panneau qui semblait vouloir vanter la qualité du lieu : un camp(ing) trois étoiles. Cela ne pouvait que choquer, même si l'on pouvait comprendre que la chose annoncée n'était en réalité point là, mais au bord de la rivière et au pied du château, tous deux en ville. J'ai alors demandé que l'on retirât ce malencontreux panneau avant l'érection de la stèle. En vain, comme vous pouvez le constater.
La publication dans la presse régionale de ce cliché s'est avérée plus efficace que ma demande... et l'intrus disparut vite pour que fût enfin respectée la désolation du paysage.

Mais l'humour noir est têtu, et ce camp reste toujours une belle page de notre Histoire...


Un jeune cheval s'ébroue à proximité des marches de tout ce qui reste de l'un des baraquements du camp... la Vie est là...

La vie... il y a même des naissances...



Près des ruines de l'imposant ensemble cuisines, réfectoire, réserves, un panneau publicitaire continue de "bricoler" avec l'Histoire...


La prison, cave d'une ferme qui a brûlé au début du XXème siècle, disparaît sous les herbes folles. La stèle, inaugurée en janvier 1988, résiste mieux à l'envahissant abandon...



Au-delà de ces panneaux, rappelons la chronologie des internements dans cet ancien camp de concentration, comme il s'est parfois appelé pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ici, de janvier 1940 à novembre 1945, furent successivement enfermés derrière des barbelés électrifiés dominés par des miradors, des Républicains espagnols, des soldats français, des civils anglais, des clochards, des Russes "blancs", des collaborateurs, des soldats allemands, des civils allemands et hollandais, principalement des femmes, et surtout, du 8 novembre 1941 au 16 janvier 1945, quelque 3000 Tsiganes, victimes d'une mesure arbitraire, comme le concède l'intitulé de la stèle qui n'a accepté d'évoquer que cette seule population.

Chaque année le dernier samedi d'avril, les abords de la stèle et de la prison sont nettoyés pour accueillir une cérémonie nationale. Autrement, le site est oublié, comme le souvenir de ce qu'il fut. Quelle volonté politique aura pitié ?

Ce dimanche 7 février 2010...
Hier samedi 6, j'accompagnai Fabien Delisle, cinéaste indépendant tourangeau, qui désirait faire découvrir le site du camp à sa jeune fille Lou. Alors que je voulais leur montrer deux panneaux publicitaires particuliers sur le site du camp, je me suis aperçu qu'il n'en restait qu'un. Les plus beaux détours de France, avait disparu. Celui indiquant Montreuil-Bellay Une page d'Histoire en Anjou était encore en place. Ce qui peut se comprendre, ce camp étant bien l'une des pages - douloureuse - de l'histoire de l'Anjou. Quant au beau détour, qui avait eu l'incroyable idée de le planter là ???


Poursuivant notre visite, je remarquai que le grand panneau publicitaire qui s'affichait derrière les ruines des réfectoire/cuisines/magasin avait lui aussi disparu.


Comment expliquer la subite disparition de ces deux malencontreux panneaux ? Jusqu'à plus ample information, nous pouvons toujours croire que la décision a été prise suite à leur affichage dans ce blog.
Comme avait été efficace la publication dans la presse, en 1988, de cette autre photo "malheureuse" du camp(ing) trois étoiles...

6 août 2008

Le Thouet à Montreuil-Bellay

Le Thouet, fluvius Toarus : première mention en 905. Source à 225 mètres d'altitude près de Secondigny, dans la Gâtine parthenaise. 152 kilomètres, dont 31 dans le Maine-et-Loire. Principaux affluents : le Palais, le Cebron, le Thouaret, l'Argenton et la Dive. Son réseau couvre 3396 km² et draine le nord du Poitou et le Sud-Saumurois. Son débit d'étiage est parfois inférieur à 2 mètres cubes quand celui de ses crues est estimé à 108 mètres cubes par seconde. Il se jette dans la Loire à Saint-Hilaire-Saint-Florent, à une altitude de 25 mètres.


Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le Thouet fut navigable de Montreuil-Bellay, en aval de la chaussée du Château, jusqu'à sa confluence avec la Loire, à Saint-Hilaire-Saint-Florent.
Nous découvrons ici en canoë le premier bief navigable de la rivière autrefois canalisée, de cette chaussée du château jusqu'à la première écluse, dite de la salle.

Illusion de navigation un jour de festival à Montreuil-Bellay.

Le premier bief autrefois navigable du Thouet, à Montreuil-Bellay

A et 1 - Au XVe siècle, les seigneurs de Montreuil, les d'Harcourt, firent construire une série de ponts parallèles à un gué désaffecté afin de conserver l'ancien cheminement de la Chèvre qu'il prolongeait. Ces ponts reliaient entre elles les deux rives du Thouet et des îlots pour aboutir rive droite entre la Tour du Boëlle et l'Auberge des Isles qui était peut-être un ancien octroi. Ces ponts furent plusieurs fois endommagés par les crues de la rivière et se sont effondrés définitivement en 1577. La vieille chaussée a disparu en partie, remplacée en amont par un barrage moderne perpendiculaire à la rive gauche.

Les ruines des anciens ponts gothiques, effondrés en 1577.

2 - L'ancien moulin à eau, dit du Château, a disparu dans un incendie dans la nuit du 7 août 1896. L'actuel, désaffecté, a été construit aussitôt après dans le style Renaissance.

3 - 4 - 6 - Le port montreuillais sur le Thouet s'est déplacé deux fois. D'abord aménagé rive gauche (port Guibert), légèrement en amont du pont actuel, il fut transféré rive droite (port Hamelin) quand fut construit en 1710 un nouveau pont (situé dans le prolongement de l'actuel, mais contre la rive gauche). Le troisième port, le port Sainte-Catherine, fut créé rive gauche en 1862.
Le port Sainte-Catherine, aujourd'hui désaffecté.


4 - La première pierre du pont Napoléon, oeuvre de l'ingénieur Normand, fut posée le 9 octobre 1908. Détruit par les Allemands le 29 août 1944, il fut reconstruit plus large, comme le montre la couleur plus claire des pierres des arches.

5 - Le pont de 1710 fut emporté par une crue en 1798.

Plan des ruines du pont construit en 1710. (A.D.M.L.)

7 - Base de canoë-Kayak, ouverte l'après-midi tous les week-ends et jours fériés en mai, juin et septembre ; tous les jours en juillet et août.

8 - Une chaussée, de date indéterminée, "faite avec des pieux, des fagots de bois et des troncs d'arbres, le tout enrobé de terre glaise" barre la rivière sur toute sa largeur. Elle a permis la création d'une réserve d'eau nécessaire au fonctionnement du moulin de Varenne, dit aujourd'hui "de la Salle" vu sa situation proche du château du même nom, légèrement en aval. Vers 1603, fut aménagé un bassin de forme ovale, première écluse sur le Thouet, pour la descente des bateaux de Montreuil à Saumur. Cette écluse, comme celles de Rimodan et de Bron, est dite "archaïque", autrefois fermée par deux portes marinières, ce qui était un grand progrès par rapport aux chaussées munies d'une seule porte - comme à la Motte - qui vidait le bief amont à chaque passage de bateaux. Il n'existerait plus en France que 4 de ces vieilles écluses, dont trois sur le Thouet, donc.



Le Thouet à l'ancien moulin de la Salle, l'écluse archaïque.


Balade sur le Thouet au pied du château de Montreuil-Bellay.
A l'extrême droite, la Maison Dovalle, où naquit le poète Charles Dovalle (1807- 1829).